Révélations sur l’affaire Merah

Après deux mois d’investigations, les policiers ont réuni des éléments laissant penser que le tueur au scooter a méticuleusement préparé ses actes.

SÉBASTIEN RAMNOUX | Publié le 13.05.2012, 15h40

Mohamed Merah semble s’être minutieusement organisé et préparé pour perpétrer              ses crimes à Tolouse et à Montauban.

Mohamed Merah semble s’être minutieusement organisé et préparé pour perpétrer ses crimes à Tolouse et à Montauban. | (DOCUMENT FRANCE 2.)

Pour Bernard Squarcini, le patron du renseignement intérieur (DCRI) interrogé le 23 mars par « le Monde », Mohamed Merah « s’est radicalisé seul », et son passage à l’acte — l’assassinat de trois militaires et de quatre personnes de confession juive dont trois enfants à Toulouse en mars — relève plus d’un « problème médical » que d’un parcours jihadiste.

Près de deux mois après les faits, il ne resterait donc aucune piste à creuser, aucun réseau à surveiller?

Les éléments du dossier d’instruction, que nous dévoilons ici, montrent au contraire que de nombreuses hypothèses sérieuses restent à explorer.

Une longue préparation, minutieusement calculée

Et que le petit voyou de cité ne s’est pas transformé en terroriste du jour au lendemain, par ses seuls moyens, mais bien à l’issue d’une longue préparation, minutieusement calculée et froidement exécutée. L’impressionnante enquêtepolicière, réalisée en quelques jours, soulève en effet de nombreuses interrogations. Merah utilise de fortes sommes en liquide alors qu’il n’a aucun revenu. Les « braquages », évoqués un temps par le tueur à scooter pour expliquer ses ressources, n’apparaissent pas vérifiés à ce stade des investigations. Le gamin de la cité des Izards, qui a arrêté tôt l’école, sait comment dissimuler ses e-mails ou ses appels téléphoniques. Et que dire du rôle de sa famille, des liens de son frère Abdelkader avec le groupe islamique de Toulouse démantelé en 2008?

Enfin, ses nombreux séjours au Moyen-Orient, puis au Pakistan et en Afghanistan restent mystérieux. D’après ses propres déclarations, c’est là-bas qu’il aurait suivi une formation paramilitaire. Ces fréquents déplacements lointains posent la question des méthodes de la DCRI. Malgré un signalement dès 2006, Mohammed Merah a pu voyager tranquillement à plusieurs reprises au Moyen-Orient sans jamais être surveillé. Défaillance des services? A-t-on tenté de recruter Merah pour obtenir des renseignements? Curieusement, aucun des documents liés à ces questions ne figure dans le dossier d’instruction.

 

Le Parisien

Affaire Merah: l’enquête élargie à la circonstance aggravante d’antisémitisme

– Publié le 28/04/2012 à 08:05

Le parquet de Paris a accepté d'élargir l'enquête sur l'affaire Merah à la circonstance aggravante d'antisémitisme, comme le demandait la famille de l'enseignant juif assassiné avec ses deux enfants par le "tueur au scooter" à Toulouse, a-t-on appris vendredi soir de source proche de l'enquête.Le parquet de Paris a accepté d’élargir l’enquête sur l’affaire Merah à la circonstance aggravante d’antisémitisme, comme le demandait la famille de l’enseignant juif assassiné avec ses deux enfants par le « tueur au scooter » à Toulouse, a-t-on appris vendredi soir de source proche de l’enquête.

Le parquet de Paris a accepté d’élargir l’enquête sur l’affaire Merah à la circonstance aggravante d’antisémitisme, comme le demandait la famille de l’enseignant juif assassiné avec ses deux enfants par le « tueur au scooter » à Toulouse, a-t-on appris vendredi soir de source proche de l’enquête.

Dans un réquisitoire supplétif accordé le 20 avril, le parquet a demandé aux juges d’instruction nommés sur ce dossier de retenir la circonstance aggravante « d’appartenance ou de non appartenance, vraie ou supposée des victimes à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, en l’occurrence la religion juive », selon cette source.

A la suite des tueries de Toulouse et Montauban et de la mort de Mohamed Merah, le parquet avait ouvert le 25 mars une information judiciaire, notamment pour complicité d’assassinat, vol en réunion ou encore association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme.

Le frère du « tueur au scooter », Abdelkader Merah, avait été mis en examen et écroué, notamment pour complicité d’assassinats.

Les avocats de la famille de l’enseignant juif Jonathan Sandler, assassiné avec ses enfants par Mohamed Merah le 19 mars à Toulouse, avaient cependant demandé au parquet de Paris d’élargir l’enquête à la circonstance aggravante d’antisémitisme.

« Ignorer le caractère antisémite de Merah et de ses possibles complices, c’est se borner à ne rien comprendre aux assassinats commis à Toulouse le 19 mars », avait alors expliqué à l’AFP un de ces avocats, Me Patrick Klugman.

Le parquet a estimé que des présomptions suffisantes existaient pour considérer que les crimes commis le 19 mars l’avaient été en raison de l’appartenance des victimes à la religion juive, a indiqué vendredi soir la source proche de l’enquête.

Alors que l’appartement où il était retranché était assiégé, Mohamed Merah aurait déclaré aux agents du RAID qu’il avait pris pour cible l’école de Montauban en raison de la confession des personnes s’y trouvant, selon cette source.

Outre Jonathan Sandler, ses deux enfants Gabriel (4 ans) et Arieh (5 ans), et Myriam Monsonego (7 ans) avaient été tués à l’école juive de Toulouse.

Lavelanet. Dissertation polémique sur Mohamed Merah : l’enseignante suspendue

 Publié le 14/04/2012 07:58 – Modifié le 14/04/2012 à 08:18 | La Dépêche du Midi

Lavelanet. Dissertation polémique sur Mohamed Merah : l'enseignante suspendue
Lavelanet. Dissertation polémique sur Mohamed Merah : l’enseignante suspendue

Elle avait donné, au lendemain de la mort de Mohammed Merah, l’auteur des tueries Toulouse et Montauban, un étrange sujet de dissertation à ses élèves de troisième: «Est-ce une bonne chose d’avoir tué M. Merah. 1. Je résume l’affaire. 2. Pour qui?»

La professeur de français du collège Pasteur de Lavelanet, dans l’Ariège, a été mise à pied début avril par le rectorat de l’Académie de Toulouse pour cette initiative assez peu pédagogique. Ce qui a fait bondir le recteur de l’Académie de Toulouse, Olivier Dugrip, c’est «l’intitulé qui suppose que le fait de tuer quelqu’un pourrait être une bonne chose. J’ai aussitôt décidé de la suspendre à titre conservatoire», a-t-il dit .

L’enseignante encourt une sanction administrative, qui pourrait être un blâme ou un avertissement, a précisé le recteur, qui se prononcera à la rentrée des vacances de Pâques.

A Rouen, une professeur d’anglais avait été suspendue après avoir appelé ses élèves de terminale à observer une minute de silence à la mémoire de Merah. La majorité d’entre eux s’était levée et avait quitté la classe.

Lavelanet. Un prof propose un sujet sur Mohamed Merah à ses élèves

À Lavelanet, un professeur de français de collège a proposé à ses élèves de troisième un sujet d’argumentation sur la mort de Mohamed Merah. Des parents d’élèves s’insurgent contre cette idée, qu’ils estiment inappropriée et dangereuse. Peut-on parler de tout, réfléchir sur des questions…

Tuerie de Toulouse : l’adolescent juif blessé par Merah a retrouvé sa famille

 

L’adolescent grièvement blessé le 19 mars par Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse a rejoint jeudi sa famille à Nice, où il poursuivra ses soins physiques et psychologiques.

Publié le 12.04.2012, 19h35 | Mise à jour : 20h36

Toulouse, le 19 mars. Interne au collège / lycée juif Ozar Hatorah, Aaron «Bryan» Bijaoui, âgé de 15 ans et demi, a été blessé par Mohammed Merah lors du drame qui a fait quatre morts, dont trois enfants. Après plusieurs opérations, le jeune garçon a rejoint sa famille à Nice jeudi.

Toulouse, le 19 mars. Interne au collège / lycée juif Ozar Hatorah, Aaron «Bryan» Bijaoui, âgé de 15 ans et demi, a été blessé par Mohammed Merah lors du drame qui a fait quatre morts, dont trois enfants. Après plusieurs opérations, le jeune garçon a rejoint sa famille à Nice jeudi. | AFP / REMY GABALDA

Aaron «Bryan» Bijaoui, âgé de 15 ans et demi, était interne au collège Ozar Hatorah, où Mohamed Merah a tué quatre personnes dont trois enfants.Hospitalisé à Toulouse après le drame, il a été opéré à un poumon et à l’estomac.

«Je le sens fragile, pas forcément par rapport à l’attaque, mais par rapport aux personnes qui sont décédées et qui étaient importantes pour lui», a commenté son frère aîné Yves Bijaoui, âgé de 30 ans, resté auprès de lui ces dernières semaines.

«On ne savait pas s’il allait survivre. Tout ce que l’on pouvait faire c’est d’être présent. On a essayé de lui remonter le moral même si c’était très compliqué», a-t-il évoqué. Sa famille a donné peu de détails à Bryan sur l’équipée meurtrière de Mohamed Merah: «il est au courant que cet homme a été tué, il n’en sait pas plus. Il a dit simplement que c’était un monstre». «On réfléchit à la manière dont il peut reprendre ses études, parce que c’est important», ajoute Yves Bijaoui.

«Il est passé très près de la mort et il en est conscient»

«Aujourd’hui, on est très présent, on le soutient énormément car il en a besoin. C’est une des raisons pour lesquelles il ne retourne pas à Toulouse, il a besoin de sa famille», précise son grand frère. «Les premières paroles qu’il a prononcées étaient des paroles relatives aux personnes qui ne sont plus là. Bryan a 15 ans et demi, c’est un signe de force et de maturité», a noté l’avocat niçois de la famille, Philippe Soussi, qui a rencontré l’adolescent pour la première fois jeudi.

«La situation reste très préoccupante, il a des soins très importants. Surtout du point de vue psychologique, il a besoin de se reconstruire selon les paroles qu’il a employées», a-t-il indiqué. Même si Bryan est «serein», «il vient de l’enfer, c’est un miraculé, il est passé très près de la mort et il en est conscient, on sent le besoin de se reposer, de prendre du recul, d’essayer de reprendre une vie normale», a ajouté l’avocat.

VIDEO. Le témoignage du compagnon de chambre de Aaron Bijaoui, le jour du drame

 

LeParisien.fr

Syndicats de police vent debout contre le père de Mohamed Merah

 

– Publié le 02/04/2012 à 18:21

PARIS/ALGER (Reuters) – Des syndicat de police s’élèvent contre les propos du père de Mohamed Merah, qui dit par la voix de son avocate vouloir porter plainte en France contre les hommes de l’unité d’élite du Raid qui ont tué son fils.

Synergie, le second syndicat d’officiers de police, appelle lundi le gouvernement à étudier « toutes les vois de recours » contre ceux qui « calomnient » le Raid.

Dans un communiqué, le syndicat se déclare « consterné par les allégations scandaleuses du père de l’assassin de Toulouse et Montauban » qu’il qualifie de « farfelues ».

Alliance, second syndicat de gardiens de la paix, juge lui aussi les déclarations de l’avocate du père de Mohamed Merah « fantaisistes » estimant qu' »elles ne sont étayées par aucune preuve ».

Dans une interview à Reuters TV en Algérie, Zahia Mokhtari a expliqué que le père du jeune homme n’entendait pas poursuivre des institutions françaises mais les policiers ayant directement participé à l’opération, qu’elle qualifie « d’assassinat ».

« Monsieur Merah veut tout simplement faire appel à la justice française, qui est connue pour son intégrité et sa neutralité », a-t-elle dit, affirmant détenir des « preuves » permettant de saisir la justice.

Selon l’avocate, qui attend la réponse à sa demande de visa pour se rendre en France, le jeune homme de 23 ans aurait pu être « capturé vivant » car il ne disposait pas du même arsenal que les forces de l’ordre.

Zahia Mokhtari a affirmé à d’autres médias détenir deux vidéos contenant des preuves de « la liquidation » par le Raid du tueur de Toulouse et Montauban.

Selon elle, Mohamed Merah a été « manipulé et utilisé dans ces opérations par les services français et a ensuite été liquidé pour que la vérité ne voit pas le jour ».

Dans ces vidéos, Mohamed Merah dirait: « Pourquoi vous me tuez ? » (…) « je suis innocent », a-t-elle expliqué.

TROIS NOMS

Zahia Mokhtari entend également remettre à la justice française une liste de trois noms, ceux d’un responsable des services français et de deux autres personnes de nationalités différentes « qui travaillaient » avec le jeune homme.

Le chef du Raid, Amaury de Hauteclocque, avait affirmé au lendemain de l’intervention du 22 mars que la police avait donné jusqu’au bout à Mohamed Merah une chance de se rendre, en utilisant notamment des armes non létales.

Mais que le tueur avait de lui-même donné l’assaut aux hommes du Raid en essayant « d’en tuer le plus possible », faisant trois blessés parmi les forces de l’ordre.

Le jeune homme a reçu deux balles mortelles, l’une à la tête et l’autre à l’abdomen, et son corps a reçu une vingtaine d’impacts, selon le parquet de Paris.

Le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, a affirmé la semaine dernière que le tueur au scooter n’était « ni un indic de la DCRI, ni d’autres services français ou étrangers ».

Mohamed Merah a revendiqué au nom d’Al Qaïda l’assassinat de sept personnes – trois parachutistes, un enseignant et trois enfants juifs – entre le 11 et le 19 mars à Montauban et à Toulouse.

Les autorités françaises ont estimé dans un premier temps que le tueur s’était auto-radicalisé et ont écarté l’hypothèse d’un réseau structuré.

Depuis, le frère de Mohamed Merah, Abdelkader, a été écroué pour complicité d’assassinats et les enquêteurs cherchent à savoir si le tueur au scooter n’a pas été aidé localement par d’autres proches.

Reuters Télévision, avec Gérard Bon à Paris, édité par Gilles Trequesser

Merah : « Pourquoi vous me tuez ? Je suis innocent. »

 

Le Point.fr – Publié le 01/04/2012 à 18:04 – Modifié le 02/04/2012 à 06:50

L’avocate du père de Mohamed Merah affirme détenir des preuves vidéo de « la liquidation » du tueur.

Nous détenons deux vidéos identiques de 20 minutes chacune dans lesquelles Mohamed Merah dit aux policiers "pourquoi vous me tuez? (...) je suis innocent", a déclaré Me Zahia Mokhtari.

Nous détenons deux vidéos identiques de 20 minutes chacune dans lesquelles Mohamed Merah dit aux policiers « pourquoi vous me tuez? (…) je suis innocent », a déclaré Me Zahia Mokhtari. © France 2 TV / SIPA

 

L’avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d’élite de la police française) a affirmé, dimanche à Alger, détenir des preuves de « la liquidation » du tueur de Toulouse. « Nous détenons deux vidéos identiques de 20 minutes chacune dans lesquelles Mohamed Merah dit aux policiers : Pourquoi vous me tuez ? (…) Je suis innocent« , a déclaré lors d’une conférence de presse Me Zahia Mokhtari, qui devrait se rendre en France dans les jours à venir pour déposer une plainte devant la justice française.

« Des personnes au coeur de l’événement, et qui voulaient que la vérité éclate, m’ont remis ces vidéos », a ajouté l’avocate. Elle a précisé qu’elle en réservait la « divulgation » à la justice française et a insisté sur leur authenticité. Le ministère de l’Intérieur français n’a fait aucun commentaire. Selon Me Mokhtari, « Merah (Mohamed) a été manipulé et utilisé dans ces opérations par les services français et a ensuite été liquidé pour que la vérité ne voie pas le jour ».

« Je suis un moudjahid, je veux mourir les armes à la main »

Dès le lendemain de la mort de Mohamed Merah, le Raid avait, au contraire, affirmé avoir « donné sa chance jusqu’au bout » au tueur réfugié dans son appartement. « Si un assaut a été lancé, c’est par Merah », a déclaré le chef de cette unité d’élite de la police, Amaury de Hauteclocque. Le chef du Raid a affirmé que Mohamed Merah lui avait dit, après avoir interrompu les négociations : « Je suis un moudjahid, je veux mourir les armes à la main, vous allez m’abattre et je suis très fier, très honoré de lutter contre le Raid. Je vais essayer d'(en) tuer le plus possible. »

De son côté, le procureur de Paris, François Molins, a déclaré le 22 mars : « Les premières constatations permettent de confirmer toute la détermination de Merah et sa volonté d’en découdre avec les forces de l’ordre, quelles qu’en soient les conséquences pour lui comme pour les policiers. » Me Mokhtari a indiqué qu’elle remettrait à la justice française « une première liste de trois noms, ceux d’un responsable des services français et de deux autres personnes de nationalités différentes qui travaillaient avec Mohamed Merah pour qu’elles soient entendues dans cette affaire ».

Merah « avait demandé à parler à la presse »

Le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, a affirmé mardi que Mohamed Merah n’était « ni un indic de la DCRI ni d’autres services français ou étrangers ». Par ailleurs, une source proche de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) avait qualifié de « grotesques » des informations du quotidien italien Il Foglio, qui assure sur son site internet que Mohamed Merah voyageait avec la couverture des services secrets français.

Selon l’avocate, Mohamed Merah avait par ailleurs demandé à « parler avec la presse, mais cela lui avait été refusé ». Des avocats français « veulent nous aider », a ajouté Me Mokhtari, sans citer de nom. Elle a ajouté avoir « confiance en la probité et l’impartialité de la justice française ». Mohamed Merah, 23 ans, a été tué le 22 mars, lors de l’intervention des policiers du Raid dans son appartement à Toulouse (sud-est), après 32 heures de siège. Les 11, 15 et 19 mars, il a tué sept personnes : trois parachutistes, trois écoliers et un enseignant juifs à Toulouse et à Montauban.

Toulouse : les confidences de la compagne d’Abdelkader Merah

 

Yamina Mesbah, 29 ans, était la belle-sœur du tueur au scooter qui a abattu sept personnes à Toulouse et Montauban. Elle parle de cet homme et de son compagnon, soupçonné d’être complice des meurtres.

Propos recueillis par Jean-Marc Ducos | Publié le 01.04.2012, 08h40

 
Mohamed Merah (ici sur une photo non datée) n’aurait renoué avec son frère aîné, Abdelkader, qu’une quinzaine de jours avant les faits, selon Yamina Mesbah, la compagne de ce dernier.

Mohamed Merah (ici sur une photo non datée) n’aurait renoué avec son frère aîné, Abdelkader, qu’une quinzaine de jours avant les faits, selon Yamina Mesbah, la compagne de ce dernier. | (document TF 1.)

Elle a passé quatre-vingt-quatorze heures en garde à vue chez les enquêteurs de l’antiterrorisme avant de se retrouver libre à 4 heures devant les locaux de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Un taxi l’attendait et l’a accompagnée gare d’Austerlitz où son frère Karim est venu la chercher.

 
 

Yamina Mesbah, 29 ans, est la compagne depuis six ans d’Abdelkader Merah, le frère du tueur au scooter, ce jihadiste des banlieues qui a commis sept assassinats entre le 11 et le 19 mars à Montauban et Toulouse. Son compagnon est en détention, considéré comme le complice de son frère Mohamed. Yamina, souriante, détendue, énergique, les mains souvent croisées devant la bouche, fêtera ses 30 ans le 25 mai. Elle est la dernière enfant d’une famille de huit. La jeune femme à l’accent toulousain chantant porte le hijab, un voile religieux qui ne couvre ni ses mains ni son visage. Pour la première fois, elle s’exprime en présence de son avocat, Me Guy Debuisson, qui voit en elle « une femme innocente, intègre, qui suit sa foi avec rigueur mais n’est en rien impliquée dans ces crimes ». Aucune charge n’a d’ailleurs été retenue contre celle qui veut désormais consacrer « sa liberté à faire innocenter Abdelkader ».

Comment jugez-vous les actes de Mohamed Merah?
YAMINA MESBAH.
Je n’arrive pas à l’imaginer. Je suis contre toute violence. J’ai été éduquée dans le calme et la paix. Quand j’ai appris en garde à vue que Mohamed était l’auteur présumé de ces assassinats, j’ai été très choquée. Ce qu’il a fait, il l’a fait. Maintenant il est enterré. Sa famille paie le prix fort. Ça ne sert à rien de parler de lui.

Quelles étaient vos relations ?
Ça fait deux ans qu’on était brouillés. C’était une querelle entre beau-frère et belle-sœur. Mohamed avait d’abord eu une dispute avec Abdelkader. Mohamed n’est jamais venu à mon domicile, à Auterive. Je le croisais de temps en temps à la cité des Izards quand je rendais visite à ma mère.

Votre compagnon est considéré par la justice comme son complice…
Ça me met en colère. On veut faire d’Abdelkader un bouc émissaire. J’ai eu la possibilité de parler avec lui durant la garde à vue. Il m’a tout de suite dit qu’il n’était au courant de rien. Abdelkader a aussi appris en garde à vue que son frère était l’auteur de ces tueries. Lorsqu’il y a eu l’affaire de l’école juive, il me disait à propos des victimes : Un enfant de 6 ans, c’est l’âge de ton neveu, et une enfant de 3 ans, c’est l’âge de ta nièce. Il était choqué. On a vu que des Juifs et des Arabes étaient ciblés. J’ai cru à un acte raciste. On espérait de tout cœur que l’auteur soit arrêté.

Qui est votre compagnon?
On s’est connus aux Izards. Nous étions au collège ensemble. On a partagé beaucoup de choses. Nous avons fait un mariage religieux. C’est un garçon intelligent, gentil, serviable. Un homme qui aime sortir, aller au cinéma, au ski, au restaurant, et surtout c’est un travailleur acharné pour subvenir aux besoins de sa famille. Il est artisan peintre. Nous avions une vie simple. J’étais heureuse et on envisageait d’avoir des enfants. J’ai passé six ans avec lui. Il a toujours été honnête.

Avez-vous accompagné Abdelkader en Egypte?
Nous avons séjourné à trois ou quatre reprises dans ce pays. Je l’ai rejoint à chaque fois, car il me manquait beaucoup. Il n’a jamais changé là-bas. Il n’a jamais eu de projet de violences. Jamais! Il voulait juste devenir professeur d’arabe ici à Toulouse.

Abdelkader aurait-il pu armer le bras de son frère Mohamed?
Mohamed était adulte. Il a fait les choses tout seul. Abdelkader ne l’a pas endoctriné. Il avait renoué il y a une quinzaine de jours et Abdelkader n’a pas pu retourner le cerveau de son frère dans ce laps de temps. Il est innocent. J’ai confiance en lui.

Qu’allez-vous faire de votre liberté?
Je me battrai pour faire reconnaître son innocence. Cela prendra le temps qu’il faut.

Le Parisien

Affaire Merah : l’avocate du père évoque la «liquidation» du tueur

Publié le 01.04.2012, 19h25 | Mise à jour : 23h14

 
L'avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d'élite de la police française) a affirmé dimanche à Alger détenir des preuves de «la liquidation» du tueur de Toulouse.

L’avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d’élite de la police française) a affirmé dimanche à Alger détenir des preuves de «la liquidation» du tueur de Toulouse. | (france 2.)

L’avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d’élite de la police française) a affirmé dimanche, à Alger, détenir des preuves de «la liquidation» du tueur de Toulouse.

 

«Nous détenons deux vidéos identiques de 20 minutes chacune dans lesquelles Mohamed Merah dit aux policiers «pourquoi vous me tuez? (…) je suis innocent», a déclaré lors d’une conférence de presse Me Zahia Mokhtari, qui devrait se rendre en France dans les prochains jours pour déposer plainte devant la justice française.

«Des personnes au coeur de l’événement, et qui voulaient que la vérité éclate, m’ont remis ces vidéos», a ajouté l’avocate sans donner plus de précisions sur le contenu de ces vidéos. Elle a précisé qu’elle en réservait la «divulgation» à la justice française et insisté sur leur authenticité. Selon Me Mokhtari, «Merah (Mohamed) a été manipulé et utilisé dans ces opérations par les services français et a ensuite été liquidé pour que la vérité ne voie pas le jour». Pour le moment, le ministère français de l’Intérieur n’a fait aucun commentaire.

«Si un assaut a été lancé, c’est par Merah», dit le RAID

Dès le lendemain de la mort de Mohamed Merah, le RAID avait au contraire affirmé avoir «donné sa chance jusqu’au bout» au tueur réfugié dans son appartement. «Si un assaut a été lancé, c’est par Merah», a déclaré à l’AFP le chef de cette unité d’élite de la police, Amaury de Hauteclocque.

Le chef du RAID a affirmé que Mohamed Merah lui a dit, après avoir interrompu les négociations: «je suis un moudjahidine, je veux mourir les armes à la main, vous allez m’abattre et je suis très fier, très honoré de lutter contre le RAID, je vais essayer d'(en) tuer le plus possible».

De son côté, le procureur de Paris, François Molins, avait déclaré le 22 mars que «les premières constatations (permettaient) de confirmer toute la détermination de Merah et sa volonté d’en découdre avec les forces de l’ordre, quelles qu’en soient les conséquences pour lui comme pour les policiers».

Me Mokhtari a indiqué qu’elle remettrait à la justice française «une première liste de trois noms, ceux d’un responsable des services français et de deux autres personnes de nationalités différentes qui travaillaient avec Mohamed Merah pour qu’elles soient entendues dans cette affaire».

«Ni un indic de la DCRI, ni d’autres services français ou étrangers»

Le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, avait affirmé mardi à l’AFP que Mohamed Merah n’était «ni un indic de la DCRI, ni d’autres services français ou étrangers». Par ailleurs, une source proche de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) avait qualifié de «grotesques» des informations du quotidien italien Il Foglio qui assure sur son site internet que Mohamed Merah voyageait avec la couverture des services secrets français.

Selon l’avocate, Mohamed Merah avait par ailleurs «demandé à parler avec la presse mais cela lui avait été refusé». Des avocats français «veulent nous aider», a ajouté Me Mokhtari, sans citer de nom. Elle a ajouté avoir «confiance en la probité et l’impartialité de la justice française».

Mohamed Merah, 23 ans, avait été tué le 22 mars lors de l’intervention des policiers du Raid dans son appartement à Toulouse (sud-est), après 32 heures de siège. Les 11, 15 et 19 mars, il avait tué sept personnes: trois parachutistes, trois écoliers et un enseignant juifs à Toulouse et Montauban. Après une confusion totale sur son enterrement après le refus d’Alger, Mohamed Merah a été inhumé dans un cimetière près de Toulouse où il est né.

 

LeParisien.fr

L’avocate du père de Merah : «Il y a des preuves pour faire éclater la vérité»

 

Exclusif.

