Policiers agressés à la barre de fer : du ferme pour les parents

Montpellier

YANICK PHILIPPONNAT
01/09/2012, 11 h 12 | Mis à jour le 01/09/2012, 11 h 14
La curée sur les policiers, à trois contre trente, a duré un interminable quart d’heure avant que les renforts n’interviennent.
La curée sur les policiers, à trois contre trente, a duré un interminable quart d’heure avant que les renforts n’interviennent. (SAMUEL DUPLAIX)

Intervenant mardi dans un quartier sensible pour un vol de scooter, trois agents agressés à coups de barre de fer.

Les mots d’excuse lancés du bout des lèvres en fin d’audience, hier soir, n’ont pas infléchi la position du tribunal. Les parents de l’ado de 14 ans (1) à l’origine du début de lynchage de trois policiers par une foule hostile, mardi à Montpellier dans le quartier sensible des Cévennes, ont payé la note de cette agression. Moussa Aboud, 37 ans, a écopé de deux ans de prison, dont un ferme, et sa femme Oumtamour, 34 ans, a été condamnée à six mois ferme. Mais contrairement à son mari, elle n’a pas été incarcérée.

« Au lieu de laisser la police faire son travail pour une interpellation basique, ils vont frapper les agents et ils ont failli créer une émeute ! Beau travail éducatif ! », a déploré le vice-procureur Philippe Vermeil.

Cette affaire illustre la difficulté pour les policiers d’intervenir dans certaines cités. Mardi, ces flics en civil de la Bac (brigade anticriminalité) ont voulu stopper deux jeunes qui s’apprêtaient à cacher un scooter volé. L’un a été menotté, l’autre, 14 ans, s’est rebellé et a appelé à l’aide ses parents alors qu’une trentaine d’autres jeunes présents à l’épicerie voisine ont rappliqué.

Le récit des victimes est précis. La mère, puis le père ont tout fait pour libérer leur fils : l’homme a déséquilibré un agent, l’a frappé au visage, a donné des coups de poing et de pied, tentant même de le mordre et de s’emparer de son arme de service… L’ado a fini par s’enfuir pour mieux revenir avec une barre de fer. Il a frappé à l’aide de celle-ci deux policiers, tout comme un autre individu, lui aussi armé d’une barre de fer, mais qui n’a pas été interpellé.

« En dix ans de Bac, ce policier n’a jamais connu une telle violence »

Le père a également cassé le doigt d’un troisième agent de la Bac volant au secours de ses collègues d’une « reprise de volée » dans la main. La curée sur les policiers, à trois contre trente, a duré un interminable quart d’heure avant que les renforts n’interviennent. Les blessures ont été sérieuses mais limitées (hématomes, oreille suturée, doigt cassé…).

« Le père, c’était une boule de nerfs », explique une victime dont l’avocate rappelle « qu’en dix ans de Bac à Montpellier, ce policier n’a jamais connu un tel déferlement de haine et de violence ».

Le profil du prévenu détonne pourtant. Moussa Aboud, Soudanais, réfugié politique installé en France depuis trois ans avec sa femme et ses cinq enfants, n’avait jamais fait parler de lui. Dans le box, sa ligne de défense – la même que sa compagne – est maladroite. Aidés par un interprète, ils affirment ne pas avoir compris qu’il s’agissait de policiers. Alors que ces derniers, certes en civil, avaient arme et menottes à la ceinture, les brassards fluos orange “police” aux bras et qu’ils ont décliné leur identité à plusieurs reprises.

« J’ai voulu défendre mon fils »

« J’ai voulu défendre mon fils qui était à terre », dit la mère, petite femme menue vêtue de noir et voilée. « J’ai voulu les éloigner de mon fils mais j’ai pas tapé de policier… Si j’ai fait quelque chose, j’étais pas conscient », s’embrouille le père. Avant de promettre au tribunal, au sujet de celui par qui tout est arrivé : « Mon fils est difficile, mais je ferai le nécessaire pour éduquer mes enfants comme il faut. » Ce qui ne l’a pas empêché d’écoper d’une peine d’exemplarité.

(1) L’adolescent de 14 ans a été mis en examen hier et remis à un éducateur. Son complice du vol, 18 ans, a écopé hier de six mois avec sursis pour la tentative de violence.

 

http://www.midilibre.fr/2012/09/01/policiers-agresses-du-ferme-pour-les-parents,555637.php

Faits divers. Une veille dame tuée et son mari gravement blessé après une agression

Publié le 27/04/2012 à 17:19


Les faits se sont produits à angers, vraisemblablement dans la nuit de mercredi à jeudi. Hier jeudi, la police a découvert le corps d’une femme âgée de 84 ans à son domicile du quartier populaire de la Roseraie, et de son mari grièvement blessé, âgé de 90 ans.

L’hypothèse criminelle ne ferait aucun doute. La victime, qui souffrait de la maladie d’Alzheimer a été retrouvée avec des traces de coups au visage.
Les circonstances de son décès restent à déterminer et une autopsie devait se dérouler vendredi après-midi.

Le mari a été hospitalisé dans un état inquiétant et son pronostic vital était engagé. L’alerte avait été donnée par la fille du couple, inquiète de ne pas avoir de nouvelles de ses parents. Une somme d’argent et divers objets auraient disparu du domicile.

Loire. Ces commerçants qui ont mis leurs braqueurs en fuite : ils témoignent

Publié le 27/04/2012 à 06:00


Photo Philippe JustePhoto Philippe Juste

Violences. Certains se rebiffent quand on leur met un couteau, voire une arme à feu, sous le nez. Ils s’accrochent à leur caisse. Comme cette commerçante de Saint-Étienne qui raconte sa réaction mais aussi ses peurs rétrospectives.

