Sarkozy a « tourné sa veste » sur le halal

AFP Publié le 06/03/2012 à 20:21 Réactions (16)

La candidate FN à la présidentielle Marine Le Pen a fustigé aujourd’hui sur RFI un « changement brutal d’attitude » de Nicolas Sarkozy sur la question du halal, estimant qu’il avait « tourné sa veste », qu’il n’avait « pas de colonne vertébrale » et « aucune conviction ».

« Je ne crois pas du tout que le halal soit un sujet accessoire. C’est un sujet qui touche quand même quatre grands thèmes pour les Français: le problème de la laïcité, de la sécurité sanitaire, de la nécessaire transparence à l’égard des consommateurs et de la souffrance animale », a déclaré Mme Le Pen.

Comme on lui demandait si elle pensait que Nicolas Sarkozy « court » après ses idées, la présidente du parti d’extrême droite a répondu: « Si je ne pensais pas ça, c’est que je serais soit folle -et là pas seulement semi- soit aveugle, soit sourde ». Elle a pris l’exemple du débat sur la traçabilité de la viande halal, dénonçant un président « capable, le lendemain de ma déclaration sur le halal, de courir comme un dératé pour aller à Rungis (…) expliquer aux bouchers que Marine Le Pen raconte n’importe quoi. Et qui, quelques jours plus tard, manifestement au vu d’un sondage, change radicalement son fusil d’épaule, tourne sa veste et vient expliquer que pour finir c’est un sujet essentiel ».

« Je ne suis pas satisfaite, je suis inquiète », a poursuivi Marine Le Pen, à qui l’on demandait si cela la réjouissait. « Ce changement brutal d’attitude veut dire d’abord que cet homme n’a pas de colonne vertébrale et qu’il n’a aucune conviction. La seule conviction qu’il a, c’est la courbe des sondages », a-t-elle raillé.

Mme Le Pen s’est par ailleurs dite persuadée que la candidature du chef de l’Etat était vouée à l’échec. « Ce que je ressens sur le terrain, c’est que Nicolas Sarkozy, quelles que soient les circonstances, que je sois présente que je sois absente, ne peut pas gagner », a-t-elle avancé.

Sur sa chasse aux parrainages, la candidate du FN a affirmé craindre de devoir « porter l’effort jusqu’au dernier jour et peut-être même jusqu’à la dernière heure du dernier jour ». « On avance doucement », a-t-elle glissé.

Jean-Marie Le Pen traite Mélenchon de «voyou», lui propose un débat

Jean-Marie Le Pen président d'honneur du Front national à Nice, le 11 septembre 2011.

Jean-Marie Le Pen président d’honneur du Front national à Nice, le 11 septembre 2011. (Photo Valery Hache. AFP)

 

Le président d’honneur du Front national Jean-Marie Le Pen a traité dimanche Jean-Luc Mélenchon de « voyou » pour avoir pris « à partie une femme », Marine Le Pen jeudi sur France 2, et proposé un débat au candidat du Front de gauche à la présidentielle.

« Je trouve scandaleux qu’un voyou comme M. Mélenchon se croit autorisé à prendre à partie une femme », a déclaré M. Le Pen, commentant à l’émission Radio France Politique le face-à-face télévisé entre sa fille et le dirigeant du FG jeudi dernier. « Parce que ce sont des méthodes de voyou », a-t-il insisté.

Le dirigeant du FN a dit, semblant le regretter, que Mme Le Pen « n’a pas voulu, pour des raisons que je respecte, discuter avec Mélenchon ». « Moi, j’offre un débat à M. Mélenchon et je vais lui retirer son caleçon, et je vais montrer ce qu’il est: le candidat des communistes, qui ont du sang sur les mains jusqu’aux coudes ».

« J’attends M. Mélenchon dans un débat quand il veut, où il veut », a-t-il repris.

D’autre part, M. Le Pen a justifié la lecture qu’il avait faite, le week-end dernier à Lille, d’un poème de Robert Brasillach, fusillé à la Libération pour collaboration avec l’occupant nazi, récitant à nouveau ce poème à la radio.

Robert Brasillach, « c’était un journaliste, comme vous », a-t-il dit, tout en déclarant qu’il ne se croyait « pas obligé d’avoir les mêmes opinions » que « Je suis partout », un organe de presse antisémite où écrivait Robert Brasillach.

Au passage, le fondateur du FN s’en est pris à « la dictature de la pensée unique résistancialiste » et à « la mémoire obligatoire (qui) nous rappelle tous les deux jours la Shoah » entre autres événements.

Interrogé sur ce que pourrait être au premier tour de la présidentielle le résultat de Marine Le Pen, créditée de 15 à 17% des intentions de vote le plus souvent, Jean-Marie Le Pen a dit ne se faire « pas beaucoup de souci, d’autant qu’on sait que le score du Front national est toujours minoré (dans les sondages, ndlr) ». « C’est même la surprise du chef », a-t-il raillé.

Selon lui, contrairement à d’autres candidats, Mme Le Pen « a des boosters, des éléments qu’on allume pour l’accélération finale ».

A cet égard, a-t-il précisé, il y a « deux sujets sur lesquels le Front national est imbattable : l’immigration et l’insécurité ». Selon lui, « quand on va comparer (les propositions de Mme Le Pen sur ces points) avec le bilan (…) du président sortant, ça va faire des dégâts collatéraux ».

A propos des parrainages, le dirigeant du FN a affirmé que si sa fille ne les avait pas en nombre suffisant pour se présenter, « ce serait terrible pour tout le monde, y compris pour l’image de la France dans le monde, la stabilité de la République, la crédibilité de la République ».

Enfin, M. Le Pen s’est refusé à condamner la répression opérée en Syrie par le régime du président Al-Assad qui, a-t-il dit, « est aux prises avec une guerre civile ». Et en Libye, « je regrette la paix qui régnait » avant la chute du colonel Kadhafi, a-t-il aussi déclaré.