 

R.B | Publié le 01.04.2012, 22h45 | Mise à jour : 02.04.2012, 10h16

 

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L'avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d'élite de la police française) a affirmé dimanche à Alger détenir des preuves de

L’avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d’élite de la police française) a affirmé dimanche à Alger détenir des preuves de « la liquidation » du tueur de Toulouse.

 
«Ce que j’ai vu sur ces vidéos est la preuve qu’on a exercé une manipulation sur Mohamed Merah. Et ces preuves, je vais pouvoir les détailler devant la justice française… Si son père ne m’avait pas apporté ces preuves matérielles, je n’aurais pas engagé de procédure pour déposer plainte contre les policiers en France.Ils ne le voulaient pas vivant, il y a eu des dépassements de certains policiers (…) Ce que j’ai vu montre bien une supercherie. Il faut faire éclater la vérité», affirmait, dimanche soir, Zahia Mokhtari au Parisien.fr.

L’avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d’élite de la police française), assurait dimanche, à Alger, détenir des preuves de «la liquidation» du tueur de Toulouse. «J’ai vu les deux vidéos. Il dit aux policiers: «Je suis innocent, pourquoi vous voulez me tuer, je n’ai rien fait, (…) je suis innocent», confiait l’avocate, comme elle l’avait fait dans la matinée lors d’une conférence de presse à Alger.

Des «preuves» qu’elle compte présenter à la justice française

Interrogée par le Parisien.fr pour préciser cette «manipulation» dont elle fait état, l’avocate insiste pour dire qu’elle «préfère» présenter ses «preuves» à la justice française. Et affirme qu’un collectif d’avocats se constitue autour d’elle pour défendre le père de Mohamed Merah. «Nous viendrons dans les prochains jours ou un peu plus tard à Paris pour procéder avec un avocat français, dont il faut taire le nom jusqu’à ce qu’il le dise lui-même, au dépôt d’une plainte», explique l’avocate d’Alger.

A la question de savoir si le père de Mohamed Merah doutait que son fils ne soit pas l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban, l’avocate coupe net :«Non ,non, non. Ce n’est pas pour dire qu’il n’a pas tué. Il a bien reconnu la voix de son fils dans ces vidéos. On ne parle pas de complot mais de manipulation de Mohamed Merah».

Quant à savoir pourquoi parler de ces vidéos maintenant et pas avant, l’avocate répond ainsi :«ces vidéos sont connues de son père quelques jours après l’assaut. Son père me les a montrées. Mais nous avons attendus de nous assurer du témoignage de trois personnes au coeur de cet événement tragique pour tout le monde», dévoile l’avocate du père de Mohamed Merah qui affirme, par ailleurs vouloir enquêter en France pafin de comprendre pourquoi la dépouille du tueur au scooter n’a pas pu être rapatriée en Algérie. Alors que selon elle, «il n’y a eu aucun refus officiel de la part des autorités algériennes, ni aucune déclaration. Si c’était le cas, son père me l’aurait dit. Il n’y a que la presse qui en parlait. Son père veut rapatrier la dépouille….».

Le ministère de l’Intérieur n’a pas réagi pour l’instant aux affirmations de l’avocate.

 

LeParisien.fr

Affaire Merah: le député Assouline (PS) déplore le refus d’auditionner les chefs du renseignement

Publié le 02.04.2012, 09h54

 
Le sénateur socialiste David Assouline a déploré lundi que les ministres de l'Intérieur et de la Défense aient refusé l'audition au Sénat des chefs des services du renseignement après les tueries de Mohamed Merah, la lutte contre le terrorisme nécessitant

Le sénateur socialiste David Assouline a déploré lundi que les ministres de l’Intérieur et de la Défense aient refusé l’audition au Sénat des chefs des services du renseignement après les tueries de Mohamed Merah, la lutte contre le terrorisme nécessitant « l’unité de la Nation ». | Miguel Medina

Le sénateur socialiste David Assouline a déploré lundi que les ministres de l’Intérieur et de la Défense aient refusé l’audition au Sénat des chefs des services du renseignement après les tueries de Mohamed Merah, la lutte contre le terrorisme nécessitant « l’unité de la Nation ».
La lutte contre le terrorisme « nécessite l’unité de la Nation et il y en a qui passent leur temps sur ces questions (qui ne sont ni) de droite ou de gauche, à polémiquer, à diviser, à s’agiter », a déploré David Assouline sur Europe 1.

 

David Assouline est président PS de la commission sénatoriale pour le contrôle de l’application des lois.
Le sénateur a appelé les deux ministres, Claude Guéant et Gérard Longuet, à revenir sur leur décision, précisant que le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, formulait la même demande.
« Ce qui est incroyable, je n’ai rien reçu d’officiel, aucune notification », a ajouté M. Assouline, qui déclare avoir été averti uniquement par le communiqué diffusé vendredi.
Les auditions d’autres personnalités auront tout de même lieu, a-t-il ajouté, en estimant qu' »il n’y avait pas de polémiques à avoir ».
« Nous allons continuer nos auditions (…) Nous allons (voir) comment faire pour que notre dispositif législatif en matière de lutte contre le terrorisme soit le plus efficace possible », a-t-il conclu.
La commission sénatoriale pour le contrôle de l’application des lois souhaitait notamment entendre le mardi 3 avril Erard Corbin de Mangoux, directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), et le mercredi 4 avril Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur (DCRI).
Les deux ministres avaient expliqué leur décision par le fait que les deux fonctionnaires n’ont « pas de responsabilité en matière d’évaluation des lois » et qu’ils sont tenus « à un strict devoir de réserve » dans cette période électorale.

 

L’effrayant testament de Mohamed Merah

 

Pendant plusieurs heures, le jeune homme s’est livré à une longue confession à mi-chemin entre les aveux et la provocation. Un récit parfois insoutenable…

Une sorte de confession. Des aveux, pour les policiers. Un testament, pour Mohamed Merah, qui savait dès le début qu’il ferait tout pour avoir « l’honneur de mourir les armes à la main en moudjhadine ». Pendant plusieurs heures, dans la journée de mercredi, le jeune djihadiste a longuement parlé aux négociateurs du Raid, et à la policière de la DCRI qui l’avait « traité » lors de son retour du Pakistan et dont il avait demandé la présence. « J’allais te fumer », a-t-il d’ailleurs avoué à cette jeune femme, aujourd’hui très « secouée ». Samedi matin, lors de la réunion de débriefing qui s’est tenue à l’Élysée, en présence du directeur général de la police nationale, des patrons de la DCRI et de la DGSE, du ministre de l’Intérieur et du garde des Sceaux, il a longuement été question de ces confessions, enregistrées de bout en bout, et de l’enquête qui commence pour tenter de comprendre le « cas Merah ». « C’est un parcours atypique, jamais vu… Il ne ressemble à aucun schéma existant jusque-là », confie le patron du contre-espionnage, Bernard Squarcini. Retour sur ces « aveux », ce qu’ils disent du jeune homme, ses capacités de manipulation, sa détermination, sa folie meurtrière et ses zones d’ombre.

Ses motivations

C’est la partie connue de ces longs échanges. « Il est fier d’avoir mis la France à genoux », a annoncé Claude Guéant le premier matin. « Il n’a exprimé aucun regret. Dans son récit, Mohamed Merah cherche à se donner le beau rôle. Il a un besoin narcissique de se mettre en valeur », confie un enquêteur. D’entrée, sur la base de ce dialogue qui se noue, les négociateurs n’optent pas pour un comportement « suicidaire », et pensent qu’ils ont de bonnes chances d’obtenir la reddition du jeune homme, qui leur promet de se rendre. En fait, Merah n’en a jamais eu l’intention. Après trois à quatre heures d’une logorrhée ininterrompue, les échanges s’espaceront, se feront plus brefs, sous prétexte de prières, notamment, avant de cesser complètement à 22h45. L’homme en a profité pour se reposer, « recharger les accus », se préparer au combat. C’est ce qu’il dira clairement aux hommes du Raid avant de se taire définitivement. À croire cette source proche des négociateurs, son discours est posé, les mots sont choisis, le ton presque courtois. Pas d’invectives. Jamais d’irritation. « Il ne nous a jamais raccroché au nez », insiste-t-on. Un discours froid pour revendiquer l’horreur. Un luxe de détails parfois sordides avec lesquels il exprime pour seul regret d’avoir manqué, à quelques minutes près, « la rentrée des classes dans l’école juive », ce qui lui aurait permis de tuer plus d’enfants. Des propos effarants pour dire le « plaisir infini » ressenti au cours de ses actions meurtrières. Il a aussi longuement expliqué qu’il avait refusé de finir en kamikaze pour pouvoir multiplier les actions, « voir ses victimes », les « toucher » et les filmer. Selon lui, il aurait transmis ses images « à des frères », qui les posteront sur Internet… Un scénario redouté jusqu’à l’Élysée.

Sa formation

C’est la partie la plus sujette à caution et des vérifications sont en cours. Le jeune Merah a assuré aux policiers qu’il avait suivi « une formation personnalisée au Waziristan », une région du Pakistan frontalière de l’Afghanistan. « Il a dit qu’il n’était pas passé par les camps d’entraînement collectifs, mais avait été formé sur mesure, une sorte de cours particuliers ès terrorismes », confie un enquêteur. « Au cours de cette formation, le jeune homme assure que son instructeur voulait qu’il commette des attentats sur Paris, mais qu’il avait choisi de commencer à Toulouse. » Cette « formation sur mesure » est-elle crédible? « Cela ne correspond à rien de connu », certifie Bernard Squarcini. La DCRI a interrogé les services secrets pakistanais qui, eux aussi, disent « tomber des nues ». Son affiliation à Al- Qaida a en tout cas été revendiquée à plusieurs reprises par Merah. Tout comme sa vénération pour Al- Zawahiri, successeur de Ben Laden. Reste à comprendre comment ce jeune homme de 24 ans a été « formé ». « Cela reste une énigme, mais le plus vraisemblable dans ce qu’il nous a dit est qu’il nous a roulés dans la farine », admet un policier. Il a ainsi prétendu disposer d’explosifs, de grenades, de AK 47… Il n’en était rien.

Ses cibles

Les hommes du Raid sont encore estomaqués par la radicalité de ce testament oral de la part d’un garçon de 23 ans, complètement embringué dans « sa guerre contre l’État, l’Occident, ses soldats ou encore les juifs, qui, à ses yeux, sont tous coupables… » Merah assure avoir voulu « venger la mort d’enfants palestiniens », en attaquant l’école juive, mais lors de son dialogue avec les négociateurs, il a admis que ce matin-là, son objectif initial était un militaire qu’il avait repéré au préalable. « Comme ce para n’est pas sorti de chez lui, il s’est attaqué aux enfants », confirme un policier de haut rang. Un plan B en quelque sorte. Mais le tueur au scooter avait prévu de s’attaquer à d’autres écoles juives. Questionné par les policiers du Raid, il a indiqué n’avoir voulu viser que des soldats, à Toulouse et à Montauban, et non des jeunes Maghrébins. « Peut-être qu’il a honte, que cela le gêne d’avoir tué des musulmans », s’interroge-t-on place Beauvau. Deux policiers, le chef de la Brigade anticriminalité (BAC) de Toulouse, dont il avait repéré le domicile, et la jeune officier de la DCRI, d’origine maghrébine, figuraient parmi ces cibles identifiées… À ce propos, il a indiqué qu’après avoir demandé conseil à des « frères » au Waziristan, il serait arrivé à la conclusion que « tuer un soldat français en France aurait le même retentissement que de tuer dix soldats français en Afghanistan »…

Son plan

L’enquête est en cours, et il faudra se contenter de ses « déclarations » au talkie-walkie et de l’arsenal mis au jour : un pistolet-mitrailleur Sten, un revolver Python, un fusil à pompe, un pistolet-mitrailleur Uzi, trois pistolets automatiques Colt. 45 de calibre 11,43 mm, dont celui qui servi sur les trois scènes de crime. Merah a assuré avoir dépensé pour environ 20.000 euros pour ces armes achetées auprès de « voyous » locaux. Où a-t- il trouvé ces fonds? Lui parle de « casses », s’efforçant peut-être, là encore, de ne pas mettre les enquêteurs sur la piste d’éventuels complices. Il a également indiqué être revenu du Pakistan avec un pactole confié par les « frères ». Fin février, il a loué deux voitures, une Mégane et une Clio. « Elles étaient prépositionnées pour qu’il puisse continuer son road-movie meurtrier », confie un haut gradé de la police. Merah avait donc planifié de changer de mode opératoire avec ces véhicules qualifiés de « voitures relais ». Pour s’aventurer loin de Toulouse? À la journaliste de France 24, Ebba Kalondo, qui reçoit un appel mardi à 1 heure du matin, après que son interlocuteur eut tenté de joindre plusieurs rédactions, celui qui dit être Mohamed Merah assure qu’il y aura des attentats « très prochainement à Paris, Lyon et Marseille »…

Son frère

Mohamed Merah, lors de ce dialogue avec la police, s’est efforcé de mettre son frère Abdelkader « hors de cause ». « Il n’a pas arrêté de répéter qu’il n’avait pas confiance dans son frère », confie un enquêteur. Il a toujours dit avoir travaillé seul. À l’écouter, personne n’était au courant. Il assume tout : les assassinats, les repérages, la logistique… Merah assure aux policiers avoir été une sorte « d’autodidacte de l’islam », après avoir lu le Coran, « seul, en prison », réfutant l’influence de son frère dans sa foi. L’enquête policière s’intéresse également au rôle de ce frère aîné dans la dérive djihadiste du cadet. Mohamed l’avait rejoint au Caire en 2010, avant ses voyages en Afghanistan et au Pakistan, mais aussi en Algérie, selon ses dires. Aux hommes du Raid, Mohamed Merah est apparu très curieux de ce qui se passait à l’extérieur. Conscient que sa famille serait interrogée par la police, il n’a manifesté aucun intérêt pour le sort réservé à son frère et à ses soeurs. Il s’inquiétait, en revanche, franchement pour sa mère. Son seul lien affectif?

Stéphane Joahny et Laurent Valdiguié – Le Journal du Dimanche

dimanche 25 mars 2012

Le père de Mohamed Merah veut poursuivre le Raid

 

Le père de Mohamed Merah a affirmé vendredi à la chaîne BFMTV qu’il n’avait jamais eu l’intention de poursuivre l’Etat français pour la mort de son fils. Son avocate algérienne a néanmoins précisé qu’elle avait bien été mandatée pour entamer des poursuites, mais contre le Raid.

Après la polémique, des « précisions ». Les poursuites pour lesquelles l’a mandaté le père du Mohamed Merah ne sont pas « contre la France et le gouvernement français mais contre le Raid, qui est responsable de la mort de son fils », a souligné Me Zahia Mokhtari, à Alger, après la diffusion samedi sur BFMTV d’un entretien avec Monsieur Merah.

« Quand j’ai appris la mort de mon fils, j’ai reçu un coup de fil d’un journaliste. Je lui ai dit que je n’abandonnerai jamais mon fils, que j’insisterai auprès de l’Etat français, qui est un Etat puissant, jusqu’à ce que le corps de Mohamed me soit rendu », a déclaré Mohamed Benalel Merah lors de cet entretien réalisé chez lui, en Algérie. Ce journaliste « a transformé mes propos et a dit que je poursuivrai en justice l’Etat. Comment voulez-vous que je poursuive un Etat? Il a menti », a-t-il accusé. Le père de l’auteur des tueries de Montauban et de Toulouse a également lancé un appel aux autorités algériennes : « Je [leur] demande de m’aider à rapatrier la dépouille de mon fils », enterré jeudi dans un cimetière de Toulouse, car « je ne veux pas le laisser en France ».

Lundi dernier, Monsieur Merah avait pourtant déclaré à l’AFP, dans un entretien téléphonique qu’il allait : « engager les plus grands avocats et travailler le reste de [s]a vie pour payer les frais ». Et de poursuivre, « je vais porter plainte contre la France pour avoir tué mon fils ». Ces déclarations avaient suscité l’indignation d’une partie de la classe politique française, et notamment celle du président Nicolas Sarkozy.

A-G.R (avec AFP) – leJDD.fr

samedi 31 mars 2012

Affaire Merah: « un risque tangible de dérive »

Politique| 31/03/2012 – 10:37

 

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant estime qu’il existe à la suite de l’affaire Merah « un risque tangible de dérive » des actes antisémites, alors qu’ils avaient connu « une baisse importante » depuis deux ans, dans un entretien au journal Le Parisien publié samedi.

« Indéniablement, la tension est montée », déclare Claude Guéant. « Nous avions connu depuis deux ans une baisse importante des actes antisémites. Depuis une semaine, plusieurs faits inquiétants, comme des agressions visant des collégiens ou des tags, nous montrent qu’il y a un risque tangible de dérive ». »Il y a aussi eu quelques actes antimusulmans », ajoute-t-il. « Notre devoir est de protéger les uns et les autres et de défendre notre unité nationale ».

Claude Guéant affirme par ailleurs savoir, « grâce au travail de la Direction centrale du renseignement intérieur, que les membres de Forsane Alizza pratiquaient des entraînements physiques hebdomadaires qui peuvent s’apparenter à des séances paramilitaires ».

Mohamed Achamlane, leader de Forsane Alizza (« Les Cavaliers de la Fierté »), groupe salafiste dissous en février, a été interpellé vendredi avec 18 autres personnes lors d’un coup de filet dans les milieux islamistes radicaux en France. Dix-sept des 19 interpellés ont été placés en garde à vue. Selon le ministre, il n’y a pas « à ce stade » d’autres groupes du même type dans le collimateur.

Tuerie de Toulouse : l’avocat des familles des victimes répond à Jamel

 

Propos recueillis par Sébastien Ramnoux | Publié le 30.03.2012, 17h20 | Mise à jour : 17h53

 
ARCHIVES. Les proposde Jamel Debbouze sur Mohamed Merah ont scandalisé Me Patrick Klugman, l’avocat des proches des victimes de l’école juive de Toulouse.

ARCHIVES. Les proposde Jamel Debbouze sur Mohamed Merah ont scandalisé Me Patrick Klugman, l’avocat des proches des victimes de l’école juive de Toulouse. | AFP/FRANCOIS GUILLOT

Dans un entretien au quotidien belge Le Soir, l’humoriste Jamel Debbouze s’est dit ulcéré mercredi par le traitement médiatique de l’affaire Merah et les risques d’amalgame vis à vis des jeunes de banlieue. «Je les connais les Mohamed Merah, il y en a plein des Mohamed Merah mais qui ne deviennent pas des Mohamed Merah.

 

On est en train de mettre dans la tête de jeunes qui ont le potentiel de Mohamed Merah de devenir des Mohamed Merah» a regretté Jamel. Des propos qui ont scandalisé Me Patrick Klugman, l’avocat des proches des victimes de l’école juive de Toulouse.

Vous avez été choqué par les propos de Jamel Debbouze?

Patrick Klugman. Choqué et consterné. Selon M. Debbouze, il y a des milliers de Mohamed Merah, donc Mohamed Merah n’est plus personne. C’est une tentative de banalisation révoltante, qui pourrait excuser son geste, qui déresponsabilise Merah. Je ne vois pas comment des causes sociales peuvent conduire à des crimes aussi abominables que tuer des enfants de sang-froid. Ce qui est insupportable dans ce genre d’histoire, c’est cette tendance permanente à faire des criminels des victimes. Si Merah est une victime, alors personne n’est coupable.

Jamel Debbouze souhaitait surtout prévenir toute stigmatisation contre les jeunes de banlieue…

Mais il fait tout le contraire! Ses propos sont aussi insultants pour la banlieue et ses habitants. A l’entendre, il y a des milliers de Mohamed Merah potentiels, donc des milliers de criminels qui peupleraient ces quartiers. C’est absurde et complètement faux. Là encore, c’est un moyen de noyer la responsabilité de Merah.

Vous ne le croyez pas de bonne foi?

Ce que je constate, c’est que ce qui l’ énerve, ce ne sont pas 7 morts et un tétraplégique, mais qu’on en parle trop! Il trouve anormal que le pays s’arrête pour ce drame, mais si notre pays ne montre pas sa solidarité dans cette épreuve, il le fera quand?

 

LeParisien.fr

Merah : le père demande à l’Etat algérien de rapatrier la dépouille de son fils Amel Brahmi |

 Publié le 30.03.2012, 23h50 | Mise à jour : 31.03.2012, 00h38

Envoyer «Moi, je demande aux autorités algériennes de m’aider à rapatrier la dépouille de mon fils», a déclaré Mohamed Benalal Merah, aux reporters de BFMTV à Bézat, en Algérie vendredi. «Moi, je demande aux autorités algériennes de m’aider à rapatrier la dépouille de mon fils», a déclaré Mohamed Benalal Merah, aux reporters de BFMTV à Bézat, en Algérie vendredi. | capture d’écran BFMTV Zoom 6 réactions Réagir Agrandir le texte Diminuer le texte Imprimer l’article Tout leParisien.fr sur votre mobile Entouré de ses amis et voisins venus lui présenter leurs condoléances, le père de Mohamed Merah a demandé à l’Etat algérien le rapatriement du corps de son fils enterré jeudi dans la banlieue de Toulouse. SUR LE MÊME SUJET VIDEO. Mohamed Merah a été enterré à ToulouseVIDEO. Mohamed Merah a été enterré à Toulouse Affaire Merah : le gouvernement refuse l’audition au Sénat de SquarciniAffaire Merah : le gouvernement refuse l’audition au Sénat de Squarcini Enquête sur les multiples locations de voitures de Mohamed MerahEnquête sur les multiples locations de voitures de Mohamed Merah Jamel Debbouze ulcéré par l’affaire MerahJamel Debbouze ulcéré par l’affaire Merah Tuerie de Toulouse : l’avocat des familles des victimes répond à JamelTuerie de Toulouse : l’avocat des familles des victimes répond à Jamel «Moi, je demande aux autorités algériennes de m’aider à rapatrier la dépouille de mon fils», a déclaré Mohamed Benalal Merah, aux reporters de BFMTV à Bezzaz, en Algérie vendredi. Dans cette interview, le père de l’auteur des tueries de Toulouse et de Montauban affirme qu’il n’a jamais pensé à «attaquer l’Etat français qui est un Etat puissant». «Comment voulez-vous que je poursuive un Etat ?», a-t-il ajouté. D’après ses explications, un journaliste qui l’a joint par téléphone le jour de la mort de son fils a déformé ses propos. Il soutient avoir seulement déclaré audit journaliste : «je n’abandonnerai jamais mon fils». Le père voulait que son fils soit enterré au pays de ses ancêtres, a priori dans le village de Bezzaz, à plusieurs dizaines de kilomètres au sud d’Alger. La mère craignait que la tombe de son fils ne soit profanée en France. D’autres redoutent que cette sépulture puisse devenir un lieu de pèlerinage. Ce sont les mêmes inquiétudes qui ont poussé les autorités algériennes à s’opposer à l’enterrement de Merah sur leur sol : «Cet homme qui a commis des actes terroristes, des illuminés pourraient en faire un lieu de pèlerinage, d’autres pourraient profaner sa tombe», a dit Abdallah Zekri, le représentant du recteur de la Grande mosquée de Paris. «L’Algérie ne botte pas en touche, c’est un citoyen français, né en France, qui a grandi en France», avait-il assuré, jeudi.

Mohammed Merah n’a PAS été identifié grâce à une loi antiterroriste, mais grâce à un logiciel libre

 

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Mohammed Merah a notamment été identifié parce qu’il avait laissé des traces sur l’Internet. L’adresse IP (qui identifie les ordinateurs sur l’Internet) attribuée à sa maman faisait en effet partie des 576 adresses IP ayant consulté la petite annonce du militaire qui vendait sa moto sur LeBonCoin.fr, et qui fut la première victime du « tueur au scooter« .

Les équipes de François Hollande et Nicolas Sarkozy rivalisent aujourd’hui de communiqués pour expliquer que c’est grâce à une loi adoptée par le PS -mais que Sarkozy n’aurait pas voté- qu’il aurait ainsi été identifié; l’UMP rétorque, a contrario, que c’est grâce à une loi impulsée par Nicolas Sarkozy…

Le PS et l’UMP se trompent, et mentent : Mohammed Merah n’a pas été identifié grâce à une loi antiterroriste, mais grâce à un logiciel (libre).

Querelles de bac à sable

Dans un premier communiqué, Bruno Le Roux, porte-parole de Francois Hollande, accuse Nicolas Sarkozy de ne pas avoir voté la loi renforçant la lutte contre le terrorisme ayant permis d’arrêter Mohamed Merah :

Nicolas Sarkozy, toujours prêt à accuser et à pointer du doigt, aurait été aussi bien inspiré de voir que c’est notamment grâce au chapitre V et à l’article 29 de la loi sur la sécurité quotidienne du 31 octobre 2001 défendue par Daniel Vaillant, ministre de l’intérieur et dont j’étais le rapporteur à l’Assemblée nationale, que le travail de recherche à partir de la conservation des données internet à été rendu possible pour arrêter Mohamed Merah.

En réponse, Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, a publié un communiqué expliquant, a contrario, que cette « obligation pour les fournisseurs d’accès à internet de conserver les données de connexion des internautes » expirait en décembre 2003, et que la loi pour la sécurité intérieure, préparée par Nicolas Sarkozy et adoptée en 2003, a permis de péreniser :

C’est donc bien Nicolas Sarkozy, en parfait accord avec cette mesure depuis son origine –comme d’ailleurs le reste du groupe RPR à l’Assemblée nationale –, qui a rendu pérenne cette possibilité essentielle à la poursuite des infractions pénale, notamment en matière de terrorisme.

Comme l’a souligné le blog des Décodeurs du Monde, ni M. Le Roux ni M. Sarkozy n’ont formellement tort : « le groupe RPR-DL de l’Assemblée n’a pas voté la loi de 2001… mais a soutenu les amendements antiterroristes » :

Il suffit de faire l’historique des lois antiterroristes pour constater qu’en France un consensus gauche-droite règne sur la question.

J’avais ainsi narré comment le PS et Christian Estrosi, suivant en cela les désidératas du FBI, avaient décidé de placer les internautes sous surveillance, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, et alors même qu’il n’a jamais été démontré que les terroristes avaient utilisé le net pour communiquer (cf Terrorisme : les dessous de la filière porno).

En tout état de cause, et comme le notent les Décodeurs dans un second billet :

Sur le fond, l’affaire montre toujours qu’une forme de consensus a existé entre les gouvernements de gauche et de droite sur le durcissement de l’arsenal répressif antiterroriste, comme l’ont parfois déploré des associations de défense des libertés individuelles.