« Moi je ne réfléchis pas, je réagis ». Irène, commerçante du centre-ville de Saint-Étienne, a mis par deux fois en fuite des malfaiteurs qui en voulaient à sa caisse. La première fois en 2011, la seconde le 18 avril.

Ce jour là, cette Stéphanoise a brandi un bout de bois imposant, un barreau de chaise qui conserve encore quelques clous de tapissier. « Il y avait deux messieurs dans le bar, deux clients, j’ai crié ». L’un des agresseurs avait le visage découvert, l’autre avait une cagoule : « On ne voyait que ses yeux et sa bouche ». Étaient-ils armés ? « Oui mais je ne pourrais pas dire si c’était une vraie arme ou pas »

Vraie ou fausse, rien ne l’indiquait et il faut une certaine dose de courage. Ou d’inconscience ? « Mon fils me dit que je devrais laisser faire. Que j’ai assez travaillé et que je devrais leur laisser la caisse ». D’autant qu’elle était pratiquement vide : « Qu’est ce qu’ils croient ? Ils viennent à huit heures de matin et ils croient que la caisse est pleine ? » L’homme avec la cagoule a tenté de prendre des jeux avant de fuir mais maintenant il n’est pas aisé de passer derrière les vitres des présentoirs.

Cette commerçante septuagénaire tient tout à la fois le bar, le kiosque à journaux, vend du tabac, gère les jeux et fait office de PMU. Elle est partout à la fois. « Mais ma fille m’aide habituellement ». Une fille qu’elle a prévenue : « Je l’ai mise en garde contre les voleurs. Je lui ai dit : tu leur laisses la caisse ». Faites ce que je dis, et pas ce que je fais…

C’est sa deuxième agression en quelques mois : « La première fois, l’homme a sauté le bar. Je suis tombée ». Mais Irène a encore résisté, elle s’est battue. « J’ai été victime en tout de deux braquages et d’un vol ». Maintenant, elle ferme la porte de la remise à clefs chaque fois : « Avant je ne la fermais pas. J’ai vécu ici quatorze ans sans histoire. C’est ma quinzième année… » de loin, la moins agréable.

Mais si cela se reproduisait, si elle était à nouveau braquée ? « Je nhésiterai pas ». Et puis elle réfléchit : « A moins que… » Elle reconnaît : « Sur le coup, on n’a pas peur. Mais après, c’est le stress ».

Jean-Yves Moulin

Paris : un père tente de brûler vive sa fille «trop émancipée»

La jeune femme a été aspergée d’essence samedi soir à Paris (XIe) par son père avant qu’il ne tente d’allumer un briquet. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme trouvait sa fille trop émancipée. Sa garde à vue a été prolongée de 24 heures lundi.

| AFP/ILLUSTRATION

Une jeune femme de 23 ans a échappé, de justesse, à une agression d’une rare violence samedi soir à Paris. La victime a été aspergée de gaz lacrymogène puis d’essence par son père, qui a ensuite tenté d’allumer un briquet pour la brûler vive. Il a été mis en fuite par des témoins. L’homme, prénommé Ali et âgé de 49 ans, a finalement été interpellé à son domicile du XIe arrondissement à Parishier matin, vers 11h30, avant d’être placé en garde à vue dans les locaux du 2e district de police judiciaire (DPJ).

Selon les premières investigations qui restent à confirmer, l’agresseur, présenté comme « un musulman fondamentaliste », aurait agi parce que sa fille se serait montrée « trop émancipée » à son goût.

Samedi, vers 23h30, rue du Chemin-Vert (Paris XIe), Kadidja* est prise à partie dans le hall de l’hôtel où elle occupe une chambre. Son père tente de la retenir alors qu’elle a prévu de se rendre à une soirée avec des amis. La jeune femme reçoit du gaz aveuglant au visage mais parvient à s’enfuir à l’extérieur de l’établissement. Son père la rattrape et lui déverse alors le contenu d’une bouteille d’1,5 l d’essence sur la tête et le visage. Terrorisée, la jeune femme se débat avant de voir son agresseur sortir un briquet. « Elle a réussi à lui arracher des mains tandis que plusieurs passants se sont pressés sur les lieux, attirés par les cris de la jeune femme, confie une source proche de l’affaire. L’homme a aussitôt pris la fuite. »

Il avait tenté de la marier de force

Rapidement secourue par la police et les pompiers, Kadidja dépose plainte. « Au commissariat, elle a expliqué que son père la harcelait depuis plusieurs semaines, poursuit la même source. Elle a aussi expliqué qu’il refusait qu’elle ait un ami de confession juive. » Un peu plus tard dans la soirée, le père a téléphoné à sa fille pour lui demander de ne rien dire à la police et pour lui présenter ses excuses.

Selon les premières investigations, Ali aurait abandonné son enfant alors qu’elle n’était encore qu’un bébé. Il avait renoué récemment contact avec elle. « Depuis leurs retrouvailles, cet homme, de nationalité tunisienne, a emmené sa fille dans son pays pour tenter de la marier sous la contrainte, indique un proche de l’affaire. Elle était parvenue à se sortir de cette situation en lui promettant de se comporter comme il le voudrait. » Le père, déjà connu des services de police notamment pour des faits de violences sur mineurs, était toujours entendu hier soir par les enquêteurs. Des vêtements qu’il portait le soir de l’agression auraient été saisis afin d’être analysés. « Les faits présumés, très graves, relèvent d’une tentative d’homicide à l’aide d’une substance incendiaire, précise une source judiciaire. Le mobile précis de cet homme reste à déterminer. »
*Le prénom a été changé