Du retour à la « légalité républicaine »

La surveillance et traçabilité de ces données de connexion -et donc de ce que font les internautes sur les réseaux- que se disputent aujourd’hui le PS et l’UMP avait effectivement été qualifiée, par les associations de défense des droits de l’homme, en 2001, de « mesure d’exception » instaurant une « ère du soupçon » faisant de tout citoyen un « présumé suspect » qu’il convenait de placer, par principe, sous surveillance et ce, au mépris de la Constitution.

A l’époque, surfant sur les peurs générées par les attentats du 11 septembre 2001, droite et gauche firent en effet front commun, et le Conseil constitutionnel n’en fut pas saisi, alors même que de nombreux juristes estimèrent qu’elle était anticonstitutionnelle. Signe de la fébrilité des parlementaires, le sénateur socialiste Michel Dreyfus-Schmidt avait d’ailleurs vendu la mèche, avec un lapsus lourd de sous-entendus admettant que la France sortait du cadre de la « légalité républicaine » :

« Il y a des mesures désagréables à prendre en urgence, mais j’espère que nous pourrons revenir à la légalité républicaine avant la fin 2003 ».

La loi précisait en effet que les dispositions renforçant la lutte contre le terrorisme étaient adoptées « pour une durée allant jusqu’au 31 décembre 2003 » :

Le Parlement sera saisi par le Gouvernement, avant cette date, d’un rapport d’évaluation sur l’application de l’ensemble de ces mesures.

En mars 2003, la mesure fut prolongée jusqu’au 31 décembre 2005, date à laquelle un nouveau rapport d’évaluation devait être soumis au Parlement.

En juin 2004, la loi pour la confiance dans l’économie numérique obligea les « personnes dont l’activité est d’offrir un accès à des services de communication au public en ligne » à stocker les identifiants et mot de passe de ceux qu’ils hébergent, ainsi que l’historique de ceux qu’ils publient (quand, quoi), disposition confirmée, en janvier 2006, par la loi relative au terrorisme.

Aucun rapport d’évaluation n’a jamais été transmis au Parlement concernant la pertinence, et l’efficacité, de la conservation des données.

Pour le contrôleur européen à la protection des données personnelles (CEPD), cette surveillance généralisée et préventive de nos données de connexions constitue « sans aucun doute l’instrument le plus préjudiciable au respect de la vie privée jamais adopté par l’Union européenne eu égard à son ampleur et au nombre de personnes qu’elle touche« , ce pour quoi il réclame, en vain, une étude d’impact.

Le décret d’application de cette conservation des données de connexion n’en a pas moins été publié en février 2011, près de 10 ans après la loi votée par le PS, et près de 10 ans après celle votée par l’UMP.

Mais si les hébergeurs doivent donc garder la trace de l’identité de ceux qu’ils hébergent, et de ce qu’ils y font (et même et y compris des commentaires postés par les internautes), les adresses IP des ordinateurs visitant un site web, comme le souligne Benoît Tabaka, ne font nullement partie des données à conserver par les hébergeurs…

(MaJ, 19h24) Les fournisseurs d’accès à l’Internet, eux, sont obligés de garder la trace des dates et heures de connexion de leurs abonnés au réseau, le Code des postes et des communications électroniques précisant bien que « données conservées et traitées portent exclusivement sur l’identification des personnes utilisatrices des services fournis par les opérateurs, sur les caractéristiques techniques des communications assurées par ces derniers et sur la localisation des équipements terminaux » :

Les données conservées ne peuvent en aucun cas porter sur le contenu des correspondances échangées ou des informations consultées, sous quelque forme que ce soit, dans le cadre de ces communications.

Merah identifié « grâce » à un Apache

Cette « guéguerre » sécuritaire pour s’attribuer la paternité de la surveillance du Net est d’autant plus pitoyable que l’identification de l’adresse IP de l’ordinateur utilisé par Mohammed Merah ne relève aucunement d’une quelconque loi antiterroriste, mais du fonctionnement basique d’un logiciel.

A l’instar de 65% des sites web, leboncoin.fr utilise en effet un serveur Apache, logiciel libre qui, entre autres fonctionnalités, stocke dans un fichier de « logs » l’historique des adresses IP des ordinateurs qui s’y connectent.

Ces « logs » n’ont pas pour principale vocation de surveiller ce que font les internautes, mais de permettre aux webmasters d’établir des statistiques leur permettant d’estimer le nombre d’internautes venus visiter leurs sites web, d’identifier les pages les plus visitées, les pays d’où ils viennent, les systèmes d’exploitation utilisés, la résolution de leurs écrans, mais également d’identifier les tentatives de piratage, les pannes, ou bugs…

La loi n’oblige aucunement les éditeurs de sites web à garder la trace de ce qu’y font les internautes. Seuls les FAI y sont obligés. Et Mohammed Merah n’a pas été identifié « grâce » à une loi antiterroriste, mais « grâce » à un logiciel libre.

Reste encore à savoir ce pour quoi l’identification de cette adresse IP a pris 6 jours, alors qu’elle aurait facilement pu être effectuée en 48 heures, et donc, potentiellement, conduire les enquêteurs à identifier et arrêter Merah avant qu’il ne tue 4 personnes, dont 3 enfants, 8 jours après le premier meurtre (voir mon enquête sur OWNI : Enquête à bas débit, ainsi que la chronologie de Jacques-Olivier Teyssier pour Montpellier journal : Affaire Mohamed Merah : des questions toujours sans réponse).


MaJ : comme plusieurs le notent en commentaire un logiciel privateur aurait de la même façon enregistré des logs.

VIDEO. Mohamed Merah a été enterré à Toulouse

 

Publié le 29.03.2012, 11h02 | Mise à jour : 23h13

 
CORNEBARRIEU (HAUTE-GARONNE), 29 MARS 2012. Mohamed Merah a été mis en terre en catimini jeudi dans le carré musulman d'un cimetière de la banlieue de Toulouse, alors qu'un cordon de sécurité avait été mis en place.

CORNEBARRIEU (HAUTE-GARONNE), 29 MARS 2012. Mohamed Merah a été mis en terre en catimini jeudi dans le carré musulman d’un cimetière de la banlieue de Toulouse, alors qu’un cordon de sécurité avait été mis en place. | AFP/JOSE CABANIS

Rejeté tour à tour ce jeudi par l’Algérie et la ville de Toulouse, l’encombrant cadavre de Mohamed Merah a été mis en terre en catimini dans le carré musulman du cimetière de Cornebarrieu dans la banlieue toulousaine. Toute la journée, la dépouille et la famille auront été le jouet du rejet inspiré par ce que pourrait représenter la tombe de celui qui a semé l’effroi en France en tuant sept personnes, avant d’être abattu il y a une semaine jour pour jour.

 
 

Cet embrouillamini a poussé Nicolas Sarkozy à intervenir : «Il était Français. Qu’il soit enterré et qu’on ne fasse pas de polémique avec ça», a-t-il dit.

Le cimetière de Cornebarrieu avait été placé sous la surveillance des gendarmes et d’un hélicoptère. Les funérailles se sont déroulées sans membres de sa famille avec une trentaine de jeunes hommes de son quartier, a expliqué Abdallah Zekri, conseiller du recteur de la Grande mosquée de Paris, qui organisait les obsèques. Selon la tradition musulmane les hommes se réunissent le jour des funérailles et les femmes le lendemain.

Le religieux a rendu hommage à la mère de Merah : «Sa mère est d’une dignité totale, elle comprend très bien ce qui s’est passé, elle demande pardon aux victimes». «Il y a eu une prière des morts très simple», a-t-il poursuivi. Il ne s’agissait pas de faire son éloge, il n’est pas question de cela», a-t-il précisé. «Il est mort, il est enterré, il faut le laisser reposer en paix», a-t-il conclu. Pour parer d’éventuels débordements, la tombe pourrait rester anonyme.


Les regrets du maire de Toulouse

Le maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen a dit jeudi soir avoir finalement délivré le permis d’inhumer Mohamed Merah «en le regrettant» parce que ni la famille ni l’Etat ne lui avaient donné de solution pour des funérailles ailleurs.  Ce cimetière suburbain, géré par la mairie de Toulouse et qui comporte un carré musulman, est le plus grand de l’agglomération.

«Je crois que Toulouse va mettre longtemps à digérer ce qui s’est passé en termes de massacres, de souffrances, et il nous semblait opportun qu’il y ait un autre lieu car comme tout individu Mohamed Merah mérite une sépulture», a déclaré Pierre Cohen un quart d’heure à peine avant l’arrivée du convoi mortuaire de Merah au cimetière de Cornebarrieu. A 15 heures, il avait annoncé vouloir différé les obsèques de 24 heures mais «l’Etat m’a rappelé la loi», a-t-il indiqué*.

Dans un premier temps Abdallah Zekri, représentant du recteur de la Grande mosquée de Paris avait indiqué que les obsèques auraient lieu  jeudi à 17 heures dans le carré musulman du cimetière de Cornebarrieu. Mais entre-temps, le maire de Toulouse avait interdit l’inhumation, avant de l’accorder. Vers 17h40, ce religieux, chargé des obsèques par la famille du tueur «au scooter» assurait  que l’inhumation aurait bien lieu ce jeudi.

«Allah Ghaleb (c’est la volonté de dieu). Il était écrit qu’il n’allait pas être enterré en Algérie», a déclaré Mohamed Benalel Merah, le père du tueur. «Je ne pourrais malheureusement pas assister (à son enterrement) je n’ai ni assez de temps ni d’avion spécial pour me rendre à Toulouse», a-t-il ajouté.

«L’Algérie ne botte pas en touche, c’est un citoyen français»

Le départ de la dépouille sur un vol régulier Toulouse-Alger d’Air Algérie était annoncé par la famille du côté algérien pour 13h15. Alors que les proches semblaient avoir pris leurs dispositions, le transfert se serait donc heurté à l’opposition d’Alger.

Le père voulait que son fils soit enterré au pays de ses ancêtres, a priori dans le village de Bezzaz, dans la commune d’Essouagui (à plusieurs dizaines de kilomètres au sud d’Alger). La mère craignait que la tombe de son fils ne soit profanée en France. D’autres redoutent que cette sépulture puisse devenir un lieu de pèlerinage. 

Ce sont les mêmes inquiétudes qui ont poussé les autorités algériennes à s’opposer à l’enterrement de Merah sur leur sol: «Cet homme qui a commis des actes terroristes, des illuminés pourraient en faire un lieu de pèlerinage, d’autres pourraient profaner sa tombe», a dit Abdallah Zekri. «L’Algérie ne botte pas en touche, c’est un citoyen français, né en France, qui a grandi en France», a-t-il assuré.

*Selon un juriste, le maire, qui a le droit d’inhumation au titre de ses pouvoirs de police, avait le droit de décider un report en invoquant l’ordre public. Mais l’Etat lui a sans doute rétorqué que l’ordre public imposait aussi que cet homme soit enfin enterré. Il a pu aussi menacé le maire d’exercer «son pouvoir de substitution» s’il n’agissait pas.

La Clio retrouvée dans un village de l’Aude sans lien avec l’affaire Merah

Une Renault Clio retrouvée mercredi dans le village de Saint-Papoul (Aude) n’a manifestement aucun lien avec l’affaire Merah, contrairement à ce qui avait été initialement envisagé, a-t-on appris jeudi de sources judiciaire et policière.

Une source proche de l’enquête avait dit mercredi que des pièces à conviction (en l’occurrence un pièce de carrénage d’un scooter T Max et un casque sombre) étaient susceptibles d’être contenues dans cette voiture repérée à Saint-Papoul, où des habitants se seraient étonnés de la voir stationner plusieurs jours sans bouger. Cette Clio appartenait auparavant à un individu alors domicilié à Toulouse près du lieu de domicile du tueur au scooter, a indiqué jeudi la source judiciaire.

Cet ancien propriétaire, qui n’habite plus aujourd’hui en Haute-Garonne, a vendu le véhicule en septembre 2011 à l’état d’épave à un acheteur vivant à Saint-Papoul. Ce nouveau propriétaire a par la suite entreposé dans l’épave des pièces usagées de son propre deux-roues, a indiqué la source judiciaire.

 

LeParisien.fr

Le père de Merah juge que son fils a eu tort mais attaque le Raid

 

 

Publié le 28.03.2012, 17h54 | Mise à jour : 29.03.2012, 12h47

 
Mohamed Benalel Merah, le père du «tueur au scooter» a déclaré à France 24 : «Si (mon fils, Ndlr) a vraiment commis ces crimes et tué des innocents, il a eu tort. Si c'est vraiment lui»

Mohamed Benalel Merah, le père du «tueur au scooter» a déclaré à France 24 : «Si (mon fils, Ndlr) a vraiment commis ces crimes et tué des innocents, il a eu tort. Si c’est vraiment lui» | CAPTURE D’ECRAN/FRANCE 24

«Si mon fils est réellement derrière ce qui s’est passé (à Montauban et à Toulouse,ndlr), ce n’est pas bien», a déclaré Mohamed Benalel Merah dans une interview diffusée mercredi par France24.

 

Le père de Mohamed Merah a exprimé pour la première fois une pensée à l’égard des victimes, tout en restant quelque peu dubitatif sur la culpabilité de son fils.

«S’il a vraiment commis ces crimes et tué des innocents, il a eu tort. Si c’est vraiment lui», a insisté Mohamed Benalel Merah. «Ils étaient innocents. Il y avait des enfants parmi eux. Les jeunes militaires avaient des parents. Il y avait des Maghrébins parmi eux. Il n’avait pas à faire ça. Si c’est bien lui», a-t-il expliqué. «S’il a été poussé à commettre ces actes par d’autres gens, ils ont tort. Ils l’ont aveuglé», a-t-il estimé.

VIDEO. Rachid Merah, demi-frère de Mohamed Merah : «La France récolte ce qu’elle a semé»

Il a chargé une avocate de poursuivre le Raid pour «assassinat»

Mardi, le père de Mohamed Merah avait  vivement réagi hier depuis Alger où il donnait une petite conférence de presse, bien encadrée, dans les locaux du quotidien local arabophone Echourrouk qui a diffusé cet entretien, fermé à d’autres journaux et notamment à la presse étrangère.

Il a réaffirmé son intention de porter plainte contre les services de sécurité français et a chargé une avocate de poursuivre le Raid (police française) pour «assassinat». Ces hommes responsables à ses yeux de la mort de son fils de 23 ans, auteur du meurtre, à bout portant, de sept personnes à Toulouse et à Montauban, des meurtres qu’il a pris soin de filmer. Il s’était autoproclamé djihadiste d’Al-Qaïda avant de mourir, armes à la main, à son domicile, dans la fusillade durant l’assaut des hommes du Raid le 22 mars, après 32 heures de siège.

Le père du tueur au scooter a également dénié au ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, le droit de lui demander de «se taire». Après avoir déclaré auparavant au bureau de l’AFP en Algérie qu’il allait attaquer en justice les services français, il a provoqué l’ire des responsables politiques et à leur tête le président Sarkozy ou le candidat socialiste à sa succession François Hollande, ayant jugé ces propos «indignes» et «indécents». Et Alain Juppé a déclaré aussitôt : «Si j’étais le père d’un tel monstre, je me tairais». Pour Benalel Merah le père de Mohamed, «aucun responsable français n’a le droit de me demander de me taire».

Et d’ajouter : «je suis un citoyen algérien libre dans mon pays, je m’exprime comme je veux, c’est mon droit de défendre mon fils et mon pays (…) Comment un responsable de ce niveau qui se vante de la démocratie et de la liberté d’expression peut-il demander à un père meurtri par la perte de son fils de se taire ? Moi, je n’ai peur que d’Allah».

Puis il s’étonne encore en accusant les services français : «Ils auraient pu l’assommer avec des gaz. Ils ont les moyens pour le prendre endormi comme un enfant, l’arrêter vivant. Pourquoi ont-ils fait ça ? Ils auraient mis les moyens pour l’arrêter et le passer devant la justice. Qu’ils le condamnent même à perpète puisque la peine de mort a été abolie par Mitterrand…» Mais rien sur la violence de son fils qui a semé l’effroi dans toute la région toulousaine.

Il reconnait en revanche ses propres démêlés avec la justice française début 2000 pour trafic de stupéfiants qui lui ont valu des années de prison. «La justice a fait son travail», a t-il répondu sans sourciller avant de se montrer à nouveau menaçant contre les autorités françaises qui seraient, selon lui, «responsables de toutes représailles ou atteintes à (sa) famille à Toulouse».

La dépouille de Mohamed Merah pourrait arriver jeudi à Alger

Enfin, le père du tueur de Toulouse réaffirme son souhait de rapatrier sa dépouille en Algérie. «Son frère Abdelghani m’a appelé pour m’assurer qu’ils font le nécessaire pour le ramener en Algérie», assure t-il au quotidien local. A Toulouse, ce mercredi, la mère et les soeurs de Mohamed Merah semblaient sur le point de terminer leurs préparatifs même si la famille semblait divisée, dans un premier temps, sur le lieu de son enterrement. Mais le père, qui se défend des accusations d’avoir négligé ses enfants et assure que son fils était attaché à lui, a fait entendre une voix décisive quand il a annoncé avoir décidé d’enterrer son fils en Algérie.

Si les autorités consulaires ont donné le feu vert, la dépouille serait attendue jeudi en début d’après-midi à Alger, en provenance de Toulouse, où elle devrait être embarquée sur un vol régulier d’Air Algérie prévu à 13h15, a dit à l’AFP à Alger un proche de la famille sous le couvert de l’anonymat.

La mère et une soeur, l’un des cinq enfants de ces parents séparés depuis que le père est retourné en Algérie il y a plusieurs années, accompagneront dans son dernier voyage le corps de celui qui est né en France et qui n’a, en dehors de séjours épisodiques, jamais vécu en Algérie. Mohamed Merah, assassin de trois enfants et un enseignant juifs et de trois parachutistes, pourrait alors être inhumé dans le village de Bezzaz, près d’Essouagui et de Médéa, à 80 km au sud d’Alger.

 

LeParisien.fr

Abdelkader Merah confirme l’existence d’un troisième hommeAbdelkader Merah confirme l’existence d’un troisième homme

 

Stéphane Sellami, Jean-Marc Ducos et Boris de La Cruz (notre correspondant) | Publié le 29.03.2012, 07h42

 
Abdelkader Merah a indiqué aux policiers que le jour du vol du fameux deux-roues, le 6 mars à Toulouse, il se trouvait en compagnie de son cadet, Mohamed, mais aussi d’un autre homme.

Abdelkader Merah a indiqué aux policiers que le jour du vol du fameux deux-roues, le 6 mars à Toulouse, il se trouvait en compagnie de son cadet, Mohamed, mais aussi d’un autre homme. | Kenzo Tribouillard

La piste d’un troisième complice tend à se confirmer dans l’affaire des tueries de Toulouse (Haute-Garonne) et de Montauban (Tarn-et-Garonne). C’est de la bouche même d’Abdelkader Merah, le frère aîné de Mohamed, l’auteur présumé des sept meurtres, que les enquêteurs de la police judiciaire de Bordeaux (Gironde) et de la sous-direction antiterroriste (SDAT) l’ont appris.

 
 

Selon nos informations, le grand frère du tueur à scooter, incarcéré depuis dimanche notamment pour « complicité d’assassinats », a indiqué aux policiers que le jour du vol du fameux deux-roues, le 6 mars à Toulouse, il se trouvait en compagnie de son cadet mais aussi d’un autre homme. « Il n’a pas voulu préciser le nom de cet homme, relate une source judiciaire. Et il n’a pas donné d’éléments supplémentaires pour permettre de le localiser ou de l’identifier. Cette personne est très activement recherchée. »

Au cours de son audition, Abdelkader Merah a encore relaté que Mohamed, 23 ans, était sorti précipitamment de la voiture dans laquelle ils se trouvaient tous les trois, avant d’aller voler un scooter T-Max, stationné sur la voie publique.

Une étrange Clio blanche

Au cours de son audition, Abdelkader Merah a encore relaté que Mohamed, 23 ans, était sorti précipitamment de la voiture dans laquelle ils se trouvaient tous les trois, avant d’aller voler un scooter T-Max, stationné sur la voie publique. Hier, un nouvel élément a été découvert : une Renault Clio blanche, volée alors qu’elle était garée à Toulouse dans une rue proche du domicile de Mohamed Merah, a été retrouvée à Saint-Papoul (Aude), une commune entre Carcassonne et Castelnaudary, à une centaine de kilomètres au sud de la Ville rose. Dans cette voiture, mal stationnée et abandonnée depuis quelques jours, les gendarmes ont retrouvé un carénage de scooter T-Max et un casque sombre.

Par ailleurs, une semaine après la mort du tueur, les enquêteurs poursuivent leur exploration de plus de 700 scellés constitués au fil de près de deux semaines d’investigations. Les policiers se sont également replongés dans les 1500 procès-verbaux d’audition déjà collectés. « Nous sommes aussi en train de trier l’ensemble des éléments recueillis au cours de cette enquête sans précédent, via un logiciel informatique d’analyse criminelle, confie une source judiciaire. Cet outil nous permet de faire des recoupements et de trouver des points communs. »

Enfin, hier, le père de Mohamed Merah — qui portait, au moment de sa mort, un jean, des chaussures de sport de couleur rouge, un blouson et un gilet pare-balles mais pas de djellaba, comme plusieurs sources l’avaient indiqué — a chargé une avocate algérienne, Me Zahia Mokhtari, de poursuivre devant la justice française le Raid pour l’assassinat de son fils.

La vidéo sur une autre clé USB

Une clé USB contenant la vidéo des tueries de Toulouse et Montauban a été retrouvée dans la poche du pantalon de Mohamed Merah après sa mort le 22 mars dans un assaut du Raid. Il s’agit donc de la 2e clé USB connue du montage vidéo des crimes du tueur au scooter, en plus de celle reçue à Paris par la chaîne qatarie Al-Jazeera et qu’elle a remise lundi à la police.

Mercredi, le TGI de Paris a entériné l’engagement pris par Al-Jazeera de remettre aux juges d’instruction chargés de l’affaire Merah les copies de la vidéo du tueur. Mohamed Merah avait filmé les tueries avec un caméra Go Pro sanglé sur le torse.

 

Le Parisien

Tueur de Toulouse : découverte d’une pièce de scooter dans une voiture volée

 

 

Boris De La Cruz et Jean-Marc Ducos | Publié le 28.03.2012, 22h18 | Mise à jour : 23h13

 
ARCHIVES. Mohamed Merah.

ARCHIVES. Mohamed Merah. | (france 2.)

Une Renault Clio blanche immatriculée en Haute-Garonne, et signalée volée alors qu’elle était garée à Toulouse dans une rue proche du domicile de Mohamed Merah, a été retrouvée mercredi vers 18 heures par les gendarmes à Saint-Papoul (Aude), une commune entre Carcassonne et Castelnaudary à une centaine de kilomètres au sud de la Ville rose.

 
 

C’est dans la région de Castelnaudary que se trouve le centre de formation de la Légion étrangère. Merah avait songé un temps s’engager.

Dans cette voiture, mal stationnée et abandonnée depuis quelques jours, les gendarmes ont retrouvé un carénage de scooter T Max, le même type d’engin utilisé par le tueur pour commettre ses crimes et un casque sombre. Lorsqu’ils ont vérifié l’immatriculation de cette voiture, les forces de l’ordre ont identifié une adresse toulousaine dans la proximité immédiate de celle du tueur de Toulouse. La section anti-terroriste a pris en charge le véhicule.

 

LeParisien.fr

Tueur de Toulouse : découverte d’une pièce de scooter dans une voiture volée

 

 

Boris De La Cruz et Jean-Marc Ducos | Publié le 28.03.2012, 22h18 | Mise à jour : 23h13

 
ARCHIVES. Mohamed Merah.

ARCHIVES. Mohamed Merah. | (france 2.)

Une Renault Clio blanche immatriculée en Haute-Garonne, et signalée volée alors qu’elle était garée à Toulouse dans une rue proche du domicile de Mohamed Merah, a été retrouvée mercredi vers 18 heures par les gendarmes à Saint-Papoul (Aude), une commune entre Carcassonne et Castelnaudary à une centaine de kilomètres au sud de la Ville rose.

 
 

C’est dans la région de Castelnaudary que se trouve le centre de formation de la Légion étrangère. Merah avait songé un temps s’engager.

Dans cette voiture, mal stationnée et abandonnée depuis quelques jours, les gendarmes ont retrouvé un carénage de scooter T Max, le même type d’engin utilisé par le tueur pour commettre ses crimes et un casque sombre. Lorsqu’ils ont vérifié l’immatriculation de cette voiture, les forces de l’ordre ont identifié une adresse toulousaine dans la proximité immédiate de celle du tueur de Toulouse. La section anti-terroriste a pris en charge le véhicule.

 

LeParisien.fr

Toulouse: manif-hommage d’un collectif de quartier aux victimes de Merah

Publié le 28.03.2012, 12h28

 
Un collectif de quartier, Stop à la violence, appelle à une manifestation mercredi après-midi à travers Toulouse à la mémoire des sept victimes du tueur au scooter et en soutien à leurs familles endeuillées, a-t-on appris auprès des organisateurs.
Un collectif d’habitants de Bagatelle, quartier sensible du sud de la ville, veut rendre « hommage aux victimes, aux familles qui sont en deuil », explique à l’AFP une de ses responsables, Zohra.

 

« On veut dire qu’on est tous des êtres humains, on est tous pareils », ajoute-t-elle. « On a des religions différentes c’est tout » mais « on arrive à vivre en paix et en harmonie », poursuit Zohra, qui ne veut pas divulguer son nom de famille.
Le collectif Stop à la violence est né en 2006 à la suite d’un incendie criminel dans lequel une mère et son enfant avaient trouvé la mort, dit Zohra. Constitué depuis en association, Stop à la violence organise des manifestations à chaque incident mais également des animations dans le quartier, où il fait aussi de l’information.
« Dans le quartier, les gens sont dégoûtés, personne ne cautionne ce qu’il s’est passé », explique Zohra comme on lui demande le sentiment général sur Mohamed Merah, qui a assassiné trois militaires, trois enfants juifs et leur professeur, en se revendiquant d’Al-Qaïda, avant de tomber sous les balles du Raid.
Elle note que « tout ça fait monter le racisme ».
La manifestation partira vers 14H00 du quartier Bagatelle pour sillonner les rues jusqu’à la place du Capitole, en plein coeur de Toulouse.
L’initiative est saluée par Marc Sztulman, secrétaire général régional du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) de Midi-Pyrénées.
« Quand cinq filles se réunissent en soutien à Merah, tout le monde en parle », dit-il, en référence à la dizaine de jeunes filles qui avaient tenté de manifester samedi en souvenir de Mohamed Merah et en soutien à la mère de celle-ci avant d’en être dissuadées par les forces de l’ordre.
« On ne peut qu’espérer que cette autre initiative ait un écho », dit-il. « C’est une initiative noble, c’est terriblement rassurant pour ma communauté de savoir qu’une marche peut partir de Bagatelle en soutien des victimes ».

 

Raid, GIGN… Pourquoi Eva Joly aurait mieux fait de se taire

 

Par , publié le 27/03/2012 à 12:01, mis à jour à 12:03

 
Raid, GIGN... Pourquoi Eva Joly aurait mieux fait de se taire

Eva Joly aurait peut-être dû s’abstenir de commenter certains aspects de l’affaire Merah.

REUTERS

La candidate écologiste à la présidentielle n’a pas toujours été très avisée en commentant la tuerie de Toulouse et l’assaut du Raid. Démonstration. 

Eva Joly aurait peut-être dû s’abstenir de commenter des aspects de l’affaire Merah. Selon plusieurs spécialistes du terrorisme, la candidate écologiste s’est trompée en estimant que c’était à un magistrat, et non au ministre de l’Intérieur, de superviser l’opération du Raid. D’après eux, elle devrait en effet savoir, en tant qu’ancienne juge d’instruction, que, depuis 1975, certaines affaires (les prises d’otages, par exemple) relèvent de l’autorité administrative (préfet, ministre) et non du pouvoir judiciaire.  

Pour appuyer ses dires, Eva Joly a indiqué, sur Radio Orient, qu’elle avait elle-même dirigé des actions du Raid et du GIGN lors de prises d’otages. « Lesquelles ? Nous n’en avons aucun souvenir », demandent d’anciens responsables de ces unités. « Mme Joly a surtout travaillé contre la délinquance financière, un domaine peu propice aux assauts », ironise l’un d’eux. Sollicités à huit reprises par L’Express pour en dire plus sur ces « interventions », ni la candidate ni ses conseillers – visiblement embarrassés – n’ont donné les précisions espérées.  

Toulouse: manif-hommage d’un collectif de quartier aux victimes de Merah

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

 

Publié le 28.03.2012, 12h28

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       
Un collectif de quartier, Stop à la violence, appelle à une manifestation mercredi après-midi à travers Toulouse à la mémoire des sept victimes du tueur au scooter et en soutien à leurs familles endeuillées, a-t-on appris auprès des organisateurs.
Un collectif d’habitants de Bagatelle, quartier sensible du sud de la ville, veut rendre « hommage aux victimes, aux familles qui sont en deuil », explique à l’AFP une de ses responsables, Zohra.

 

« On veut dire qu’on est tous des êtres humains, on est tous pareils », ajoute-t-elle. « On a des religions différentes c’est tout » mais « on arrive à vivre en paix et en harmonie », poursuit Zohra, qui ne veut pas divulguer son nom de famille.
Le collectif Stop à la violence est né en 2006 à la suite d’un incendie criminel dans lequel une mère et son enfant avaient trouvé la mort, dit Zohra. Constitué depuis en association, Stop à la violence organise des manifestations à chaque incident mais également des animations dans le quartier, où il fait aussi de l’information.
« Dans le quartier, les gens sont dégoûtés, personne ne cautionne ce qu’il s’est passé », explique Zohra comme on lui demande le sentiment général sur Mohamed Merah, qui a assassiné trois militaires, trois enfants juifs et leur professeur, en se revendiquant d’Al-Qaïda, avant de tomber sous les balles du Raid.
Elle note que « tout ça fait monter le racisme ».
La manifestation partira vers 14H00 du quartier Bagatelle pour sillonner les rues jusqu’à la place du Capitole, en plein coeur de Toulouse.
L’initiative est saluée par Marc Sztulman, secrétaire général régional du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) de Midi-Pyrénées.
« Quand cinq filles se réunissent en soutien à Merah, tout le monde en parle », dit-il, en référence à la dizaine de jeunes filles qui avaient tenté de manifester samedi en souvenir de Mohamed Merah et en soutien à la mère de celle-ci avant d’en être dissuadées par les forces de l’ordre.
« On ne peut qu’espérer que cette autre initiative ait un écho », dit-il. « C’est une initiative noble, c’est terriblement rassurant pour ma communauté de savoir qu’une marche peut partir de Bagatelle en soutien des victimes ».

 

                                                                                                                                                                                                                 

Publié le 28.03.2012, 12h28

 

 

Un collectif de quartier, Stop à la violence, appelle à une manifestation mercredi après-midi à travers Toulouse à la mémoire des sept victimes du tueur au scooter et en soutien à leurs familles endeuillées, a-t-on appris auprès des organisateurs.
Un collectif d’habitants de Bagatelle, quartier sensible du sud de la ville, veut rendre « hommage aux victimes, aux familles qui sont en deuil », explique à l’AFP une de ses responsables, Zohra.

 

« On veut dire qu’on est tous des êtres humains, on est tous pareils », ajoute-t-elle. « On a des religions différentes c’est tout » mais « on arrive à vivre en paix et en harmonie », poursuit Zohra, qui ne veut pas divulguer son nom de famille.
Le collectif Stop à la violence est né en 2006 à la suite d’un incendie criminel dans lequel une mère et son enfant avaient trouvé la mort, dit Zohra. Constitué depuis en association, Stop à la violence organise des manifestations à chaque incident mais également des animations dans le quartier, où il fait aussi de l’information.
« Dans le quartier, les gens sont dégoûtés, personne ne cautionne ce qu’il s’est passé », explique Zohra comme on lui demande le sentiment général sur Mohamed Merah, qui a assassiné trois militaires, trois enfants juifs et leur professeur, en se revendiquant d’Al-Qaïda, avant de tomber sous les balles du Raid.
Elle note que « tout ça fait monter le racisme ».
La manifestation partira vers 14H00 du quartier Bagatelle pour sillonner les rues jusqu’à la place du Capitole, en plein coeur de Toulouse.
L’initiative est saluée par Marc Sztulman, secrétaire général régional du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) de Midi-Pyrénées.
« Quand cinq filles se réunissent en soutien à Merah, tout le monde en parle », dit-il, en référence à la dizaine de jeunes filles qui avaient tenté de manifester samedi en souvenir de Mohamed Merah et en soutien à la mère de celle-ci avant d’en être dissuadées par les forces de l’ordre.
« On ne peut qu’espérer que cette autre initiative ait un écho », dit-il. « C’est une initiative noble, c’est terriblement rassurant pour ma communauté de savoir qu’une marche peut partir de Bagatelle en soutien des victimes ».

 

Procédure disciplinaire à Lyon contre un professeur après des propos sur Merah

 

Publié le 28.03.2012, 11h47

 

 

 
Une procédure disciplinaire a été engagée à l’encontre d’une professeur d’un collège lyonnais pour des propos qu’elle aurait tenus à l’occasion de la minute de silence observée au lendemain de la tuerie dans une école juive de Toulouse, a-t-on appris mercredi auprès du rectorat.
Selon le quotidien Le Progrès mercredi, qui a recueilli plusieurs témoignages concordants d’élèves, elle aurait déclaré en substance mardi 20 mars: « nous allons faire la minute de silence, mais nous allons la faire aussi pour le tueur (.

 

..) S’il a fait ça, c’est qu’il avait une bonne raison de le faire : il ne doit pas être bien dans sa peau. Le pauvre… »
Interrogé par l’AFP, le rectorat a indiqué avoir été informé ce lundi du problème survenu au collège Vendôme (6e arr.). Ses services ont « conduit une enquête rapide, en lien avec la principale du collège qui a procédé à une série d’auditions ».
« Une procédure disciplinaire a aussitôt été engagée », a précisé le rectorat.
A Rouen, une professeur d’anglais a été suspendue après avoir envisagé devant ses élèves une minute de silence en mémoire de Mohamed Merah vendredi dernier, alors que le tueur de Toulouse avait été abattu.

 

Drames Toulouse: 65% des Français approuvent l’attitude de Sarkozy (TNS-Sofres)

 

Publié le 28.03.2012, 11h00

 

 

65% des Français approuvent l’attitude de Nicolas Sarkozy à la suite des événements de Toulouse et Montauban, 59% portant le même jugement sur François Hollande, selon un sondage Harris Interactive pour VSD publié mercredi.
Dans le détail, 32% des personnes interrogées jugent « très bonne » l’attitude de Nicolas Sarkozy, et 33% la jugent « plutôt bonne ». 15% la qualifient de « plutôt mauvaise » et 11% de « très mauvaise », soit un totalde 26% de « mauvaise ».

 

9% ne se prononcent pas ou ne savent pas quelle a été son attitude.
En ce qui concerne François Hollande, les 59% qui jugent bonne son attitude se décomposent en 17% de « très bonne » et 42% « plutôt bonne », contre 17% « plutôt mauvaise » et 11% « très mauvaise ».
Ils sont 45% à considérer bonne l’attitude de François Bayrou (32% mauvaise), 40% celle de Jean-Luc Mélenchon (contre 28%), 37% celle de Marine Le Pen (contre 47%) et 24% celle d’Eva Joly (contre 28%).
Par ailleurs, si 18% répondent que l’attitude de Nicolas Dupont-Aignan a été bonne, ils sont en revanche 72% à répondre « je ne sais pas quelle a été son attitude/ne se prononce pas ». 75% choisissent cette réponse pour Nathalie Arthaud, 82% pour Philippe Poutou et 85% pour Jacques Cheminade.
Dans un précédent sondage TNS Sofres pour i-Télé réalisé le 22 mars, 74% des Français estimaient que Nicolas Sarkozy a eu l’attitude qui convient face à ces drames, 56% donnant la même réponse pour François Hollande.
Sondage réalisé en ligne du 22 mars au 26 mars auprès d’un échantillon de 1.231 personnes inscrites sur les listes électorales à partir de l’access panel Harris Interactive, selon la méthode des quotas.

 

Merah était-il un indic des renseignements français ?

Publié le 27.03.2012, 12h07 | Mise à jour : 13h04

 

ARCHIVES. Le siège des renseignements français à Levalois-Perret.

ARCHIVES. Le siège des renseignements français à Levalois-Perret.

L’ancien chef de la DST (Direction de la surveillance du territoire) Yves Bonnet s’est ouvertement interrogé mardi sur la possibilité que le tueur au scooter Mohamed Merahait été un indicateur des services de renseignement français.

Une amorce de polémique à laquelle la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a voulu tout de suite couper court. Merah, retranché à son domicile toulousain, est mort lors de l’assaut donné par les services d’élite du Raid. 

«Eh bien voilà, c’est exactement ça la problème», répond Yves Bonnet au quotidien La Dépêche du Midi, qui lui demande dans sa livraison de mardi si le tueur au scooter était un indicateur de la DCRI, «car ce qui interpelle quand même, c’est qu’il était connu de la DCRI, non pas spécialement parce qu’il était islamiste, mais parce qu’il avait un correspondant au renseignement intérieur».

«Or avoir un correspondant, ce n’est pas tout à fait innocent. Ce n’est pas anodin», ajoute cet ancien grand flic avant de préciser. «Appelez ça correspondant, appelez ça officier traitant… Je ne sais pas jusqu’où allaient ces relations, voire cette collaboration avec le service, mais on peut effectivement s’interroger sur ce point.»

«Pas un indic» pour le chef de la DCRI

Des interrogations balayées par l’actuel directeur de la DCRI, entité qui regroupe à la fois l’ancienne DST et la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG). Mohamed Merah n’était «ni un indic de la DCRI, ni d’autres services français ou étrangers», a affirmé mardi à l’AFP le chef de la DCRI.

Merah a été convoqué en novembre 2011 par la DCRI de Toulouse «parce que nous voulions recueillir des explications sur son voyage en Afghanistan. C’est un entretien administratif sans contrainte, puisque nous n’étions pas dans un cadre judiciaire (…)», avait assuré vendredi Bernard Squarcini. «Des dispositions ont été prises, avait-il poursuivi, la DCRI l’a notamment inscrit au fichier des personnes recherchées pour être informé en cas de contrôle et de déplacements».

LeParisien.fr

Merah : « Ça m’embêterait que mes enfants voient la vidéo »

Yannick Noah

Yannick Noah / AFP/P.Andrieu

 
 

Alors que la chaîne Al Jazeera a finalement renoncé à diffuser les images filmées par Mohammed Merah lors de ses attaques (des images envoyées lundi au siège de la chaîne), Yannick Noah revient sur l’hypothèse un temps émise par la chaine de les diffuser. Pour le chanteur, voir de telles images serait « troublant (…), déstabilisant » pour le grand public. L’ancien tennisman a également réagi en tant que père : « ça m’embêterait que mes enfants puissent avoir accès à ce type d’images ». Ecouter La rédaction de RTL | 27/03/2012 – 19h59 écouter Sur RTL, Yannick Noah revient sur l’hypothèse un temps émise par Al Jazeera de diffuser les images des tueries de Toulouse et Montauban Vidéos de Merah : la réaction de Yannick Noah sur RTL

« C’est déjà difficile aujourd’hui de pas montrer à nos gosses tout cette violence, pour ne pas banaliser cette violence »

« Donc des images qui seraient, comme ça, naturellement troublantes, c’est déstabilisant »;

« Mais je pense que ça peut-être intéressant pour certains services (peut-être les services secrets), ou en tout cas d’avoir toutes les informations pour savoir où, quoi, comment, ce qui s’est passé vraiment ».

« Mais je pense que le grand public, c’est plutôt troublant (…) ça m’embêterait que mes enfants puissent avoir accès à ce type d’images ».

« On a déjà assez. Savoir qu’il y a des mômes qui ont été tués, c’est déjà largement suffisant comme choc. C’est pas la peine de continuer, c’est mon sentiment. » 

Appels pressants pour une non diffusion

A l’instar des familles, le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a également demandé « aux responsables de toutes les chaînes de télévision » qui auraient ces images en leur possession « de ne les diffuser « sous aucun prétexte », par respect pour les victimes et par respect pour la République ».

Le tueur au scooter Mohamed Merah avait filmé chacune de ses tueries des 11, 15 et 19 mars à l’aide d’une mini caméra, une GoPro, habituellement utilisée par les plongeurs et sportifs de l’extrême pour filmer leurs exploits, avait révélé jeudi dernier le procureur de la République de Paris François Molins.

Tueries de Toulouse et Montauban: l’enquête se concentre sur la vidéo de Merah

27/03/2012 – 18h54

 

L’enquête sur les tueries de Toulouse et Montauban s’est concentrée mardi sur la vidéo des assassinats de Mohamed Merah, envoyée à la chaîne qatarie Al-Jazeera, qui a répondu aux suppliques des familles de victimes de ne pas la diffuser.

« Conformément à son code d’éthique et compte tenu du fait que les vidéos n’ajoutent aucune information qui n’est pas déjà du domaine public, Al-Jazeera ne diffusera pas leurs contenus », a expliqué un porte-parole de la chaîne.

Les vidéos des assassinats de trois parachutistes, trois enfants et un enseignant juifs, les 11, 15 et 19 mars à Toulouse et Montauban, ont été reçues lundi par la chaîne et remises à la police, qui tente de déterminer qui les a postées.

Dans la matinée de mardi, des sources policières avaient évoqué « une forte présomption » que ce ne soit pas Mohamed Merah, tué le jeudi 22 mars lors de l’assaut du Raid entamé le mercredi 21 à 03H00. Le tueur au scooter avait été localisé le mardi par les enquêteurs et placé sous surveillance.

Mais dans la soirée, une autre source proche de l’enquête s’est montrée moins catégorique : « Personne n’est en mesure de dire que Merah a déposé ou n’a pas déposé ce courrier ».

Le tampon de l’envoi ne permet pas de dire avec certitude d’où il a été posté car il s’agit de celui de Castelnau-d’Estrétefonds, à une vingtaine de kilomètres de Toulouse qui abrite une plateforme industrielle de tri pour toute la région Midi-Pyrénées, où sont oblitérés chaque jour 2,7 millions de courriers de sept départements.

Avec l’industrialisation du tri, il est « impossible de revenir au lieu précis » où le courrier a été déposé, explique un responsable régional de La Poste. Sur le parcours du courrier, on estime probable à La Poste que l’oblitération du mercredi signifie qu’il a été déposé dans une boîte après la mi-journée mardi ou plus tard dans un bureau de poste.

Filmées par le tueur au scooter grâce à une mini-caméra sanglée sur lui, les vidéos des assassinats ont été montées et « stockées sur une clé USB ». « On voit toutes les attaques perpétrées à Toulouse et à Montauban dans l’ordre chronologique (…) Il y a eu un mixage de musiques et de chants religieux, des lectures, des récitals de versets coraniques », on y entend les « cris des victimes », a décrit sur BFMTV le chef du bureau de Paris d’Al-Jazeera, Zied Tarrouche.

M. Sarkozy a jugé « raisonnable » la décision d’Al-Jazeera de ne pas diffuser cette vidéo. Il avait prévenu : « si elle devait être détournée par des télévisions appartenant ou proches d’organisations propageant des idées terroristes, nous n’hésiterons pas » à brouiller les images.

Avant même la décision d’Al-Jazeera, le parquet de Paris avait annoncé un référé pour interdire la diffusion. Face au tribunal, M. Tarrouche et son avocat, Me Antoine Comte, ont proposé que les copies placées dans un coffre-fort de la chaîne à Paris soient remises à un juge d’instruction. Le tribunal se prononcera mercredi.

« Il y a un communiqué d’Al-Jazeera, mais quelle est sa force, quelle est son autorité ? », s’est inquiété Me Patrick Klugman, un des avocats des familles des quatre personnes tuées le 19 mars dans le collège-lycée juif de Toulouse Ozar Hatorah.

Après avoir supplié en larmes les chaînes de télévision de ne pas diffuser ces images, Latifa Ibn Ziaten, 52 ans, mère de la première victime de Merah, s’est dite « soulagée ».

Parallèlement, Nicolas Sarkozy, rejoint par François Hollande, s’est insurgé des propos du père de Mohamed Merah, Mohamed Benalel Merah, qui menace la France d’une plainte « pour avoir tué » son fils. « Je veux rappeler à cet homme que son fils avait filmé ses crimes et pris le soin diabolique de faire parvenir ses images ignobles à une chaîne de télévision », a déclaré le chef de l’Etat.

« Si j’étais le père d’un tel monstre, je me tairais dans la honte », a jugé le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. « Odieux », « indécent », a renchéri le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. Pour François Hollande, le père de Merah « n’avait qu’une chose à faire, c’est se taire ».

Cet homme de 70 ans a fait de la prison en France pour trafic de drogue, selon l’avocat du tueur au scooter, Me Christian Etelin.

La candidate FN à l’Elysée Marine Le Pen a réclamé mardi à Nicolas Sarkozy « toute la vérité » sur « les multiples zones d’ombre » dans cette affaire.

Outre l’identification de la personne qui a posté les vidéos, les enquêteurs étudient la piste d’un « troisième homme » qui pourrait être impliqué dans le vol, le 6 mars, du scooter dont s’est servi Mohamed Merah lors des trois tueries.

Le frère de Merah, Abdelkader Merah, 29 ans, est détenu à Fresnes, notamment soupçonné de complicité d’assassinat, ce qu’il nie.

Les enquêteurs continuent de privilégier la thèse d’un acte isolé de Mohamed Merah avec éventuellement la complicité de son entourage proche.

Le permis d’inhumer Mohamed Merah a été signé le 23 mars par le procureur de la République de Toulouse et a été remis à sa famille qui a déposé mardi après-midi au consulat d’Algérie une demande de transfert de son corps, a indiqué à l’AFP un responsable religieux.

Le consulat « doit maintenant attendre la réponse de la mairie où se trouve le cimetière choisi par la famille » pour y enterrer Merah, a expliqué Abdallah Zekri, conseiller du recteur de la Grande mosquée de Paris et président de l’Observatoire des actes islamophobes.

Si la réponse est obtenue mercredi, l’enterrement devrait avoir lieu jeudi dans la commune d’Essouagui, dans le département de Médéa d’où est originaire le père du septuple tueur au scooter.

Toulouse: Sarkozy dénonce les polémiques « honteuses », annonce des mesures contre les « extrémistes »

27/03/2012 – 18h20

 

Nicolas Sarkozy a rendu hommage mardi aux forces de l’ordre et dénoncé à nouveau les « polémiques honteuses » qui ont suivi leur intervention et la mort de Mohamed Merah, avant d’annoncer de nouvelles série de mesures contre les « extrémistes » qui menacent la France.

Cinq jours après la « mise hors d’état de nuire » de l’auteur des sept meurtres de Toulouse et Montauban, le chef de l’Etat a reçu à l’Elysée les policiers, gendarmes, magistrats ou sapeurs-pompiers qui ont participé au dénouement de l’affaire du « tueur au scooter » et en a profité pour longuement les défendre face aux critiques.

Le président a longuement dénoncé ceux qui ont « allumé la mèche des polémiques honteuses » ou « dénoncé le travail des forces de l’ordre ». « Certains croient se grandir en abaissant tous ceux qui attachent au mot devoir plus de valeur qu’au mot dérision », a-t-il déclaré, sans citer de nom.

Nicolas Sarkozy s’en est pris nommément au père de Mohamed Merah pour dénoncer avec « indignation » sa volonté de porter plainte contre la France pour la mort de son fils. « Je veux rappeler à cet homme que son fils avait filmé ses crimes et pris le soin diabolique de faire parvenir ses images ignobles à une chaîne de télévision », s’est-il ému.

En visite dans l’après-midi en Loire-Atlantique, le candidat de l’UMP a renouvelé ses attaques contre les déclarations « indignes et indécentes » de cet homme, qui vit aujourd’hui en Algérie et qui « lorsqu’il était en France (…) avait eu à connaître la prison ».

Sur la même ligne, le candidat du PS François Hollande a jugé que le père de Mohamed Merah n’avait « qu’une chose à faire, c’était se taire ». Seul le secrétaire national du PCF et soutien de Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, s’est démarqué de ces condamnations en estimant qu’on pouvait « peut-être comprendre la détresse » du père du tueur.

Comme ses rivaux socialistes, Nicolas Sarkozy a aussi mis en garde les chaînes de télévision contre toute diffusion des images des meurtres « par respect pour les victimes ». La chaîne qatarie Al-Jazeera a annoncé qu’elle ne les diffuserait pas. Une « décision raisonnable », a salué M. Sarkozy, qui a promis d’empêcher les autres qui seraient tentées de le faire.

Plus généralement, Nicolas Sarkozy a très nettement durci le ton mardi contre tous les « extrémistes » et « prédicateurs » qui ont mis en cause la France après les événements de Toulouse et Montauban.

En plus des mesures déjà annoncées la semaine dernière pour lutter contre ceux qui font l’apologie du terrorisme sur internet ou se rendent à l’étranger pour s’y former à la lutte armée, il a évoqué d’autres mesures de rétorsion.

Le chef de l’Etat a promis « d’accélérer » les procédures d’expulsion visant les « extrémistes ». Il a assuré que « tous ceux qui ont tenu des propos infamants contre la France ou contre les valeurs de la République ne seront pas autorisés à entrer dans notre pays ».

Une sorte de généralisation de la mesure annoncée contre le célèbre qatari Youssef Al-Qaradaoui, interdit d’entrer en France pour y participer à une réunion de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF).

Enfin, le président a demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de « vérifier de façon approfondie la situation sur notre territoire de toute personne » susceptible de présenter « un risque potentiel » pour la sécurité nationale.

Nicolas Sarkozy a repris ces mesures mardi soir en tant que candidat de l’UMP, lors d’une réunion publique à Nantes, et s’en est servi comme arme politique pour dénoncer la gauche qui « depuis dix ans, a combattu tous les textes » adoptés par la droite pour « renforcer la sécurité » de Français.

Lui-même en visite dans le Pas-de-Calais, François Hollande a critiqué en creux l’activisme présidentiel sur la sécurité. « Je n’utilise pas la peur parce que je ne crois pas que ce soit ce que les Français aujourd’hui veulent avoir comme réflexe », a-t-il dit, assurant, sondages à l’appui, que chômage et pouvoir d’achat restaient les « priorités des Français ».

En difficulté dans les sondages, la candidate du Front national Marine Le Pen a continué à exiger de Nicolas Sarkozy qu’il fasse « toute la vérité » sur « les multiples zones d’ombre » de l’affaire Merah, notamment sur sa nationalité ou ses liens avec la DCRI.

Les familles de victimes et Sarkozy exhortent à ne pas diffuser la vidéo de Merah

27/03/2012 – 12h22

 

Les familles des victimes, Nicolas Sarkozy et le CSA ont exhorté mardi les médias à ne pas diffuser la vidéo des assassinats de Mohamed Merah reçue par la chaîne Al Jazeera, à l’heure où Paris s’indignait de la menace de plainte du père du jihadiste.

Le père du tueur au scooter a déclaré lundi soir à l’AFP qu’il allait porter plainte contre la France « pour avoir tué » son fils.

De leur côté, les enquêteurs étudient la piste d’un « troisième homme » impliqué dans le vol du scooter, et ont écarté la possibilité que Mohamed Merah ait pu lui-même poster une enveloppe contenant la vidéo.

Filmées par Mohamed Merah grâce à une mini caméra sanglée sur lui, les vidéos des assassinats, montées et « stockées sur une clé USB », était contenues dans une enveloppe postée mercredi et envoyée au bureau parisien d’Al Jazeera.

« Je demande aux responsables de toutes les chaînes de ne les diffuser sous aucun prétexte, par respect pour les victimes et par respect pour la République », a déclaré Nicolas Sarkozy, évoquant des « images ignobles ». Le candidat socialiste François Hollande a estimé pour sa part qu’une diffusion des images par Al-Jazeera serait « extrêmement grave ».

Les familles des quatre personnes assassinées le 19 mars dans le collège-lycée juif de Toulouse Ozar Hatorah ont également appelé les médias à ne pas diffuser la vidéo des tueries reçue par Al Jazeera.

« Les familles appellent tous les médias à ne pas diffuser la vidéo et à respecter leur douleur et leur deuil », a déclaré leur avocat, Me Klugman. « Il n’est pas humainement possible de laisser Mohamed Merah narguer de manière post mortem ceux qu’il a assassinés et de laisser le spectacle de son crime prospérer », a-t-il dit à l’AFP.

Latifa Ibn Ziaten, 52 ans, mère d’un des trois soldats tués par le jihadiste, a aussi supplié les médias de ne pas montrer ces images. « C’est mon fils qui est mort, un enfant de 30 ans. Et on veut le montrer comme si c’était un film. S’il vous plaît, je ne veux pas voir ça », a-t-elle déclaré en larmes à l’AFP.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) s’est joint aux appels pour que ces vidéos ne soient pas diffusées.

« Cris des victimes »

« On n’est pas une chaîne de sensationnel, on ne cherche pas à diffuser des images sans mesurer les risques et les conséquences, et c’est pour cela que la direction va décider aujourd’hui lors d’un meeting au siège au Qatar de la diffusion de cette vidéo ou pas », a expliqué sur BFM TV le chef du bureau de Paris d’Al Jazeera, Zied Tarrouche.

« On voit toutes les attaques perpétrées à Toulouse et à Montauban dans l’ordre chronologique (…). Il y a eu un mixage de musiques et de chants religieux, des lectures, des récitals de versets coraniques », a détaillé Zied Tarrouche, précisant qu’on entend « les cris des victimes ».

Parallèlement, Nicolas Sarkozy s’est insurgé devant les propos du père de Mohamed Merah, Mohamed Benalel Merah, qui menace la France d’une plainte « pour avoir tué » son fils.

« C’est avec indignation que j’ai appris que le père de l’assassin de sept personnes (…) voulait porter plainte contre la France pour la mort de son fils », a déclaré M. Sarkozy. « Je veux rappeler à cet homme que son fils avait filmé ses crimes et pris le soin diabolique de faire parvenir ses images ignobles à une chaîne de télévision », a-t-il poursuivi.

« Si j’étais le père d’un tel monstre, je me tairais dans la honte », a jugé le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

De leur côté, les enquêteurs recherchent qui a pu poster le courrier contenant la vidéo mercredi dernier mais, selon les tout premiers éléments de l’enquête, ce « ne peut être Mohamed Merah », selon une source policière.

Ils ont localisé le lieu où a été posté ce courrier qui contient une lettre de revendication manuscrite de la main de Mohamed Merah, a précisé la source, et a été envoyé « en dehors de Toulouse ».

Sur le plan de l’enquête, la police cherche à identifier un éventuel « troisième homme » qui aurait pu prendre part avec les frères Merah au vol du scooter utilisé lors des tueries de Toulouse et Montauban, selon des sources proches de l’enquête.

Les enquêteurs continuent de privilégier la thèse d’un acte isolé de Mohamed Merah avec éventuellement la complicité de son entourage proche, en particulier son frère Abdelkader Merah, soupçonné d’avoir été présent lors du vol, qui a été mis en examen et écroué.

La famille du tueur, partagée sur le lieu de son inhumation, a par ailleurs décidé de demander le transfert de son corps en Algérie en respect du voeu de sa mère, selon un responsable du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Mohamed Merah n’est pas l’expéditeur de la vidéo envoyée à Al Jazeera

27/03/2012 – 10h27

 

Le tueur au scooter Mohamed Merah n’est pas l’expéditeur du montage vidéo de ses crimes reçu par la poste au bureau parisien de la chaîne Al Jazeera, que la police a entre les mains depuis lundi, a-t-on appris mardi de source policière.

Les enquêteurs recherchaient mardi qui avait pu poster mercredi dernier ce courrier, contenant notamment une clé USB, mais, selon les premiers éléments de l’enquête, ce « ne peut être Mohamed Merah », a-t-on précisé de même source. Les policiers ont localisé le lieu où a été posté ce courrier, qui contient une lettre de revendication manuscrite de la main de Mohamed Merah et a été envoyé « en dehors de Toulouse », a précisé la source.

Les enquêteurs tentent d’identifier un « troisième homme », qui aurait pu prendre part avec les frères Merah au vol du scooter utilisé par Mohamed Merah lors des tueries de Toulouse et Montauban, ont par ailleurs indiqué à l’AFP des sources proches de l’enquête.

Une des sources a précisé que cet homme, qui n’a pas été identifié, était peut-être impliqué dans un autre épisode précédant les tueries, comme l’achat d’accessoires de moto pour Mohamed Merah, ou d’avoir tenté d’obtenir des renseignements sur la manière de neutraliser le « traqueur » du scooter. Les enquêteurs continuent de privilégier la thèse d’un acte isolé de Mohamed Merah avec éventuellement la complicité de son entourage proche, en particulier son frère Abdelkader Merah, qui a reconnu en garde à vue avoir été présent lors du vol.

Mohamed Merah va être enterré en Algérie, selon son père

26/03/2012 – 20h30

 

Le père de Mohamed Merah, le tueur en série abattu jeudi en France, a décidé de faire inhumer son fils en Algérie, a affirmé lundi à l’AFP Mohamed Benalel Merah.

« J’ai décidé d’enterrer, Inchallah, mon fils en Algérie », a déclaré M. Merah à l’AFP. « Son frère Abdelghani m’a appelé pour m’assurer qu’ils font le nécessaire pour le ramener en Algérie. Mohamed (Merah) a un passeport algérien et est inscrit au consulat de Toulouse depuis sa naissance », a-t-il ajouté.

Une vidéo des tueries de Mohamed Merah envoyée à Al Jazeera

26/03/2012 – 22h04

La police judiciaire a mis la main sur un montage vidéo des tueries de Mohamed Merah envoyé mercredi dernier à la chaîne qatarie Al Jazeera, tandis que le père du tueur au scooter a annoncé lundi en Algérie vouloir porter plainte contre la France pour « avoir tué » son fils.

Quatre juges d’instruction ont été désignés pour enquêter sur cette affaire, et notamment tenter d’établir le degré d’implication du frère aîné de Mohamed, Abdelkader, et l’identité de l’expéditeur du montage vidéo, inconnu pour le moment.

Filmé par Mohamed grâce à une mini caméra sanglée sur lui, le montage vidéo, « stocké sur une clé USB », était contenu dans une enveloppe postée mercredi et envoyée au bureau parisien d’Al Jazeera, selon des sources policières.

« C’est un montage vidéo des images des différentes tueries avec de la musique et des versets du Coran », a indiqué à l’AFP l’une de ces sources.

Mohamed Merah, tué jeudi par les policiers du Raid qui assiégeaient son appartement toulousain depuis une trentaine d’heures, était seul quand il avait, au nom du jihad et d’Al-Qaïda, froidement assassiné sept personnes à Toulouse et Montauban les 11, 15 et 19 mars.

Pour autant, les quatre juges antiterroristes nommés pour instruire cette affaire ont mis en examen dimanche son frère Abdelkader qui réfute toutes les accusations.

Sa mère et sa compagne étant ressorties libres de garde à vue, il est le seul détenu dans ce dossier et a été placé à l’isolement à la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), selon une source syndicale.

Cet homme de 29 ans, connu des services de police pour son engagement de longue date en faveur d’un islam radical, est soupçonné de complicité d’assassinats pour les trois tueries et d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme. Reste à déterminer la nature de cette complicité.

Abdelkader est poursuivi pour vol en réunion pour avoir participé avec son frère au vol le 6 mars à Toulouse du puissant scooter que Mohamed a utilisé lors des tueries.

Il refuse d’être « le bouc émissaire »

De source proche de l’enquête, on indique qu’Abdelkader a également fait, pour le compte de son frère, des achats d' »accessoires de motocycliste ». Par ailleurs Abdelkader aurait dîné avec son cadet le 18 mars, la veille de l’attaque de l’école juive.

On indiquait cependant samedi que l’examen du contenu des ordinateurs d’Abdelkader n’avait rien révélé de probant et la perquisition de son domicile n’a mis au jour ni arme, ni explosif, selon cette même source.

Dimanche soir, son avocate, Me Anne-Sophie Laguens, a précisé que son client réfutait tous les chefs d’accusation et qu’il refusait de devenir « le bouc émissaire des actes de son frère », des crimes qu’il a, selon elle, « fermement » condamnés. « Il ne faudrait pas déplacer le procès qu’on aurait aimé faire à Mohamed Merah sur lui parce que c’est le seul qu’on ait en ce moment », a-t-elle ajouté.

« Il n’est pas du tout fier des actes de son frère comme ça a été dit un peu partout dans la presse », a-t-elle assuré. « C’est des fuites qu’il y a eues au niveau de la police mais qui n’étaient pas vraies et qui ont été déformées. »

Lundi, une source proche de l’enquête a réaffirmé à l’AFP qu’Abdelkader s’était dit « très fier » des actes de son frère.

« Hors procès-verbal, il a dit +je suis très fier de ce qu’a fait mon frère+ », a affirmé cette source. « Sur PV, il ne le dit pas. »

Lundi, Nicolas Sarkozy, répondant aux critiques sur l’action de la police dans cette affaire, a affirmé sur France Info qu’après les tueries de Toulouse et Montauban, tous les services secrets, de renseignement et de police des démocraties étaient « sur les dents ».

Lundi soir le père du tueur, Mohamed Benalel Merah, a indiqué vouloir enterrer son fils en Algérie, où il vit. Il a aussi dit vouloir porter plainte contre la France. « Je vais engager les plus grands avocats et travailler le reste de ma vie pour payer les frais. Je vais porter plainte contre la France pour avoir tué mon fils », a déclaré à l’AFP M. Merah.

« La France est un grand pays qui avait les moyens d’arrêter mon fils vivant. Ils auraient pu l’assommer avec du gaz et l’arrêter, ils ont préféré le tuer », a-t-il affirmé.

Vidéo des tueries de Merah: Al Jazeera décide « aujourd’hui » d’une éventuelle diffusion

27/03/2012 – 09h14

 

La chaîne qatarie Al Jazeera, qui a reçu une vidéo des tueries de Mohamed Merah, va décider mardi à son siège au Qatar de diffuser ou non ces images, a indiqué sur BFM TV le chef du bureau de Paris d’Al Jazeera, Zied Tarrouche.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, chargé de veiller au respect de la dignité de la personne humaine et à la sauvegarde de l’ordre public dans les programmes audiovisuels, « invite les chaînes à ne pas diffuser » cette vidéo, a-t-il indiqué à l’AFP. « Le CSA invite les chaînes à ne pas diffuser ces images », a-t-on indiqué.

« On n’est pas une chaîne de sensationnel, on ne cherche pas à diffuser des images sans mesurer les risques et les conséquences, et c’est pour cela que la direction va décider aujourd’hui lors d’un meeting au siège au Qatar de la diffusion de cette vidéo ou pas », a-t-il expliqué. « Normalement dans quelques heures on le saura », a-t-il ajouté.

Filmé par Mohamed Merah grâce à une mini caméra sanglée sur lui, le montage vidéo, « stocké sur une clé USB », était contenu dans une enveloppe postée mercredi et envoyée au bureau parisien d’Al Jazeera, selon des sources policières. « Il s’agit d’une lettre manuscrite », avec « une clé USB contenant les vidéos », a détaillé Zied Tarrouche. « On voit toutes les attaques perpétrées à Toulouse et à Montauban dans l’ordre chronologique, c’est-à-dire l’assassinat du premier soldat, après, les trois soldats, et enfin, l’attaque de l’école ».

Les vidéos « ont été remontées ». « Il y a eu un mixage de musiques et de chants religieux, des lectures, des récitals de versets coraniques », a-t-il ajouté, précisant qu' »on entend les voix de cette personne qui a commis les assassinats » et « les cris des victimes ».

Concernant le courrier qui accompagne ces vidéos, « c’est écrit en français avec des fautes d’orthographe, de conjugaison », a-t-il indiqué, ajoutant: « C’était quelques petits mots comportant la revendication de ces attentats par soi-disant Al-Qaïda ». « Pour moi, l’enjeu c’est de diffuser cela ou pas. J’ai transmis une copie à notre direction au Qatar, au siège de la chaîne Al Jazeera », a expliqué Zied Tarrouche. « C’est la direction qui va décider aujourd’hui du sort de cette vidéo ».

« Il y a beaucoup d’éléments à prendre en considération. Il y a des conséquences, bien sûr. L’enquête, on sait tous qu’elle est encore en cours. On cherche encore éventuellement la possibilité d’un réseau de complicité », a-t-il poursuivi. « J’ai parlé à M. le procureur. On s’est expliqué » sur la diffusion des vidéos, a-t-il encore dit. « Il m’a fait comprendre les conséquences de cette diffusion. Il était clair, il n’interdit pas à Al Jazeera de faire son métier de journaliste », a-t-il ajouté.

Quatre juges d’instruction ont été désignés pour enquêter sur cette affaire, et notamment tenter d’établir le degré d’implication du frère aîné de Mohamed Merah, Abdelkader, et l’identité de l’expéditeur du montage vidéo, inconnu pour le moment.

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a répondu mardi à la menace du père du jihadiste Mohamed Merah de porter plainte contre la France, en lui conseillant de « se taire », qualifiant de monstre son fils, responsable de sept meurtres et tué jeudi par la police. « Si j’étais le père d’un tel monstre, je me tairais dans la honte », a estimé Alain Juppé, interrogé par Radio Classique. Lundi soir, Mohamed Benalel Merah avait déclaré à l’AFP qu’il allait porter plainte contre la France « pour avoir tué » son fils.

Le conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a vu de son côté de l' »indécence » dans l’intention proclamée du père de Mohamed Merah. « C’est son droit, mais je n’ai qu’un seul mot à la bouche: indécence », a réagi mardi matin M. Guaino sur France Culture. « Ce type est un monstre qui a tué de sang froid. La société n’y est absolument pour rien », a-t-il ajouté.

Français d’origine algérienne âgé de 23 ans, au parcours de délinquant reconverti en jihadiste, passé par le Pakistan et l’Afghanistan et se réclamant d’Al-Qaïda, Mohamed Merah a tué les 11, 15 et 19 mars trois militaires, ainsi que trois écoliers et un enseignant de confession juive, à Toulouse et Montauban. Il a été tué lors d’un échange de tirs avec la police qui donnait l’assaut à l’appartement où il était retranché le 22 mars.

Sa famille, partagée sur le lieu de son inhumation, va demander le transfert de son corps en Algérie en respect du voeu de sa mère, a indiqué mardi à l’AFP un responsable du Conseil français du culte musulman (CFCM) en contact avec la famille. « La famille va introduire (au consulat) une demande de transfert du corps en Algérie où la mère souhaite qu’il soit enterré. Le frère Abdelghani, qui était contre, s’est résigné mais a décidé de ne pas assister à l’enterrement », a expliqué Abdallah Zekri, membre du CFCM et conseiller de Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande mosquée de Paris.

Al Djazira dit qu’elle ne diffusera pas les images des meurtres

 

 

Aujourd’hui à 14h53

PARIS (Reuters) – La chaîne de télévision Al Djazira a annoncé mardi qu’elle ne diffuserait pas les images filmées par Mohamed Merah lorsqu’il a tué sept personnes à Toulouse et Montauban.

« Al Djazira ne diffusera pas la vidéo des fusillades françaises », peut-on lire sur le site internet de la chaîne qatarie, à laquelle ces images ont été transmises par courrier.

Elle ne montre pas le visage du tueur, ne contient aucune déclaration de sa part et Mohamed Merah, qui a été abattu jeudi dernier par la police, paraît agir seul.

La chaîne ajoute que la vidéo s’intitule « Al Qaïda attaque la France » mais une source interne souligne que le film ne porte pas la marque des images que le groupe met en ligne.

Al Djazira estime que ce film n’ajoute aucune information par rapport à ce qui est déjà dans le domaine public et qu’elle viole son code éthique.

Les autorités françaises, Nicolas Sarkozy en tête, avaient instamment demandé mardi matin à ses responsables de ne les diffuser « sous aucun prétexte par respect pour les victimes et par respect pour la République ».

Yann Tessier et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

Un possible troisième complice recherché dans l’affaire Merah

 

 

Aujourd’hui à 13h01

PARIS (Reuters) – Les enquêteurs ont la conviction que Mohamed Merah n’est pas l’expéditeur de la vidéo envoyée à la chaîne de télévision Al Djazira à Paris et recherchent un éventuel troisième complice pour le vol du scooter, a-t-on appris de source policière.

Une clé USB contenant des images filmées lors de ses assassinats par le tueur abattu jeudi par la police et une revendication sont parvenues au bureau parisien de Al Djazira, qui n’a pas encore pris la décision de les diffuser ou non.

Le colis portait un cachet postal daté de mercredi dernier et les enquêteurs essaient de savoir s’il a été posté mardi soir par Mohamed Merah lui-même avant qu’il ne fasse l’objet d’une surveillance policière, ou par un complice mercredi matin.

Un dispositif policier discret avait mis été en place autour du domicile du jeune homme de 23 ans avant que l’unité d’élite du Raid n’intervienne dans la nuit de mardi à mercredi.

« Comme la lettre a été postée d’un village loin de Toulouse, il est difficile que ce soit Mohamed Merah », dit-on de source policière, sans préciser qui les enquêteurs soupçonnent.

Le frère de Mohamed Merah, Abdelkader, a été mis en examen dimanche et écroué pour complicité d’assassinats pour avoir été présent lors du vol du scooter utilisé par son frère pour commettre les tueries. Il nie toute participation aux crimes.

Parallèlement, les enquêteurs tentent d’identifier un troisième homme qui aurait pu participer au vol du scooter Yamaha T-Max ou se présenter avec l’un des deux frères auprès d’un concessionnaire moto pour l’achat d’accessoires et voir comment désactiver un système de détection par satellite.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

Mohamed Merah va être enterré en Algérie, selon son père

– Publié le 26/03/2012 à 22:31

 
La père de Mohamed Merah, le tueur en série abattu jeudi en France, a décidé de faire inhumer son fils en Algérie, a affirmé lundi à l'AFP Mohamed Benalel Merah.

La père de Mohamed Merah, le tueur en série abattu jeudi en France, a décidé de faire inhumer son fils en Algérie, a affirmé lundi à l’AFP Mohamed Benalel Merah.

Le père de Mohamed Merah, le tueur en série abattu jeudi en France, a décidé de faire inhumer son fils en Algérie, a affirmé lundi à l’AFP Mohamed Benalel Merah.

« J’ai décidé d’enterrer, Inchallah, mon fils en Algérie », a déclaré M. Merah à l’AFP. « Son frère Abdelghani m’a appelé pour m’assurer qu’ils font le nécessaire pour le ramener en Algérie. Mohamed (Merah) a un passeport algérien et est inscrit au consulat de Toulouse depuis sa naissance », a-t-il ajouté.

 
 
 

Affaire Merah: Guéant participe à un hommage dans une synagogue parisienne

– Publié le 26/03/2012 à 21:52

 
Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a participé lundi soir à une cérémonie en hommage aux quatre victimes juives de Mohamed Merah dans une synagogue parisienne, une semaine après la tuerie de Toulouse.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a participé lundi soir à une cérémonie en hommage aux quatre victimes juives de Mohamed Merah dans une synagogue parisienne, une semaine après la tuerie de Toulouse.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a participé lundi soir à une cérémonie en hommage aux quatre victimes juives de Mohamed Merah dans une synagogue parisienne, une semaine après la tuerie de Toulouse.

Cette cérémonie, à laquelle assistaient plusieurs centaines de personnes et qui était placée sous haute sécurité, selon une journaliste de l’AFP, était organisée par le Consistoire central.

Pour Joël Mergui, président du Consistoire, « il est fondamental que des mesures soient prises contre ceux qui risquent à nouveau de créer ce type de drame ».

« Il y a aussi un travail à faire sur l’importation de cette idéologie, que toutes les religions confondues, notamment les représentants musulmans, continuent de dire à une certaine jeunesse que c’est un faux message de l’islam », a martelé le responsable.

Les responsables religieux ont également lu lors de cette cérémonie des prières pour le rétablissement du lycéen blessé par le septuple meurtrier Mohamed Merah.

Dimanche, plusieurs milliers de personnes avaient participé à Toulouse, Paris et dans plusieurs villes de province à des marches silencieuses et des rassemblements pour rendre hommage aux sept victimes du tueur au scooter.

Les 11, 15 et 19 mars, le jeune homme avait assassiné sept personnes: trois parachutistes, trois jeunes écoliers et un enseignant de confession juive. Il a été tué jeudi lors de l’intervention du Raid dans son appartement où il s’était retranché.

 
 
 

Mohamed Merah, tueur en série, star du Web

Le Point.fr – Publié le 26/03/2012 à 15:40 – Modifié le 26/03/2012 à 20:39

Le Toulousain aurait abattu sept personnes, dont trois enfants. Suffisant pour en faire une icône sur Internet.

Mohamed Merah déchaîne les passions sur Internet. Il dispose de dizaines de pages et de groupes Facebook qui lui sont dédiés.

Mohamed Merah déchaîne les passions sur Internet. Il dispose de dizaines de pages et de groupes Facebook qui lui sont dédiés. © FRANCE 2 TV / SIPA

 

 

Avec les tueries de Toulouse et de Montauban, Internet a trouvé sa nouvelle effigie : Mohamed Merah. Abattu d’une balle dans la tête jeudi, le Toulousain bénéficie d’une cote de popularité post mortem impressionnante sur le Web. Elle se mesure en clics et en « like », la célébrité se mesure facilement, sur les moteurs de recherche, les encyclopédies en ligne et les réseaux sociaux. En recherchant « mohamed merah » sur Google, le leader des moteurs de recherche propose pas moins de 188 millions de résultats. En écrivant son seul prénom, le « tueur au scooter » apparaît en seconde position des suggestions Google. Juste après Mohamed Ali ! Le tueur de 23 ans a droit sur Wikipédia à une biographie digne des plus grandes star du rock and roll. On peut y découvrir quantité d’informations, de sa date de naissance à ses premières condamnations judiciaires en passant par des anecdotes sur sa scolarité. Le tout est rigoureusement sourcé avec 83 liens redirigeant vers les sites d’information en ligne.

Cette omniprésence reflète l’impact des tueries de Toulouse et de Montauban sur l’opinion publique. Mais, sur les réseaux sociaux, le constat prend une tout autre tournure, plus sinistre. Une trentaine de pages et une quarantaine de groupes lui sont dédiés. Pourtant, le ministère de l’Intérieur a fait fermer, vendredi, une page Facebook ayant récolté 435 « like ». Mais la tâche s’annonce titanesque tant les pages se multiplient comme des métastases. La page la plus plébiscitée récolte 5 237 « like » tandis que le groupe le plus important rassemble 1 371 membres. Et, en musardant au gré des pages et des groupes les plus accrocheurs, un constat s’impose : la liberté d’expression est bel et bien respectée.

Complot

Là, toutes les opinions s’expriment. Certaines, jonchées de témoignages d’amour ou de soutien, font de Mohamed Merah un héros moderne, un martyr ayant mis la France à genoux. Elles n’hésitent pas à hiérarchiser les enfants, comme dans cette vidéo intitulée Tous les enfants du monde ne se valent pas. À ce discours ignoble se greffe son pendant, tristement banal : l’amalgame – avec autant d’appels à la violence – entre islam, immigration et allocation familiale. Déjà vu, déjà entendu…

Le prix de l’innovation revient plutôt à l’inévitable thèse du complot. Un 11 Septembre version hexagonale qui met en avant le rôle des services secrets ayant instrumentalisé Mohamed Merah pour lui faire porter le chapeau. Et les ficelles seraient tenues en haut lieu puisque Nicolas Sarkozy serait le chef d’orchestre de tout cet imbroglio. Pourquoi ? Mais pour remettre la question de la sécurité au coeur du débat présidentiel, bien sûr ! Et assurer ainsi sa réélection.

EXCLUSIF. La mère de Merah donne son accord pour un enterrement en Algérie

Le Point.fr – Publié le 26/03/2012 à 13:57 – Modifié le 26/03/2012 à 20:41

La famille du tueur de Toulouse semble avoir longuement hésité sur la délicate question de son lieu de sépulture.

Des policiers sortent de l'appartement de Mohamed Merah à Toulouse, le 23 mars 2012.

Des policiers sortent de l’appartement de Mohamed Merah à Toulouse, le 23 mars 2012. © Jean-Pierre Muller / AFP

 

 

Selon nos informations, la mère de Mohamed Merah a donné son accord, lundi après-midi, au consulat d’Algérie à Toulouse, pour que son fils soit enterré en Algérie. Toute la journée de lundi, la question des funérailles de celui qui a semé l’effroi à Toulouse et dans sa région pendant huit jours avait défrayé la chronique. Faut-il l’enterrer en France, où il est né, peut-être à Toulouse, et prendre le risque de manifestations de haine ou de sympathie ? Ou bien en Algérie, d’où est originaire la famille ?

Cette dernière a d’ores et déjà entamé des démarches pour le mettre en terre dans la région de Médéa (80 kilomètres au sud d’Alger), le berceau paternel, a indiqué l’oncle maternel de l’assassin, Djamel Aziri lundi, plus tôt dans la journée. Selon lui, la mère et le père se sont entendus pour l’enterrer en Algérie, eux qui vivent séparés depuis 1994, date du retour du père au pays. La mère de Mohamed Merah craint que la tombe de son fils ne soit saccagée s’il repose en France, disent les rares à avoir été dans la confidence de cette femme qui vit recluse avec les siens pour échapper à l’énorme pression médiatique.

Mais qu’aurait voulu Mohamed Merah lui-même ? Selon son oncle, il voulait s’installer en Algérie et y « fonder un foyer parce qu’il avait fini par détester la France où sa situation sociale était devenue difficile ». En 2010 déjà, lors de son dernier séjour en Algérie, il avait demandé à son père de lui acheter un appartement pour se marier, mais avait essuyé un refus de celui qui n’entretenait plus guère de relations avec ses enfants de l’autre côté de la Méditerranée, dit son oncle.

Discrétion

Selon l’un des frères de Mohamed Merah au contraire, le tueur avait souhaité être enterré en France. C’est tout du moins ce qu’a rapporté Abdallah Zekri, un responsable du Conseil français du culte musulman (CFCM). Abdelghani Merah « m’a dit que Mohamed avait fait le voeu d’être enterré en France ‘où il est né’ sans me préciser à quel moment cette volonté a été formulée. Il m’a sollicité en tant que responsable du CFCM et de la Grande Mosquée de Paris afin de participer à une cérémonie qui doit se dérouler dans la discrétion », a dit Abdallah Zekri.

L’enterrer en Algérie, « c’est sans doute mieux pour tout le monde », ne cache pas Abdellatif Mellouki, du Conseil du culte musulman en Midi-Pyrénées, « c’est une porte de sortie pour éviter toute exploitation de part et d’autre », de la part de ceux qui voudraient se venger, ou de ceux qui voudraient glorifier celui qui se revendiquait d’al-Qaida. Un haut responsable de la mairie de Toulouse partageait cette inquiétude de voir la sépulture devenir un but de pèlerinage.

Dans la tradition islamique, le défunt mort doit être enterré le plus vite possible : avant la prière de l’Asr (milieu de l’après-midi) pour la personne décédée le matin, le lendemain pour la personne décédée le soir ou dans la nuit. Cela suppose qu’il n’y ait pas de procédure administrative (dans le cas d’un décès à l’hôpital) ou judiciaire, comme c’est le cas ici. Dans de tels cas, l’enterrement a lieu immédiatement après la restitution du corps à la famille. L’incinération est interdite. Encore faut-il que l’autorité judiciaire ait estimé ne plus avoir besoin du corps, a expliqué un magistrat. Mais cela ne paraissait guère faire de doute en l’occurrence, a-t-il ajouté.

Le séjour israélien de Mohamed Merah

Le Point.fr – Publié le 26/03/2012 à 20:08

Le tueur de Toulouse a passé quelques jours en Israël et dans les Territoires palestiniens en 2010.

 

 

L’auteur de sept assassinats dans le sud-ouest de la France, Mohamed Merah, qui a notamment tué trois écoliers et un enseignant juifs, avait passé trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens en 2010, a-t-on appris lundi de sources de sécurité israéliennes.

La police israélienne a de son côté affirmé être toujours en train de « vérifier » les déclarations du chef du renseignement intérieur français Bernard Squarcini au quotidien Le Monde, selon lesquelles Mohamed Merah aurait été interpellé puis relâché à Jérusalem en 2010 en possession d’un canif. Mohamed Merah est arrivé en septembre 2010 par le pont Allenby, qui relie la Jordanie à la Cisjordanie, occupée par Israël, selon les sources sécuritaires israéliennes. Il a pu venir en compagnie d’autres ressortissants français, ont-elles précisé. Entré avec un visa de tourisme israélien, le jeune homme est reparti trois jours plus tard par le même pont Allenby, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Mohamed Merah aurait cité parmi les motivations de ses actes le sort des Palestiniens sous occupation israélienne, selon le ministre français de l’Intérieur Claude Guéant et une journaliste de la chaîne France 24, qu’il avait appelée au téléphone. Les 11, 15 et 19 mars, le Toulousain de 23 ans a tué sept personnes à Toulouse et Montauban, dont trois parachutistes, trois écoliers et un enseignant de confession juive. Il a été tué jeudi lors de l’intervention du Raid dans son appartement où il s’était retranché.

Le degré d’implication d’Abdelkader Merah au coeur de l’enquête

– Publié le 26/03/2012 à 18:47

 
"J'ai vu qu'au Parti socialiste, on critiquait le Raid, mais il faut voir que ces gens ont risqué leur vie", a également affirmé M. Sarkozy, en dénonçant "tous ceux qui parlent à longueur de journée, les anciens policiers, les anciens gendarmes" et ceux "qui n'ont quand même pas une réputation telle qu'on devrait en faire des autorités morales" parce qu'ils sont "connus dans les affaires d'écoutes ou des Irlandais de Vincennes"

« J’ai vu qu’au Parti socialiste, on critiquait le Raid, mais il faut voir que ces gens ont risqué leur vie », a également affirmé M. Sarkozy, en dénonçant « tous ceux qui parlent à longueur de journée, les anciens policiers, les anciens gendarmes » et ceux « qui n’ont quand même pas une réputation telle qu’on devrait en faire des autorités morales » parce qu’ils sont « connus dans les affaires d’écoutes ou des Irlandais de Vincennes »

Une semaine après la tuerie de l’école juive à Toulouse, quatre juges d’instruction entament leurs investigations pour tenter d’établir le degré d’implication d’ Abdelkader Merah, frère aîné du tueur au scooter et personnage clef de l’enquête sur les sept meurtres, écroué dimanche.

Lundi, le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, l’enquête devra permettre de déterminer l' »exacte implication » d’Abdelkader Merah, qui réfute toutes les accusations. « Il y a des tas de zones d’ombre dans cette enquête, elle ne fait que commencer », a estimé M. Péchenard sur RTL.

Mohamed Merah, tué jeudi par les policiers du Raid qui assiégeaient son appartement toulousain depuis une trentaine d’heures, était seul quand il a, au nom du jihad et d’Al-Qaïda, froidement assassiné sept personnes à Toulouse et Montauban les 11, 15 et 19 mars.

Pour autant, les quatre juges antiterroristes nommés pour instruire cette affaire ont mis en examen Abdelkader Merah.

Sa mère et sa compagne étant ressorties libres de garde à vue, il est la seule personne détenue dans ce dossier, et ce à l’isolement à la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), selon une source syndicale.

Cet homme de 29 ans, connu des services de police pour son engagement de longue date en faveur d’un islam radical, est soupçonné de complicité d’assassinats pour les trois tueries et d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme.

Reste à déterminer la nature de cette complicité.

Abdelkader Merah est notamment poursuivi pour vol en réunion pour avoir participé avec son frère au vol le 6 mars à Toulouse du puissant scooter que Mohamed Merah a utilisé lors des tueries.

Il refuse d’être « le bouc émissaire »

De source proche de l’enquête, on indique qu’Abdelkader Merah a également fait, pour le compte de son frère, des achats d' »accessoires de motocycliste ».

Par ailleurs, selon une source proche de l’enquête, Abdelkader Merah aurait longuement dîné avec son cadet le 18 mars, la veille de l’attaque de l’école juive.

On indiquait cependant samedi que l’examen du contenu des ordinateurs d’Abdelkader n’avait rien révélé de probant et la perquisition de son domicile n’a mis au jour ni arme, ni explosif, selon cette même source.

Dimanche soir, son avocate, Me Anne-Sophie Laguens, a précisé que son client réfutait tous les chefs d’accusation et qu’il refusait de devenir « le bouc émissaire des actes de son frère », des crimes qu’il a, selon elle, « fermement » condamnés. « Il ne faudrait pas déplacer le procès qu’on aurait aimé faire à Mohamed Merah sur lui parce que c’est le seul qu’on ait en ce moment », a-t-elle ajouté.

« Il n’est pas du tout fier des actes de son frère comme ça a été dit un peu partout dans la presse », a-t-elle assuré. « C’est des fuites qu’il y a eu au niveau de la police mais qui n’étaient pas vraies et qui ont été déformées. »

Lundi, une source proche de l’enquête a réaffirmé à l’AFP que M. Merah s’était dit « très fier » des actes de son frère.

« Hors procès-verbal, il a dit +je suis très fier de ce qu’a fait mon frère+ », a affirmé cette source. « Sur PV, il ne le dit pas. »

Lundi, Nicolas Sarkozy, répondant aux critiques sur l’action de la police dans cette affaire, a affirmé sur France Info qu’après les tueries de Toulouse et Montauban, tous les services secrets, de renseignement et de police des démocraties étaient « sur les dents ».

Quatre jours après la mort de Mohamed Merah, l’incertitude demeure sur le lieu d’inhumation de sa dépouille. Sa famille en France est partagée entre la France et l’Algérie, d’où est originaire le père du tueur, a déclaré à l’AFP Abdallah Zekri un responsable régional du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le président de cette instance, Mohamed Moussaoui, a estimé que si elles avaient lieu en France, ces obsèques devraient être anonymes, « pour des raisons de sécurité.

Le Raid pris en otage ?

Le Point.fr – Publié le 26/03/2012 à 07:10 – Modifié le 26/03/2012 à 17:52

La cellule qui a mené l’assaut contre Mohamed Merah à Toulouse a-t-elle été gênée par la pression politique ? L’enquête du Point.fr.

Les hommes du Raid quittent la rue du Sergent-Vigné jeudi 22 mars après l'assaut contre l'appartement où était retranché Mohamed Merah.

Les hommes du Raid quittent la rue du Sergent-Vigné jeudi 22 mars après l’assaut contre l’appartement où était retranché Mohamed Merah. © Pascal Pavani / AFP

 

 

Il est 20 h 50 ce 21 février 1987. Le Raid est en position. La veille, le juge anti-terroriste Alain Marsaud est convoqué chez le ministre chargé de la Sécurité Robert Pandraud. Les quatre terroristes les plus recherchés de France ont été « logés » : « À vous de jouer Marsaud, on les veut vivants. » À 20 h 55, les hommes d’Ange Mancini, alors chef du Raid, pénètrent dans la ferme de Vitry-aux-Loges, un petit village de Sologne. Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani, pourtant lourdement armés, sont arrêtés sans heurts. C’est la fin d’Action directe, le groupe terroriste d’extrême gauche.

Ce jour-là, aucun ministre n’est présent sur les lieux. « Je tenais régulièrement le garde des Sceaux au courant de la situation, se souvient Alain Marsaud. Je ne suis pas intervenu dans la gestion de l’assaut : ça, c’était le travail du Raid. Chacun son métier », explique l’ancien juge, devenu depuis député UMP.

Le Raid s’est fait cornaquer

Autres temps, autres moeurs. Mars 2012 à Toulouse : pour l’arrestation de Mohamed Merah, le Raid se voit doter d’un porte-parole, en la personne du ministre de l’Intérieur, venu rendre compte à la presse, heure par heure, de l’opération. Le président aurait demandé que le tueur de Toulouse soit arrêté vivant coûte que coûte.

Le Raid, c’est l’unité « chouchou » de Nicolas Sarkozy : maternelle de Neuilly, arrestation d’Yvan Colonna. Les deux derniers patrons du Raid ont été promus, l’un préfet, l’autre directeur de cabinet du préfet de Paris. Selon un grand flic : « Il est clair que le Raid s’est fait cornaquer, l’assaut aurait dû être donné beaucoup plus tôt, une fois les négociations rompues. Là, on a attendu la main sur la gâchette jusqu’au ridicule. » « Si les politiques ne s’en étaient pas mêlés, le schéma aurait sans doute été celui de la souricière : on cerne le quartier, on planque, on attend que ça sorte et on tape. »

Abdelkader Merah serait détenu à la maison d’arrêt de Fresnes

Le Point.fr – Publié le 26/03/2012 à 14:38

Selon FO-pénitentiaire, le frère du tueur de Toulouse, mis en examen pour complicité d’assassinats, a été placé en isolement.

 

 

Abdelkader Merah, frère aîné du « tueur au scooter », est détenu depuis dimanche soir au quartier d’isolement de la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), a-t-on appris lundi de source syndicale. Abdelkader Merah « est arrivé vers 20 heures » dimanche à la maison d’arrêt et a été placé en quartier d’isolement, a précisé Vincent Le Dimeet, du syndicat FO-pénitentiaire.

Abdelkader Merah a été mis en examen et écroué dimanche pour complicité d’assassinats, des faits qu’il nie, refusant d’être un « bouc émissaire ».

 
 

EXCLUSIF. Le dernier voyage de Mohamed Merah

Le Point.fr – Publié le 26/03/2012 à 09:17 – Modifié le 26/03/2012 à 15:38

Le terroriste présumé était à Genève en février, selon des images montrées par un « grand frère ».

Mohamed Merah

Mohamed Merah © Capture d’écran / Sipa/France 2

 

 

Coiffé d’un bonnet « rasta », il fait du ski dans une station du Jura proche de la frontière suisse. Un mois avant les attentats de Toulouse et de Montauban commis par « le tueur fou au scooter », Mohamed Merah se trouvait dans la petite station des Rousses avec deux amis, les 9 et 10 février 2012. Les dates sont celles des photos et des vidéos enregistrées sur le disque dur d’un ordinateur portable Mac Book Air.

Les images ont été prises avec un iPhone par un « caïd » de la cité des Izards, colocataire occasionnel de l’appartement du 17, rue du Sergent-Vigné. Fin collier de barbe et petite moustache à la mongole, l’homme d’une trentaine d’années souhaite rester anonyme et s’attend à être interpellé par la police à tout moment. Comme Mohamed Merah, il a déjà fait de la prison. Nerveux, il fume Malboro sur Malboro avant d’aller chercher son ordinateur dans un ancien modèle d’une Clio grise garée à proximité du palais de justice de Toulouse. C’est finalement sur un banc de la place du Salin inondée de soleil, devant l’étal du petit marché du samedi matin, que nous visionnerons ces images d’une parfaite banalité. L’histoire racontée par bribes décousues par cet autre « grand frère » est moins banale.

Caméra embarquée

Selon notre interlocuteur, Mohamed a voulu acheter une caméra à la Fnac de Genève. Le grand magasin du centre-ville vend plusieurs modèles de caméras numériques embarquées, comme ces lunettes de soleil qui permettent de filmer (249 francs suisses) en skiant ou la fameuse « GoPro » (399 francs suisses) utilisée par les parachutistes pour filmer leurs sauts grâce à un harnais fixé sur la poitrine, selon Le Figaro. Ou fixée par une ventouse sur une moto par un chauffard qui voulait montrer ses exploits du côté de Montauban sur YouTube. Le « tueur au scooter » aurait filmé ses actions-commandos à Toulouse et à Montauban avec ce dernier type de matériel, selon les déclarations de Claude Guéant du mardi 20 mars, au lendemain de l’attaque de l’école Ozar-Hatorah. Mais Mohamed n’avait pas l’argent à Genève, et son protecteur assure qu’il a refusé de payer à sa place, estimant « trop cher » ce gadget « à 400 euros ».

Notre témoin, qui ne remet pas en cause l’implication de Mohamed Merah dans les attentats, pense que le jeune homme s’est procuré la fameuse caméra à leur retour à Toulouse. Il se demande où sont passées les images qui auraient été destinées à être diffusées sur Internet et qui a pu mettre la police sur la piste d’une caméra embarquée. Il a aussi beaucoup de ressentiment à l’encontre du jeune de la cité des Izards qui a vendu la vidéo d’un minirodéo de Mohamed Merah au volant d’une BMW à une équipe de France Télévisions. Lui affirme ne pas chercher à monnayer ses images, qu’il réserve à la mère du jeune homme abattu par les policiers d’élite du Raid. Sa démarche est ambiguë : il entend défendre l’image du jeune Mohamed, montré comme un gamin rieur et insouciant, mais aussi « le véritable islam ».

Mariage religieux

Comme Mohamed Merah, ce père de trois enfants dit avoir « lu le Coran en prison », mais sans s’interdire de boire ou de fumer à la sortie de la maison d’arrêt de Seysses, ni devenir un fidèle de la « mosquée » des Izards, en fait une simple cave « fréquentée par des vieux et des familles avec leurs enfants ». Il explique ses passages dans l’appartement de la cité Belle Paul, loué – 500 euros par mois – par Mohamed Merah dans le quartier de la Côte pavée, par une brouille avec sa dernière compagne, qui habite aussi le quartier, avenue Camille-Pujol. Deux de ses enfants sont scolarisés dans une école de ce secteur pavillonnaire plutôt huppé, très loin des cités HLM périphériques.

« J’ai souvent dormi chez lui », raconte l’homme qui se présente comme « rangé des voitures », créateur d’une société de location de véhicules sous le nouveau régime d’auto-entrepreneur. Serait-ce lui qui louait à son jeune protégé (1 000 euros par mois, selon la police) la Mégane et la Clio dans lesquelles les enquêteurs ont retrouvé tout un arsenal, dont l’arme (colt 45 de calibre 11,43) qui aurait servi aux trois attaques à scooter de Toulouse et de Montauban. « Il aimait jouer au Call of Duty sur sa PlayStation », confie le colocataire du 17, rue du Sergent-Vigné.

Notre homme mentionne aussi le passage d’une jeune femme dans l’appartement. Une mystérieuse « fiancée » fugitivement évoquée dans le tumulte médiatique de la semaine dernière. « Sa femme », assure l’ami intime de Mohamed Merah. L’union n’a pas été actée par un officier d’état civil et a tourné court en quelques jours. En dépit d’un mariage religieux qui aurait reçu l’assentiment des deux familles, la jeune femme aurait déserté l’appartement « pour retourner vivre chez son père à Blagnac ». « Elle ne voulait pas faire la cuisine et la vaisselle », rapporte notre témoin, jugeant cette déception domestico-sentimentale suffisamment grave pour que Mohamed « pète les plombs ». Difficile à avaler.

La jeune femme aurait téléphoné quelques heures après l’attaque de l’école juive depuis un train de banlieue de la région parisienne en parlant suffisamment fort pour être entendue, selon Le Figaro. D’après notre témoin, c’est elle qui a donné la caméra et les films à la police.

De notre correspondant à Toulouse, Stéphane Thépot
 
 

Terrorisme : Sarkozy reconnaît des « failles dans nos démocraties »

Le Point.fr – Publié le 26/03/2012 à 14:08

Selon le président-candidat, de nouvelles méthodes de prévention du risque terroriste doivent être pensées.

 

 

Nicolas Sarkozy a affirmé qu’après les tueries de Toulouse et de Montauban, tous les services secrets, de renseignements et de police des démocraties étaient « sur les dents », lundi à France Info. « Tous les services secrets, les services de renseignements, les services de police des démocraties sont sur les dents », a affirmé le président-candidat.

« Le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux ont reçu comme instruction d’engager systématiquement un travail d’évaluation », a dit Nicolas Sarkozy. Il a expliqué que c’était « très difficile à faire », puisqu’il faut respecter « l’équilibre permanent entre la liberté – tant que vous n’avez pas fait un délit, vous n’avez pas à être arrêté et mis hors d’état de nuire -, la sécurité et la protection que nous devons à nos concitoyens ». Cela « nous fait considérer qu’un certain nombre de voyages seront maintenant suspects et qu’il y a des éléments de commencement de preuves d’une dérive terroriste », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, depuis septembre 2001, on sait que des failles, dans nos démocraties, existent. Nous enquêtons systématiquement. Mohamed Merah avait été entendu par les services de police, à la suite d’un contrôle routier en Afghanistan. Mais il n’avait pas participé à un camp d’entraînement, n’avait pas participé à une université religieuse, il n’avait participé à aucune activité terroriste », a-t-il dit.

Les critiques « ridicules »

Mohamed Merah s’est « auto-radicalisé » par « l’intermédiaire d’Internet », ce qui l’a conduit « au terrorisme le plus brutal sans aucun avertissement et sans transition. À notre connaissance, il n’y avait pas de cellule », a également affirmé Nicolas Sarkozy. « La justice est en train d’enquêter pour savoir à quel point son frère Abdelkader est au courant, avait aidé, avait été partenaire pour le vol de la moto ou autre chose. Mais ce nouveau monde, cette présence d’Internet (…) doit nous amener à réfléchir sur l’ensemble de nos méthodes de prévention de tels risques », a-t-il ajouté.

« J’ai vu qu’au Parti socialiste on critiquait le Raid, mais il faut voir que ces gens ont risqué leur vie », a également affirmé Nicolas Sarkozy, en dénonçant « tous ceux qui parlent à longueur de journée, les anciens policiers, les anciens gendarmes » et ceux « qui n’ont quand même pas une réputation telle qu’on devrait en faire des autorités morales », parce qu’ils sont « connus dans les affaires d’écoutes ou des Irlandais de Vincennes ». Nicolas Sarkozy faisait ainsi allusion à Christian Prouteau, ancien chef du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale), qui a critiqué dans les médias la méthode employée par le Raid contre Mohamed Merah et qui a été impliqué, sous la présidence de François Mitterrand, dans ces deux affaires.

« C’était extrêmement difficile comme enquête. On devrait avoir le respect des gens qui ont risqué leur vie, et pas de donner le ridicule, du bord de la rivière, d’expliquer comment il fallait sauver la personne qui se noie en expliquant que celui qui a plongé dans la rivière pour aller la sauver ne nageait pas assez vite », a-t-il ajouté.

 
 

Nicolas Sarkozy veut défendre «l’honneur du Raid»

 

Publié le 24.03.2012, 17h30 | Mise à jour : 18h53

 

 

Nicolas Sarkozy a tenu une réunion publique à Rueil-Malmaison ce samedi.

Nicolas Sarkozy a tenu une réunion publique à Rueil-Malmaison ce samedi. | AFP/ERIC FEFERBERG

 

Deux jours après l’assaut du Raid contre Mohamed Merah, qui a revendiqué sept victimes en quelques jours dans la région  toulousaine, Nicolas Sarkozya affirmé samedi qu’il ne laisserait «personne remettre en cause l’honneur» des forces de l’ordre qui ont neutralisé le terroriste de 23 ans.

 

 Taclant François Hollande sur les questions de sécurité, il a également assuré que les lois antiterroristes qu’il propose «seront votées».

«Je n’ai rien oublié de ce que j’ai vu, de la douleur et de l’effroi dans les yeux des familles des victimes» et, «jusqu’à la fin de mes jours, ces images resteront présentes dans mon esprit. On ne peut pas s’habituer à telle souffrance», a également déclaré le président-candidat au cours d’une réunion publique à Rueil-Malmaison, qui réunissait quelque 3000 personnes, dont le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, candidat aux législatives à Boulogne-Billancourt.

Sarkozy rencontrera les hommes du Raid

Comme il l’avait fait à Strasbourg, Nicolas Sarkozy est longuement revenu sur les tragédies de Montauban et Toulouse. Il a fait allusion aux propos controversés de responsables socialistes. Jeudi, Jean-Jacques Urvoas, le Monsieur sécurité du PS, avait en effet mis en doute l’efficacité du Raid, tandis que le président du Conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, avait évoqué un «triple fiasco». Les deux socialistes avaient fini par s’expliquer sur leurs blogs respectifs.

«Je ne laisserai personne remettre en cause l’honneur du Raid et de forces de police qui ont mis fin» à «la trajectoire d’un individu monstrueux», a affirmé Nicolas Sarkozy dans son discours, ajoutant : «Je ne laisserai pas remettre en cause ces hommes qui veillent sur notre liberté». Et d’annoncer qu’il rencontrerait «tous ceux qui ont participé à ces opérations pour leur dire la fierté et la gratitude du peuple français».

Sarkozy  assure que ses lois seront votées

Alors que François Hollande a fustigé ce samedi le bilan du quinquennat en matière de sécurité, le président sortant a aussi estimé que son adversaire socialiste pouvait «s’indigner, tergiverser, hésiter, esquiver, finasser, refuser de voter les lois» qu’il propose, «c’est son droit mais ces lois seront votées si les Français choisissent de me faire confiance», a-t-il dit.

Après les tueries, le chef de l’Etat a en effet annoncé un renforcement de l’arsenal pénal destiné à lutter contre l’apologie du terrorisme et des idéologies «de haine». Il a précisé plus tard que ces faits seraient punis de «peines de prison» et affirmé que ces mesures seraient «les premières qu’il fera passer» s’il était réélu.

 

LeParisien.fr

 

Toulouse : Abdelkader, un frère à présent au coeur des soupçons

 

S’il nie avoir aidé son cadet, le frère de Mohamed Merah pourrait avoir joué un rôle au fil de son périple meurtrier.

Stéphane Sellami avec J.-M.D. et T.R. | Publié le 25.03.2012, 07h41

 
Levallois-perret (hauts-de-seine), hier. Abdelkader Merah et sa compagne ont été transférés dans les locaux de la sous-direction antiterroriste.

Levallois-perret (hauts-de-seine), hier. Abdelkader Merah et sa compagne ont été transférés dans les locaux de la sous-direction antiterroriste. | (lp/olivier lejeune.)

 

L’enquête sur l’affaire Mohamed Merahs’est accélérée, hier, deux jours après l’issue fatale de son face-à-face avec les policiers du Raid. Son frère aîné, Abdelkader, 29 ans, soupçonné de lui avoir prêté assistance et présenté comme une sorte de«guide spirituel », a été conduit dans la matinée avec son épouse Yamina, à la sous-direction antiterroriste (Sdat) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

 

Le couple devrait être présenté aujourd’hui à un juge d’instruction du pôle antiterroriste du tribunal de Paris. Les enquêteurs de la Sdat, épaulés par leurs collègues de la police judiciaire de Bordeaux, ont réuni un certain nombre d’éléments à l’encontre du grand frère du tueur, qui, même s’il nie avoir aidé son cadet, pourrait être mis en examen pour « complicité d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste».

Complice du vol du scooter. Selon les premières investigations, les frères Merah ont volé ensemble le scooter TMax530cm3, le6marsdansunerue de Toulouse. « Le propriétaire de l’engin venait de se stationner en laissant les clés dessus, précise une source proche de l’affaire. Il a détourné les yeux. Il n’a pas fallu plus de temps à un inconnu pour s’enfuir avec. »
Les policiers ont pu déterminer que Mohamed et Abdelkader se trouvaient sur les lieux des faits dans une même voiture. « L’aîné a également accompagné son cadet chez un concessionnaire Yamaha de la ville afin d’acheter des vêtements de motard, poursuit la même source. Ils en ont profité pour se renseigner sur la possibilité de désactiver le système de géolocalisation du TMax. » Les deux frères auraient aussi dîné ensemble, pendant près de trois heures, dimanche, veille de la tuerie de l’école à Toulouse.

Son portable détecté. Selon une source proche de l’affaire, le téléphone portable d’Abdelkader Merah aurait été détecté, le jour des faits, à proximité de l’école Ozar-Hatorah. C’est l’analyse de la géolocalisation du mobile qui aurait permis de le situer dans les environs de l’établissement scolaire.

Des liens possibles avec la revendication. Abdelkader Merah serait-il l’auteur du mystérieux message revendiquant les meurtres perpétrés devant l’école juive de Toulouse ? Les enquêteurs s’interrogent au regard du profil « idéologue » du suspect. Une organisation, baptisée Jund al-Khilafah (les soldats du califat), a revendiqué, jeudi, les meurtres des trois enfants et de l’enseignant. Le texte, posté sur le site Shamekh, qui diffuse généralement les communiqués d’Al-Qaïda, appelait les autorités françaises à reconsidérer notamment leur politique « hostile » aux musulmans.
Pour l’heure, l’exploitation de l’ordinateur portable d’Abdelkader Merah n’a rien donné. Aucune arme ni explosif n’ont été découverts à son domicile. « L’auteur des tueries a expliqué aux policiers du Raid avoir acheté ses armes grâce à de l’argent issu de cambriolages et de braquages, a détaillé, hier, Ange Mancini, le coordonnateur national du renseignement. Il a dit avoir dépensé environ 20 000 € pour les acquérir et pour payer aussi les locations de ses différentes voitures. » Alors que le plan Vigipirate a été levé hier dans la région Midi-Pyrénées, des hommages aux victimes de Mohamed Merah ont eu lieu à Lyon (Rhône) et à Rouen (Seine-Maritime). Cet après-midi, une marche interreligieuse est prévue à Toulouse, regroupant plusieurs responsables des communautés juive, musulmane et chrétienne

 

Le Parisien

Homonymes de Mohamed Merah, ils vivent un calvaire

 

R.B | Publié le 26.03.2012, 19h33 | Mise à jour : 19h56

 

 

Mohamed Merah est mort durant l'assaut donné par les hommes du RAID après 32 heures de négocations. Il est mort les armes à la main, a déclaré le ministre de l'Intérieur

Mohamed Merah est mort durant l’assaut donné par les hommes du RAID après 32 heures de négocations. Il est mort les armes à la main, a déclaré le ministre de l’Intérieur | (France 2.)

 

Messages malveillants, voire menaçants, harcèlement ou carrière en péril. Si pour la population l’angoisse est terminée après la mort du tueur de Toulouse et de Montauban, pour certains, le calvaire ne fait que commencer : s’appeler Mohamed Merah est devenu, depuis son identification, lourd à porter pour les homonymes français du «tueur au scooter».

 
 

C’est le cas pour un boxeur du Nord. Ainsi, Robert Pantigny, entraîneur de ce jeune boxeur de 24 ans originaire de la région de Douai (Nord), est inquiet de l’avenir sportif de son poulain : «Qui voudra mettre des affiches avec le nom de Merah maintenant?». Ce jeune boxeur qui sortait à peine de l’anonymat en commençant une belle carrière de boxeur se retrouve face à l’imprévu.

Confondu avec le tueur sur Facebook

«Avant, il remplissait facilement des salles de 1 000-1 200 personnes, mais après ça, est-ce que les gens voudront encore venir le voir? Il y a déjà plusieurs commerçants du Douaisis qui ont retiré les affiches du prochain combat (prévu le 20 avril, ndlr)», regrette son entraîneur. Sa photo a même été mise en ligne par un média anglophone, mercredi, avant de se rendre compte de la méprise. Juste un homonyme. Comme d’autres ont souffert, avant lui, de porter le nom d’un tueur en série.

«Aujourd’hui, il a envie qu’on le laisse tranquille et qu’on se concentre sur Mohamed Merah le boxeur, et non plus l’homonyme du tueur», a dit Robert Pantigny. Selon lui, tout est parti de «médias étrangers, qui ont fait des recherches (le confondant notamment sur Facebook) et ont dit que c’était lui le tueur de Toulouse».

Au-delà des conséquences sur sa carrière sportive, Robert Pantigny explique que Mohamed Merah «a reçu des centaines de menaces. Encore hier, quelqu’un a posté un message via notre (blog) disant qu’il fallait lui mettre un couteau sous la gorge et lui trancher la tête».

Des messages quotidiens sur leur répondeur

Ce calvaire est vécu de la même sorte par une famille, en Ardèche: «Tous les jours, nous avons des messages sur le répondeur de personnes qui disent, par exemple, qu’on a tué leur famille ! Il y a aussi des journalistes qui viennent frapper à notre porte. C’est absurde. Nous n’avons pas de famille à Toulouse, ni aucun lien de parenté avec lui», a expliqué la fille d’un Mohamed Merah, ardéchois, à l’AFP.

Un habitant de Meyzieu près de Lyon dans le Rhône, a lui aussi été «menacé de mort, avec des insultes». Il est allé déposer une main courante au commissariat et envisage de porter plainte. «On est trois cousins dans la famille à s’appeler Mohamed Merah, et tous ont reçu des messages malveillants», raconte-t-il.

Un autre Mohamed Merah, de Nancy, raconte: «quand j’ai vu mon nom apparaître partout à la télévision, j’ai été choqué». Et cet homme d’une trentaine d’années ajoute: «Mais je n’ai eu aucun appel. Je n’ai pas eu de véritables problèmes par rapport à ça. Seuls mes parents m’ont appelé, en me disant: Ne t’inquiète pas, le nom va s’oublier».

En région parisienne, dans le département des Yvelines, un autre Mohamed Merah, lui aussi très sollicité par les médias, fait savoir par l’un de ses proches qu’il ne souhaite plus répondre. Comme d’autres malheureux Mohamed Merah pourraient se trouver embêtés, par exemple pour voyager aux Etats-Unis, puisque leur homonyme figurait sur la «liste noire» américaine des personnes interdites de vols. Selon Christophe Naudin, criminologue, spécialiste de la criminalité identitaire, «rien ne dit que maintenant un autre Mohamed Merah ne serait pas empêché de prendre l’avion».

«On se sait pas distinguer entre deux homonymes. La seule manière serait de recourir à la biométrie simple (empreintes digitales, morphologie de la main et du visage, ADN) ou, mieux encore, à la biométrie multimodale (croisements de deux ou trois éléments, empreintes digitales et morphologie de la main)», détaille ce spécialiste.

Selon les pays et les langues, les homonymies sont plus ou moins courantes. La France compte 577 000 noms pour 70 millions d’habitants, explique Christophe Naudin, comparant l’Hexagone à la Chine, où l’on ne compte que 1 200 noms pour 1,350 milliard d’habitants. Et, selon ce spécialiste, «les noms d’origine arabe comptent également de nombreuses homonymies». Dont celui de Mohamed Merah.

 

LeParisien.fr

Exclusif. Al-Jazeera a reçu une vidéo des tueries de Mohamed Merah

 

Damien Delseny | Publié le 26.03.2012, 20h02

 

 

Mohamed Merah est mort jeudi à Toulouse après le meurtre de sept personnes, à Toulouse et Montauban.

Mohamed Merah est mort jeudi à Toulouse après le meurtre de sept personnes, à Toulouse et Montauban. | Eric Cabanis

 

Une copie des vidéos tournées par Mohamed Merah au coursde ses tueries a été envoyée au siège français de la chaîne qatari Al-Jazeera. Le courrier réceptionné dans les locaux de la télévision à la tour Montparnasse, qui contenait une carte mémoire accompagnée d’une lettre, a été remis ce lundi à la police judiciaire qui a authentifié la vidéo.

 

Le colis portait un cachet postal daté de mercredi dernier, c’est à dire au moment où le siège de l’appartement du tueur avait déjà débuté. Les enquêteurs essaient de savoir si la lettre a été postée mardi soir par Mohamed Merah lui-même ou par un complice mercredi matin.

 

Le Parisien

Exclusif. Al-Jazeera a reçu une vidéo des tueries de Mohamed Merah

 

Damien Delseny | Publié le 26.03.2012, 20h02

 

 

Mohamed Merah est mort jeudi à Toulouse après le meurtre de sept personnes, à Toulouse et Montauban.

Mohamed Merah est mort jeudi à Toulouse après le meurtre de sept personnes, à Toulouse et Montauban. | Eric Cabanis

 

Une copie des vidéos tournées par Mohamed Merah au coursde ses tueries a été envoyée au siège français de la chaîne qatari Al-Jazeera. Le courrier réceptionné dans les locaux de la télévision à la tour Montparnasse, qui contenait une carte mémoire accompagnée d’une lettre, a été remis ce lundi à la police judiciaire qui a authentifié la vidéo.

 

Le colis portait un cachet postal daté de mercredi dernier, c’est à dire au moment où le siège de l’appartement du tueur avait déjà débuté. Les enquêteurs essaient de savoir si la lettre a été postée mardi soir par Mohamed Merah lui-même ou par un complice mercredi matin.

 

Le Parisien

Mohamed Merah aurait souhaité être enterré en France

 

 

Publié le 26.03.2012, 13h44 | Mise à jour : 17h10

 

 

Mohamed Merah aurait souhaité être enterré l

Mohamed Merah aurait souhaité être enterré l | (DR.)

 

La famille en France du tueur de Toulouse et Montauban, Mohamed Merah abattu jeudi, était partagée lundi sur le lieu de son inhumation et aucune décision n’était encore prise, selon Abdallah Zekri, un responsable du Conseil français du culte musulman (CRCM).

 

Abdelghani Merah, un des frères du tueur, «m’a dit que Mohamed avait fait le vœu d’être enterré en France où il est né sans me préciser à quel moment cette volonté a été formulée. Il m’a sollicité en tant que responsable du CFCM et de la Grande mosquée de Paris afin de participer à une cérémonie qui doit se dérouler dans la discrétion», a rapporté ce responsable régional. Mais, a-t-il ajouté, la mère de Mohamed souhaite que son fils soit inhumé en Algérie «pour éviter que sa tombe soit saccagée». Selon lui, aucune décision n’était encore prise lundi en milieu d’après-midi.

Si les obsèques ont lieu en France, le Conseil français du culte musulman (CFCM) souhaite qu’elles soient anonymes, a déclaré son président, Mohamed Moussaoui. «Il est souhaitable que toute cérémonie se fasse dans l’anonymat pour des raisons de sécurité», a-t-il bien insisté. Il a jugé «prématuré» de s’interroger sur les éventuelles implications de cette inhumation.

Ses parents préfèrent une inhumation en Algérie

En Algérie, Djamel Aziri, l’oncle maternel du «tueur au scooter», a déclaré un peu plus tôt que des démarches étaient «en cours actuellement pour amener sa dépouille en Algérie et organiser ses obsèques» dans la région de Médéa (80 km au sud d’Alger) d’où son père est originaire. Il a précisé que «son père et sa mère sont d’accord pour enterrer Mohamed en Algérie». «Pour l’instant, il n’y a aucun obstacle. Il s’agit simplement de procédures en France», a-t-il ajouté.

Le père de Mohamed Merah, séparé de sa femme depuis 1994, est originaire du village de Bezzaz, dans la commune d’Essouagui, dans le département de Médéa, selon Djamel Aziri,. «Mohamed, le plus jeune de leurs enfants, avait alors tout juste six ans», au moment de la séparation, a-t-il précisé. Le père de Mohamed Merah vit actuellement entre la région de Tiaret (340 km à l’ouest d’Alger) -où il gère une société de matériaux de construction- et sa résidence est à Mouzaïa (60 km au sud-ouest d’Alger).

Selon son oncle, Mohamed Merah a séjourné pour la dernière fois en Algérie en 2010: «Il avait alors demandé à son père de lui acheter un appartement pour se marier mais il avait essuyé un refus». Le père n’entretenait pas de «solides relations» avec ses enfants depuis son divorce «à l’amiable», a ajouté Djamel Aziri,


Abdelkader Merah en isolement à Fresnes

Abdelkader Merah, frère aîné du «tueur au scooter», mis en examen et écroué dimanche pour complicité d’assassinats, est détenu depuis dimanche soir au quartier d’isolement de la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). Il a jusqu’ici nié les faits qui lui sont reprochés, refusant d’être un «bouc émissaire».

 

LeParisien.fr

Mohamed Merah avait préparé la diffusion des vidéos sur le Net

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Publié le 25.03.2012, 09h43 | Mise à jour : 16h39

 
Mohamed Merah (ici sur une vidéo amateur le montrant en train de parader en voiture) était, à l’adolescence, dans « une délinquance classique de jeune des cités », selon son avocat.

Mohamed Merah (ici sur une vidéo amateur le montrant en train de parader en voiture) était, à l’adolescence, dans « une délinquance classique de jeune des cités », selon son avocat. | (document exclusif france 2.).

 
Le voile se lève peu à peu sur la personnalité de Mohamed Merah, le tueur au scooter tombé jeudi sous les balles du Raid après avoir abattu sept personnes en moins de deux semaines.

 
 

Les policiers ont pu établir qu’il avait bien préparé la diffusion sur internet des vidéos de ses meurtres. Les préparatifs de Mohamed Merah pour diffuser ces vidéos n’ont a priori pas abouti. Mais il reste toutefois à le vérifier.

Mohamed Merah avait filmé chacune de ses tueries des 11, 15 et 19 mars à l’aide d’une mini caméra, une GoPro, habituellement utilisée par les plongeurs et sportifs de l’extrême pour filmer leurs exploits, avait révélé jeudi le procureur de la République de Paris François Molins. Cette caméra «dont il s’était sanglé», lui avait permis d’enregistrer des scènes «extrêmement explicites», avait-il ajouté. Une source policière a indiqué dimanche que les enquêteurs ont depuis vérifié que le tueur les destinait à une diffusion sur internet, accompagnée d’une revendication, selon l’AFP.

Il prenait un «plaisir infini» à tuer

Aux policiers qui tentaient d’obtenir sa reddition, pendant les longues heures de négociation, il a décrit le «plaisir» qu’il avait à tuer, et expliqué qu’il regrettait d’avoir manqué «la rentrée des classes à l’école juive» ce qui lui aurait permis de tuer plus d’enfants, rapporte le JDD.

Le journal, qui cite des policiers ayant participé à la négociation, dit ainsi le «plaisir infini» avoué par le meurtrier au cour de ses actions meurtrières. Il ne voulait pas finir en kamikaze pour pouvoir multiplier les actions «voir ses victimes», les «toucher» et les filmer, selon les enquêteurs.

Il devait s’attaquer à Paris

«Il a dit qu’il n’était pas passé par des camps d’entraînements collectifs, mais avait été formé sur mesure, une sorte de cours particulier», a affirmé au journal un enquêteur. Au cours de cette formation, «le jeune homme assure que son instructeur voulait qu’il commette des attentats sur Paris, mais qu’il avait choisi de commencer à Toulouse». Il avait le sentiment que «tuer un soldat français en France aurait le même retentissement que tuer dix soldats français en Afghanistan». Parmi les cibles qu’il avait identifiées, figurent le chef de brigade anti-criminalité de Toulouse et une policière de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui l’avait interrogé lors de son retour du Pakistan.

Il s’est aussi efforcé de mettre hors de cause son frère aîné Abdelkader en qui il «n’a pas arrêté de répéter qu’il n’avait pas confiance», selon les policiers. Réfutant l’influence de son aîné sur sa foi, il se présente comme un «autodidacte de l’Islam» qui a lu le Coran «seul en prison». Fin février, il avait loué deux voitures qui «étaient pré positionnées pour qu’il puisse continuer son road-movie meurtrier», a précisé un officier de police.

 

LeParisien.fr

Interrogations autour des obsèques de Mohamed Merah

 

Jean-Marc Ducos | Publié le 25.03.2012, 21h13

 

 

Les obsèques de Mohamed Merah (ici sur une vidéo amateur), tout comme le lieu de sa future sépulture, sont l'enjeu de tractations.

Les obsèques de Mohamed Merah (ici sur une vidéo amateur), tout comme le lieu de sa future sépulture, sont l’enjeu de tractations. | (DOCUMENT EXCLUSIF FRANCE 2.).

 

 

Les obsèques de Mohamed Merah, tout comme le lieu de sa future sépulture, sont l’enjeu de tractations. «Certains voudront sans doute se venger sur sa tombe. D’autres chercheront à en faire un lieu de pèlerinage. Et cela risque de renforcer les tensions encore. Mais les musulmans ne veulent pas payer les pots cassés de ce qu’il a fait», témoigne Adbelatif Mellouki, membre du bureau du Conseil réprésentatif du culte musulman de la région Midi-Pyrénées.

 

Le Crcm a d’ailleurs été consulté pour trouver une solution à ces difficultés. Le corps du tueur à scooter, responsable de l’assassinat de sept personnes dont trois enfants dans la région toulousaine en l’espace de huit jours, pourrait être rapatrié en Algérie où ce jeune né à Toulouse en octobre 1988 n’a pourtant jamais vécu. Les autorités consulaires de ce pays ont fait savoir qu’elles n’y étaient pas favorables. Une sépulture anonyme en banlieue toulousaine a été proposée à la famille dont la réponse n’est pas encore connue. Quant à l’enterrement dans un carré musulman, elle fait tiquer les représentants de la communauté qui redoutent des représailles sur les tombes voisines.

 

Le Parisien

Le frère du tueur à scooter écroué

 

 

 Abdelkader Merah, 29 ans, a été mis en examen hier pour complicité d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste et incarcéré. Il nie toute participation.

Stéphane Sellami | Publié le 26.03.2012, 08h32

 

 

Abdelkader Merah.

Abdelkader Merah. | Document M6

 

Abdelkader Merah, le grand-frère « spirituel » de Mohamed Merah, a passé sa première nuit en prison. Cet homme de 29 ans a été mis en examen hier en fin d’après-midi par des juges d’instruction du pôle antiterroriste de Paris pour « complicité d’assassinats », en lien avec les tueries de Montauban (Tarn-et-Garonne) et Toulouse (Haute-Garonne), « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme » et « volen réunion ».

 

La justice le soupçonne d’avoir prêté assistance au tueur à scooter tout au long de son périple meurtrier, qui l’a vu commettre sept assassinats en huit jours.

Au fil des quatre jours de sa garde à vue, Abdelkader Merah a nié avoir « apporté une quelconque aide à son frère cadet ». Selon son avocate commise d’office, Me Anne-Sophie Laguens, il a également condamné « les actes de son frère », alors que plusieurs sources avaient affirmé que l’aîné s’était dit « fier » des meurtres commis par Mohamed Merah.

« Mon client espère juste ne pas devenir le bouc émissaire des actes de son frère car c’est un peu ce qui est en train de se passer », relate Me Laguens. Abdelkader Merah a également affirmé de manière ferme, toujours selon son avocate, n’avoir jamais été « au courant des actes que comptait faire son frère ».

Mohamed Merah, alors retranché dans son appartement, avait révélé au négociateur du Raid « avoir toujours agi seul ». Il avait également ajouté ne « pas faire confiance » à son frère Abdelkader et donc ne pas s’être confié à lui.

Décrit comme calme et réfléchi

Par ailleurs, Me Laguens a décrit son client comme « calme et paisible ». « C’est quelqu’un de très réfléchi, de très raisonné, qui a beaucoup lu, a-t-elle poursuivi. On a beaucoup discuté puisqu’il n’a pas été déféré tout de suite […]. Il a une réflexion approfondie. Il tient aussi à ce qu’il n’y ait pas trop d’amalgames entre sa vision des choses et ce qu’a fait son frère. »

En revanche, l’avocate n’a pas souhaité s’étendre, « pour l’instant », sur la version de son client. « L’instruction est en cours et je ne trouve pas ça très intelligent pour l’instant d’en parler », a-t-elle poursuivi, précisant qu’elle reverrait Abdelkader Merah cette semaine.

« Il ne faudrait pas déplacer le procès qu’on aurait aimé faire à Mohamed Merah sur lui parce que c’est le seul qu’on ait en ce moment, a-t-elle cependant ajouté. C’est un peu l’impression qu’il a aujourd’hui, tout en étant conscient de la gravité des choses. » L’épouse religieuse d’Abdelkader Merah depuis 2006, Yamina, 30 ans, qui avait été placée en garde à vue comme lui mercredi, a été libérée samedi soir sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elle. La mère des frères Merah avait elle aussi été relâchée la veille. « Elle a confiance en son époux mais c’est une bombe qui lui explose aux yeux qu’elle ne sait comment interpréter, a souligné hier l’avocat de Yamina, Me Guy Debuisson. C’est catastrophique d’entendre que l’homme avec lequel elle vivait aurait une vie parallèle tout à fait secrète qu’elle ignorait totalement. »

L’instruction qui commence devra déterminer si Mohamed Merah a bénéficié d’autres complicités pour préparer ou financer ses crimes.

Mohamed Merah se savait surveilléMohamed Merah se savait surveillé

TOULOUSE (HAUTE-GARONNE) Jean-Marc Ducos | Publié le 26.03.2012, 08h21

Selon nos informations, Mohamed Merah avait repéré au moins trois voitures de police à proximité de son domicile. | (France 2.)

 

Dès le mardi 20 mars, plusieurs heures avant que les hommes du Raid ne se lancent à l’assaut de son appartement à Toulouse, Mohamed Merah avait, selon nos informations, repéré au moins trois voitures banalisées de police qui « planquaient » non loin de chez lui.

  Le tueur à scooter avait été identifié la veille, dans l’après-midi, grâce au recoupement des informations de la police judiciaire toulousaine et de la Direction centrale du renseignement intérieur.

Lors du siège qui a suivi le premier assaut de son domicile par le Raid, mercredi, à 3 heures du matin, Mohamed Merah a ainsi confié aux négociateurs avoir identifié ces trois véhicules, indiquant leur type, leur couleur et même des détails de leur plaque d’immatriculation. S’il se savait « logé » par les policiers, il a pourtant suivi ses habitudes, sans chercher à prendre la fuite. Le mardi après-midi, puis jusque tard dans la soirée, il est ainsi vu dans la cité des Izards, où il a grandi. Il y est vu circuler en voiture, puis sur la place centrale du quartier et même jouer au football avant qu’il ne regagne son domicile. A-t-il alors lui-même passé le coup de téléphone reçu à 1 heure du matin par la chaîne de télévision France 24 ? Au cours de cette conversation, depuis une cabine téléphonique située non loin du domicile de Merah, un homme à la voix calme et posée, qui se présente comme le tueur à scooter, revendique les attentats et livre des précisions sur le nombre de coups de feu tirés.

Son lieu de sépulture fait l’objet de tractations

Les investigations se poursuivent pour déterminer si Merah était bien l’auteur du coup du fil tandis que des doutes naissent sur l’efficacité de la surveillance policière dont il faisait l’objet. Se savoir pisté a, en tout cas, sans doute renforcé sa détermination à résister coûte que coûte aux hommes du Raid. Hier, un groupe de talibans pakistanais, le Tehrik e Taliban Pakistan, a fait savoir que Merah s’est entraîné dans un de ses camps, tout en niant être au courant de projets d’attaque en France. Une information qu’un haut responsable des services de renseignement français ne confirmait pas dans la soirée.

Quant à ses obsèques, et son futur lieu de sépulture, elles sont l’enjeu de tractations. « Certains voudront sans doute se venger sur sa tombe. D’autres chercheront à en faire un lieu de pèlerinage », témoigne Adbelatif Mellouki, membre du bureau du Conseil représentatif du culte musulman de la région, qui a été consulté pour trouver une solution. Son corps pourrait être rapatrié en Algérie où il n’a jamais vécu mais les autorités locales ont fait savoir qu’elles n’y étaient pas favorables. Une sépulture anonyme en banlieue toulousaine a été proposée.

Le Parisien.

La famille de Mohamed Merah veut qu’il soit enterré en Algérie

 

Publié le 26.03.2012, 13h44 | Mise à jour : 13h56

 

 

Mohamed Merah pourrait être enterré en Algérie.

Mohamed Merah pourrait être enterré en Algérie. | (DR.)

 

La famille algérienne de Mohamed Merah, le « tueur au scooter » abattu jeudi en France, a entamé des démarches pour le faire inhumer en Algérie, a annoncé lundi à l’AFP son oncle maternel Djamel Aziri.
«Il y a des démarches en coursactuellement pour amener sa dépouille en Algérie et organiser ses obsèques» dans la région de Médéa (80 km au sud d’Alger) d’où son père est originaire, a précisé M.

 

Aziri. «Son père et sa mère sont d’accord pour enterrer Mohamed en Algérie», a-t-il précisé.
«Pour l’instant, il n’y a aucun obstacle. Il s’agit simplement de procédures en France», a-t-il ajouté.
Le père de Mohamed Merah, séparé de sa femme depuis 1994, est originaire du village de Bezzaz, dans la commune d’Essouagui, dans le département de Médéa, selon M. Aziri. «Mohamed, le plus jeune de leurs enfants, avait alors tout juste six ans», au moment de la séparation, a-t-il précisé.
Le père de Mohamed Merah vit actuellement entre la région de Tiaret (340 km à l’ouest d’Alger) -où il gère une société de matériaux de construction- et sa résidence est à Mouzaïa (60 km au sud-ouest d’Alger).
Mohamed Merah, 23 ans, a été tué jeudi lors de l’intervention du Raid dans son appartement à Toulouse (sud-ouest). Il a abattu sept personnes, dont trois parachutistes, trois écoliers et un enseignant de confession juive à Toulouse et Montauban.


Abdelkader Merah en isolement à Fresnes

Abdelkader Merah, frère aîné du « tueur au scooter », mis en examen et écroué dimanche pour complicité d’assassinats, est détenu depuis dimanche soir au quartier d’isolement de la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne).
M. Merah «est arrivé vers 20H00» dimanche à la maison d’arrêt et placé en quartier d’isolement, a précisé l’AFP Vincent Le Dimeet, du syndicat FO-Pénitentiaire.
Abdelkader Merah nie les faits qui lui sont reprochés, refusant d’être un «bouc émissaire».

 

LeParisien.fr

Toulouse : cérémonie au collège Ozar Hatorah une semaine après la tuerie

 

 

Publié le 26.03.2012, 12h54 | Mise à jour : 13h48

 

 

Une cérémonie religieuse a réuni lundi matin les 200 élèves du collège-lycée juif de Toulouse Ozar Hatorah, une semaine après le meurtre de trois élèves et du père de deux d'entre eux commis par Mohamed Merah, a-t-on appris auprès de la responsable régionale du Crif.

Une cérémonie religieuse a réuni lundi matin les 200 élèves du collège-lycée juif de Toulouse Ozar Hatorah, une semaine après le meurtre de trois élèves et du père de deux d’entre eux commis par Mohamed Merah, a-t-on appris auprès de la responsable régionale du Crif. | AFP ERIC CABANIS

 

 
Une cérémonie religieuse a réuni lundi matin les 200 élèves du collège-lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse (Haute-Garonne), une semaine après le meurtre de trois élèves et du père de deux d’entre eux commis par Mohamed Merah.

 
 
Dimanche, 6 000 personnes avaient défilé dans les rues de la Ville Rose.

La cérémonie a eu lieu en présence de l’écrivain Marek Halter et de plusieurs élus, notamment le maire de Toulouse Pierre Cohen (PS) et le président du conseil général Pierre Izard (PS), «auxquels la communauté s’efforce d’expliquer les nécessités de sa sécurité», a indiqué Nicole Yardeni, la présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en Midi-Pyrénées.

Lors de cette cérémonie, qui n’était pas ouverte aux journalistes, «le rabbin a récité une prière à la mémoire des morts écrite en 1648 après des pogroms énormes commis par les Ukrainiens en Pologne et adaptée en citant les noms des victimes de Toulouse», a ajouté la responsable.

Montrer que la vie gagne sur tous les malheurs

Marek Halter a «rappelé aux élèves que la meilleure réponse à apporter à ceux qui veulent détruire les Juifs c’est de choisir la vie, donc les livres, donc l’éducation», a ajouté Mme Yardeni. Interrogé par France 3 sud à l’issue de la cérémonie, non loin des centaines de fleurs déposées près de l’établissement, Marek Halter a dit: «Vous avez vu le résultat de la haine, à quoi mène la haine, à quoi mène l’incompréhension de l’autre. A quoi mène tout cela !»

Pierre Cohen de son côté a déclaré: «Cette cérémonie était destinée à montrer que la vie gagne sur tous les malheurs et toutes les douleurs» de la semaine dernière. L’édile a par ailleurs décidé de désarmer sa police municipale après avoir permis la semaine dernière à ses fonctionnaires de porter des armes juste après les meurtres non-élucidés.

A l’ouverture du collège lundi 19 mars vers 8 heures, le tueur au scooter avait froidement abattu un enseignant en religion, Jonathan Sandler, 30 ans, ses deux enfants Gabriel (4 ans) et Arieh (5 ans) ainsi que la fille du directeur, Myriam Monsonego (7 ans)

 
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Abdelkader Merah nie avoir aidé son cadet mais l’a accompagné chez Yamaha

24/03/2012 – 16h58

 

 

Abdelkader Merah, frère aîné du « tueur au scooter » de Toulouse, nie avoir aidé son cadet à tuer ses sept victimes mais a indiqué aux enquêteurs l’avoir accompagné chez un concessionnaire Yamaha où il était client, a-t-on appris samedi de source policière.

Mohamed Merah s’était rendu le 6 mars chez Yamaha pour demander en vain comment désactiver le système de géolocalisation d’un scooter T MAX qu’il venait de voler.

Abdelkader Merah était présent au moment du vol du puissant scooter dont s’est servi Mohamed pour aller assassiner froidement trois enfants et un enseignants juifs et trois parachutistes en huit jours, et avec son frère chez le concessionnaire Yamaha, d’après une source policière, ajoutant qu’une complicité pourrait lui être reprochée pour ce vol.

L’examen du contenu des ordinateurs de l’aîné des frères Merah n’a pour l’heure rien révélé de probant et la perquisition de son domicile n’a mis au jour ni arme, ni explosif, a-t-on précisé de même source.

Abdelkader Merah, 29 ans, et sa compagne ont été transférés samedi matin du commissariat central de Toulouse au siège de la Sous-direction antiterroriste (SDAT), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Ces derniers éléments contredisent la version du concessionnaire Yamaha, qui ne fait pas état de la présence d’Abdelkader dans son commerce.

« Je confirme que c’est Mohamed Merah qui est venu seul à la concession, c’était le 6 mars, il a acheté une cagoule, nous avons retrouvé le ticket de caisse », a déclaré à l’AFP le patron de la concession, Christian Dellacherie.

« Il est venu nous questionner sur le moyen de désactiver la puce de géolocalisation : il nous a indiqué qu’il s’apprêtait à repeindre son scooter quand il était tombé sur un boîtier, il voulait savoir comment le désactiver, mais nous ne donnons aucune réponse à ce type de question », a dit M. Dellacherie.

Lors de sa garde à vue, Abdelkader Merah s’est dit « fier » des actes de son frère cadet, a-t-on appris de source policière. Lui et sa compagne, interpellés mercredi chez eux à Auterive, à 40 kilomètres au sud de Toulouse, devaient terminer tôt dimanche matin les quatre jours de garde à vue possibles en matière de terrorisme.

Ces moralistes qui ont couvé un monstre

Ces moralistes qui ont couvé un monstre

Par Ivan Rioufol le 21 mars 2012 10h38

Qui a couvé ce monstre ? A l’heure où j’écris ces lignes, mercredi matin, l’assassin des trois enfants juifs, d’un jeune rabbin et de trois parachutistes d’origine musulmane (rajout: dont un de religion catholique) ayant combattu en Afghanistan est toujours retranché dans un appartement à Toulouse, encerclé par le RAID. Ceux qui, dès lundi, ont accusé tout à la fois Marine Le Pen (Dominique Sopo, de SOS Racisme), les « pyromanes de l’identité française » (Bernard Henri-Lévy), « un climat de haine » (Corinne Lepage) ou « l’intolérance » menée par « ceux qui montrent du doigt en fonction des origines » (François Bayrou) se retrouvent confrontés à leur aveuglement et à leur lâcheté sur la montée en puissance de l’islam radical en France, si souvent dénoncé ici-même. Car le barbare, Mohammed Merah, 24 ans, Français d’origine algérienne, soutenu semble-t-il par un réseau familial, se réclame d’Al Qaïda, du jihad et de sa guerre menée contre l’Occident et les mécréants. Il est le prototype du nazislamiste qui avait fait se rapprocher naturellement, durant la dernière guerre mondiale, le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini et Adolf Hitler (voir De l’urgence d’être réactionnaire, page 137). Ceux qui mettent en garde, en vain, contre les germes d’une guerre civile en France seront-ils enfin entendus ?

Les accusateurs qui voulaient que la France silencieuse le redevienne vont devoir rendre des comptes. Ils sont les premiers responsables de cette tragédie qui était à redouter face à l’ampleur prise dans certaines cités par le repliement salafiste. Ce qui me rend furieux  est de voir les conséquences tragiques de la constante mauvaise foi de ceux qui, au nom d’une morale de pacotille,  ont toujours refusé de se confronter, comme Bayrou par exemple, à la crise de la cohésion nationale née d’une immigration impensée, d’un code de la nationalité angélique, de la survenue d’une idéologie totalitaire. Celle-ci trouve ses protections aussi bien chez les antiracistes au nom de la lutte contre l’islamophobie que chez Tariq Ramadan et ses alliés d’extrême-gauche au nom de la réislamisation des musulmans, de leur « visibilité » et d’un antisionisme suintant la haine du juif. Le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous !, exclusivement consacré à la mise en accusation d’Israël, est de ces conditionnements qui ne peuvent qu’exciter des esprits fanatisés par le mythe du juif tueur d’enfants, tel que l’affaire Al-Dura (l’armée israélienne accusée sans preuve d’avoir tué un enfant palestinien en 2000 sous la caméra de France 2) l’a propagé dans les médias. Aujourd’hui, les masques tombent enfin. A la campagne présidentielle de s’emparer sereinement du sujet.

EN IMAGES. La PJ dans l’appartement de Merah après l’assaut

EN IMAGES. La PJ dans l’appartement de Merah après l’assaut

Publié le 23.03.2012, 15h56 | Mise à jour : 16h45

Au lendemain de l’assaut du Raid dans l’appartement de Mohamed Merah, les services de police judiciaire ont effectué les dernières inspections sur les lieux pour relever les derniers éléments susceptibles d’alimenter l’enquête sur le profil et les motivations du « tueur au scooter ».

Le cordon installé autour de l’immeuble a été levé en début d’après-midi.

« Les opérations de police judiciaire dans l’appartement sont levées depuis 14 heures », avait auparavant déclaré Françoise Souliman, secrétaire générale de la préfecture de Haute-Garonne.

Des policiers gardaient toutefois l’entrée du 17 rue Vigné, ne laissant passer que les habitants venus constater l’étendue des dégâts chez eux.

Immédiatement après la levée du cordon policier, badauds et journalistes, tenus à l’écart depuis deux jours, se sont pressés devant l’immeuble situé au numéro 17 de la rue Vigné, dans le quartier de la Côte-Pavée, pour constater l’ampleur des traces laissées par l’assaut de la veille.

Les fenêtres de l’appartement de Mohamed Merah, situées sur un rez-de-chaussée surélevé, ont été bouchées, tandis que de nombreuses fenêtres de l’immeuble, jusqu’au quatrième étage, avaient volé en éclat. Les murs de l’immeuble étaient constellés de nombreux éclats de balles.

Les voitures stationnées sur le parking de cette copropriété privée, marquées d’impacts de balle et recouvertes de bris de vitre témoignaient de l’affrontement entre la police et le tueur.

LeParisien.fr

Mohamed Merah, marié religieusement, avait divorcé la veille de l’assaut

 

 

– Publié le 25/03/2012 à 19:46

Mohamed Merah s'était marié religieusement le 15 décembre avec une jeune femme de l'agglomération toulousaine avant d'engager une procédure de divorce entérinée la veille de l'assaut lancé par le Raid, a-t-on appris dimanche auprès de l'intéressée et d'un imam

Mohamed Merah s’était marié religieusement le 15 décembre avec une jeune femme de l’agglomération toulousaine avant d’engager une procédure de divorce entérinée la veille de l’assaut lancé par le Raid, a-t-on appris dimanche auprès de l’intéressée et d’un imam

Mohamed Merah s’était marié religieusement le 15 décembre avec une jeune femme de l’agglomération toulousaine avant d’engager une procédure de divorce entérinée la veille de l’assaut lancé par le Raid, a-t-on appris dimanche auprès de l’intéressée et d’un imam.

Le couple n’avait jamais été marié civilement, a-t-on indiqué de mêmes sources.

« Nous nous sommes mariés le 15 décembre et le divorce a été officiel le mardi 20 mars, deux jours avant sa mort », a dit la jeune femme à l’AFP lors d’un bref entretien téléphonique.

Pressée de s’exprimer sur Mohamed Merah, la jeune Toulousaine a expliqué qu’elle s’en tenait à la position de la famille Merah, qui refuse de faire la moindre déclaration.

Elle n’a pas non plus révélé quelle était la raison du divorce.

Mohamed Merah, 23 ans, a été tué jeudi lors de l’intervention du Raid dans l’appartement de la Côte Pavée où le couple avait vécu. Les 11, 15 et 19 mars, il avait tué sept personnes, dont trois parachutistes, trois écoliers et un enseignant de confession juive à Toulouse et Montauban.

 
 

Abdelkader Merah mis en examen pour complicité d’assassinats et écroué

 

– Publié le 25/03/2012 à 19:26

 
Abdelkader Merah, frère du "tueur au scooter", a été mis en examen et écroué dimanche notamment pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d'acte de terrorisme, a-t-on appris de source judiciaire

Abdelkader Merah, frère du « tueur au scooter », a été mis en examen et écroué dimanche notamment pour complicité d’assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’acte de terrorisme, a-t-on appris de source judiciaire

Abdelkader Merah, frère du « tueur au scooter », a été mis en examen et écroué dimanche notamment pour complicité d’assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’acte de terrorisme, a-t-on appris de source judiciaire.

Le frère aîné de Mohamed Merah, abattu jeudi par le Raid après avoir assassiné 7 personnes, dont trois enfants, a également été mis en examen pour vol en réunion, a précisé cette source.

Abdelkader Merah mis en examen pour complicité d’assassinats, association de malfaiteurs en vue de la préparation d’acte de terrorisme et vol en réunion

 

 

Le Point.fr – Publié le 25/03/2012 à 19:20 – Modifié le 25/03/2012 à 19:25

Le frère du tueur de Toulouse et de Montauban a été écroué à l’issue de sa présentation au juge.

 

Abdelkader Merah, frère du « tueur au scooter », a été mis en examen et écroué dimanche notamment pour complicité d’assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’acte de terrorisme, a-t-on appris de source judiciaire. Le frère aîné de Mohamed Merah, abattu jeudi par le Raid après avoir assassiné 7 personnes, dont trois enfants, a également été mis en examen pour vol en réunion, a précisé cette source.

Marches silencieuses après les tueries

Le Point.fr – Publié le 25/03/2012 à 16:30 – Modifié le 25/03/2012 à 18:28

Une marche contre le racisme et l’antisémitisme est organisée à Paris. Une marche interreligieuse est également prévue à Toulouse.

La marche silencieuse contre le racisme et l'antisémitisme organisée à Paris après les drames de Toulouse et de Montauban.

La marche silencieuse contre le racisme et l’antisémitisme organisée à Paris après les drames de Toulouse et de Montauban. © Joel Saget / AFP

 

 

Plusieurs milliers de personnes ont participé dimanche après-midi à Paris à une marche silencieuse « contre le racisme, l’antisémitisme et le terrorisme », pour rendre hommage aux sept victimes du « tueur au scooter », Mohamed Merah. Une marche inter-religieuse était par ailleurs prévue à Toulouse en hommage aux victimes de Mohamed Merah.

Sous un soleil au beau fixe, les manifestants ont marché de la place de la Bastille à celle de la Nation derrière une banderole où l’on pouvait lire « République unie contre le racisme, l’antisémitisme et le terrorisme ». Ils étaient plus de 20 000, selon les organisateurs, 2 800, selon la police, et se sont dispersés sans incident vers 17 heures. Certains avaient déployé un grand étendard bleu blanc rouge, d’autres portaient de petits drapeaux tricolores ou une main jaune, symbole de SOS racisme, à l’origine de cet événement avec l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), la Licra et l’association française des victimes du terrorisme. Le PS, le MRAP et le Scoutisme français s’étaient joints à l’appel.

Des personnalités sont venues se mêler au cortège : les artistes Yannick Noah et Jane Birkin, l’écrivain-réalisateur Yann Moix, la réalisatrice Yamina Benguigui, ainsi que des élus, parmi lesquels le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, le numéro deux du PS, Harlem Désir, le sénateur Jean-Vincent Placé (Europe Ecologie-Les Verts), ou encore le conseiller (Front de gauche) de Paris, Alexis Corbière.

« Attentat contre le vivre ensemble »

Yannick Noah a souligné la nécessité de « rassembler au-delà des clivages politiques » autour de cette marche. Harlem Désir a pour sa part a insisté sur le besoin de « marquer l’unité de la nation face au terrorisme et de se rassembler autour de valeurs républicaines ». Il a tenu à « mettre en garde contre toute exploitation de la terreur par l’extrême droite ». Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, les actes de Mohamed Merah représentent un « attentat contre le vivre ensemble ». Selon lui, avec cette marche, il était important de réaffirmer la dangerosité d’une idéologie fondée sur la haine » et que le pays « montre une capacité de réaction ». L’importance d’une « cohésion nationale » a été également soulignée par l’architecte Roland Castro, pour qui la campagne présidentielle devrait être axée sur « la notion de vivre ensemble ». L’ancien président de SOS Racisme, Fodé Sylla, a salué à travers cette manifestation « une belle preuve de fraternité et de générosité ».

Croisé dans le cortège, Patrick, un enseignant de 63 ans qui portait un drapeau tricolore, a aussi souligné la nécessité de « montrer une réaction laïque, solidaire et républicaine ». « Il faut dénoncer ces crimes, le racisme et la récupération qui peut être faite de cet événement (NDLR: la tuerie commise par Mohamed Merah), et mettre l’accent sur le vivre ensemble », a-t-il affirmé. « Cet acte de barbarie qui a pris pour cible des juifs et des militaires et se basait notamment sur une transposition du conflit israélo-palestinien, nécessitait une réaction nationale », a pour sa part affirmé dans un communiqué le président de l’UEJF, Jonathan Hayoun, rappelant que cette marche silencieuse était organisée « en solidarité » avec celle de Toulouse.

 

Abdelkader Merah, conscience radicale du tueur au scooter

Le Point.fr – Publié le 25/03/2012 à 18:00 – Modifié le 25/03/2012 à 18:19

Le frère de Mohamed Merah a été déféré pour « complicité d’assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ».

 

 

Soupçonné d’avoir offert une aide logistique à son frère cadet Mohamed, le tueur de Toulouse et Montauban, Abdelkader Merah est un islamiste radical qui a été associé à une filière de recrutement djihadiste vers l’Irak. Alors que son jeune frère était considéré comme un « voyou de banlieue », Abdelkader Merah « est plus impliqué dans le domaine religieux », « il a joué un rôle important » dans les orientations prises par le tueur au scooter, d’après un des nombreux enquêteurs. En l’absence du père, parti en Algérie alors qu’il était enfant, il est progressivement devenu le « chef » de la famille Merah.

Dans l’esprit des policiers, Mohamed était seul quand il commettait ses crimes, et Abdelkader Merah, 29 ans, a pu jouer un rôle dans le financement et l’approvisionnement en armes, voire en passant mardi soir l’appel de revendication à la chaîne de télévision France 24. Dans le bourg d’Auterive, à 40 km de Toulouse, où il s’était installé voici six mois, les voisins évoquent un homme « discret » dont la compagne Yamina Mesbah porte le voile islamique. Le couple vivait dans une maison sans âme au crépi rose pâle, en pleine campagne. Yamina, 30 ans, et Abdelkader Merah se sont mariés religieusement en 2006, mais pas civilement.

« Il a une barbiche, il est mince, de taille moyenne, pas le même style que son frère », décrit Hélène Provenzano, dont la maison est à quelques mètres. « Il était habillé à l’européenne », explique cette mère de famille, tandis que sa compagne, « encore plus discrète que lui », portait un voile « qui laisse apparaître le visage ». Cette voisine n’a discuté qu’une seule fois avec le frère du tueur au scooter mais l’a trouvé « très poli, courtois ».

Repéré en 2007

Abdelkader Merah est apparu en 2007 sur les écrans radars de la police quand il a été impliqué dans une filière d’acheminement de djihadistes en Irak, via la Syrie, sans être mis en examen après sa garde à vue. Le grand frère de Mohamed aurait fait des voyages en Égypte en coordination avec un des principaux mis en examen, Sabri Essid, le fils du compagnon de sa mère. Selon un juriste connaisseur du dossier de la communauté salafiste d’Artigat (Ariège), le nom d’Abdelkader Merah est apparu à de nombreuses reprises dans la procédure, qui a débouché sur un procès et huit condamnations, mais il a bénéficié d’un non-lieu.

À cette époque, Olivier Corel, surnommé le « cheikh », est également mis en cause, brièvement, dans cette affaire. Corel, considéré comme un salafiste par les services de renseignements, et sa femme reçoivent dans leur maison du petit village d’Artigat des jeunes Toulousains en quête d’éclairages sur l’islam et la loi coranique. Il a dit avoir reçu début 2012 la visite d’Abdelkader Merah et de sa compagne Yamina. Tandis que les femmes sont allées se promener, les deux hommes sont restés dans la maison pour réciter des versets du coran, relate Olivier Corel, un Syrien naturalisé français.

Après sa mise en cause dans cette affaire, Abdelkader Merah a remisé sa djellaba et adopté des tenues vestimentaires ne laissant pas entrevoir ses croyances religieuses. À Auterive, il était un habitué d’une salle de sport, où il se rendait le plus souvent vêtu d’un maillot aux couleurs de l’Olympique de Marseille. Les imams de la mosquée de Bellefontaine, fréquentée épisodiquement par les deux frères selon les enquêteurs, ne se souviennent ni d’Abdelkader ni de Mohamed Merah. Le problème de ces jeunes qui reviennent vers leurs racines musulmanes, note un imam toulousain, c’est qu’ils sont parfois « récupérés par des personnages obscurs » qui les manipulent.

 
 

Des « indices graves » contre le frère de Mohamed Merah

– Publié le 25/03/2012 à 17:57

 

PARIS (Reuters) – Le parquet de Paris a ouvert dimanche une information judiciaire pour « complicité d’assassinats », notamment, à l’encontre du frère aîné de Mohamed Merah, l’auteur des tueries de Montauban et Toulouse, précisant détenir des « indices graves » à son encontre.

Abdelkader Merah, âgé d’une trentaine d’années, a été présenté à un juge d’instruction antiterroriste en vue de sa probable mise en examen, après une garde à vue dans les locaux de la sous-direction antiterroriste (SDAT) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), près de Paris.

Interpellé mercredi avec sa compagne à leur domicile d’Auterive, à une quarantaine de kilomètres de Toulouse, et transféré samedi matin à la SDAT, Abdelkader Merah a achevé dimanche matin une garde à vue de 96 heures, durée maximale autorisée en matière d’affaires de terrorisme.

Sa compagne a pour sa part été libérée vers 04h30, a-t-on appris auprès de son avocat toulousain, Me Guy Debuisson, qui assure que la jeune femme ignorait tout de la double vie présumée d’Abdelkader Merah.

« Les investigations diligentées par les services de police ont permis d’établir à l’encontre de Merah Abdelkader l’existence d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable sa participation comme complice à la commission des crimes en lien avec une entreprise terroriste », précise le procureur de la République de Paris dans un communiqué.

L’information judiciaire est ouverte pour « complicité d’assassinats », « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’acte de terrorisme » et « vol en réunion » du scooter qui a servi à Mohamed Merah pour l’exécution de ses crimes – un militaire abattu le 11 mars à Toulouse, deux militaires tués et un grièvement blessé le 15 mars à Montauban, et un adulte et trois enfants tués devant une école juive le 19 mars à Toulouse.

Mohamed Merah, 23 ans, a été tué jeudi matin lors d’une opération du Raid contre le logement toulousain où il s’était retranché.

D’AUTRES COMPLICITÉS?

A ce stade de l’enquête, aucune charge ne peut être retenue à l’encontre de Zoulikha Aziri, la mère des frères Merah dont la garde à vue avait été levée vendredi soir à Toulouse, et de la compagne d’Abdelkader Merah, indique le parquet.

Lors de sa garde à vue à Toulouse, Abdelkader Merah s’était déclaré « fier » des actes commis par son frère, selon une source policière. Il a reconnu sa complicité dans le vol du scooter Yamaha T-Max tout en niant être au courant des projets meurtriers de son frère cadet, a-t-on ajouté de même source.

Le directeur de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), Bernard Squarcini, a déclaré qu’Abdelkader Merah avait effectué plusieurs séjours au Caire pour suivre des cours dans une école coranique. Il est fiché en France comme un intégriste religieux et avait été inquiété pour sa participation présumée à une filière d’acheminement de « djihadistes » en Irak il y a quelques années, sans être mis en examen.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si Mohamed Merah a bénéficié d’autres complicités. La justice a la conviction que Merah était seul lors des tueries mais l’enquête doit déterminer s’il a agi pour le compte d’une organisation et s’il a bénéficié d’un soutien logistique.

Sans emploi, Mohamed Merah disposait de nombreuses armes, avait effectué plusieurs voyages à l’étranger et loué deux voitures fin février en vue de perpétrer d’autres attentats, selon une source policière citée par Le Journal du Dimanche.

Selon un compte rendu, publié dans le JDD, des échanges via talkie-walkie que Mohamed Merah a eus avec les policiers du Raid, le jeune homme affirmait avoir agi seul après avoir été entraîné par un instructeur unique au Waziristan, région pakistanaise limitrophe de l’Afghanistan. Il disait ne pas avoir confiance en son frère.

SELON EVA JOLY, MERAH AURAIT PU ÊTRE ARRÊTÉ « BIEN AVANT »

Les taliban pakistanais (TTP) ont affirmé dimanche à Reuters par la voix d’un porte-parole que Mohamed Merah avait subi un entraînement dans un camp du groupe islamiste au Waziristan.

Mohamed Merah avait filmé tout ou partie de ses crimes et avait préparé la diffusion des images sur internet en les accompagnant d’une revendication, a-t-on précisé dimanche de source policière.

Selon une autre source policière, la mère du tueur a épousé le père d’un homme qui appartenait à un groupe de l’Ariège dont les membres ont été condamnés pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » en 2009. Les services de police auraient mis en évidence à partir de 2008 les liens entre les frères Merah et ce groupe, hébergé par un chef religieux autoproclamé, un Français né en Syrie surnommé « l’émir blanc. »

L’affaire a de nouveau dominé dimanche la campagne pour l’élection présidentielle, François Bayrou et Eva Joly estimant que les drames auraient pu être évités.

« La République a des questions à se poser » quand « un assassin désaxé », « repéré par tous les services », peut ainsi passer à l’acte, a déclaré le candidat du MoDem lors d’un meeting à Paris. La candidate écologiste, ex-magistrate, a pour sa part assuré sur Radio J que Mohamed Merah aurait pu être interpellé « bien avant » les crimes. « Il y avait parfaitement de quoi commencer une enquête préliminaire, (…) de faire une perquisition et de déterminer sa dangerosité », a-t-elle dit.

Plusieurs marches et rassemblements en mémoire des victimes des tueries étaient organisés dimanche en France, à Lyon, Strasbourg, Toulouse ou encore Paris, où plusieurs centaines de personnes défilaient en silence « contre le racisme, l’antisémitisme et le terrorisme ».

Sophie Louet avec Service France

 

 

Ce qui accuse Abdelkader Merah

Le Point.fr – Publié le 25/03/2012 à 09:14 – Modifié le 25/03/2012 à 17:38

Une information judiciaire a été ouverte à l’encontre d’Abdelkader Merah qui nie avoir été au courant des projets criminels de son frère.

Abdelkader Merah à son arrivée samedi matin à la SDAT (Sous-division antiterroriste) à Levallois-Perret.

Abdelkader Merah à son arrivée samedi matin à la SDAT (Sous-division antiterroriste) à Levallois-Perret. © Christophe Ena / AP/Sipa

 

 

Dans un entretien que nous accordé l’avocat de la compagne d’Abdelkader Merah, maître Debuisson a souligné que sa cliente, Yamina Mesbah, une musulmane à la pratique rigoureuse, était tenu strictement à l’écart des activités de son mari « Quand elle l’interrogeait, il répondait ça ne te regarde pas.« 

Info Le Point.fr. Selon une source proche de l’enquête, malgré les dénégations d’Abdelkader Merah, les policiers de la SDAT sont convaincus qu’il ne pouvait ignorer les projets de son frère. En effet, l’examen des portables des frères Merah révèle qu’ils ont été en contact téléphonique régulier durant tout le week-end précédant le massacre perpétré à l’école Ozar-Hatorah lundi 19 mars. Selon le Parisien, les deux frères auraient dîné ensemble la veille et le portable d’Abdelkader aurait été géolocalisé non loin du collège juif le matin de la tuerie. La dernière information ne nous a pas été confirmée. Par contre une source nous a confié que les frères Merah s’étaient bien vus le dimanche 18 mars.

Selon une information exclusive, le SRPJ de Toulouse enquête sur les connexions de Mohamed Merah au sein de la communauté des gens du voyage qui vit dans son ancien quartier. Selon les policiers, elle aurait pu lui permettre d’acheter des armes.

Le grand frère déféré

Ce matin, une information judiciaire pour complicité d’assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme a été ouverte à Paris à l’encontre d’Abdelkader Merah, frère aîné de Mohamed, le « tueur au scooter », annonce le parquet.

« Les investigations diligentées par les services de police ont permis d’établir à l’encontre de Merah Abdelkader l’existence d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable sa participation comme complice à la commission des crimes en lien avec une entreprise terroriste », précise le procureur de la République de Paris dans un communiqué. L’information judiciaire est ouverte pour « complicité d’assassinats », « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’acte de terrorisme » et « vol en réunion » du scooter qui a servi à Mohamed Merah pour l’exécution de ses crimes.

Sa compagne libérée

À ce stade de l’enquête, aucune charge ne peut être retenue à l’encontre de Zoulikha Aziri, la mère des frères Merah – dont la garde à vue avait été levée vendredi soir à Toulouse – et de la compagne d’Abdelkader Merah, indique le parquet. Très tôt ce même dimanche, Guy Debuisson, l’avocat de cette dernière, avait annoncé à l’AFP sa libération. « C’est un soulagement pour elle, mais elle est également effondrée car son mari va être déféré », a expliqué l’avocat. La veille, elle avait expliqué ne rien savoir des activités de son mari souvent absent. « Elle découvre la vie secrète d’un homme », a ajouté Guy Debuisson. « J’ai déjà dit qu’il n’y avait rien dans le dossier contre ma cliente, ce n’était pas un artifice, elle ignorait la vie réelle et secrète de son mari, sous réserve que ceci soit prouvé par l’enquête », a ajouté l’avocat.

« Il nie l’avoir aidé à tuer »

« En fonction des éléments qui ressortent de l’enquête, il paraît évident que le mari a les plus grandes chances d’être incarcéré », a-t-il estimé, au sujet d’Abdelkader Merah. Lors de sa garde à vue à Toulouse, Abdelkader Merah s’était déclaré « fier » des actes commis par son frère, selon une source policière, comme le révélait le Point.fr vendredi. Il a reconnu sa complicité dans le vol du scooter Yamaha T-Max tout en niant être au courant des projets meurtriers de son frère cadet, a-t-on ajouté de même source.
Les enquêteurs cherchent à déterminer si Mohamed Merah a bénéficié d’autres complicités mais le patron de la Direction centrale des renseignements intérieurs (DCRI), Bernard Squarcini, a dit dans Le Monde de samedi ne pas croire à l’existence d’un réseau.

La justice a la conviction que Mohamed Merah était seul lors des tueries mais l’enquête doit déterminer s’il a agi pour le compte d’une organisation et s’il a bénéficié d’un soutien logistique.