Marine Le Pen au Zénith de Paris: « Nous allons leur montrer qu’ils ont tort! »

Publié le 17.04.2012, 21h45

Marine Le Pen a promis mardi soir de faire mentir le

Marine Le Pen a promis mardi soir de faire mentir le « système », de « leur montrer qu’ils ont tort », en appelant à une mobilisation massive pour l’envoyer au second tour de la présidentielle, lors de son dernier et plus gros meeting de campagne au Zénith de Paris | Martin Bureau

Marine Le Pen a promis mardi soir de faire mentir le « système », de « leur montrer qu’ils ont tort », en appelant à une mobilisation massive pour l’envoyer au second tour de la présidentielle, lors de son dernier et plus gros meeting de campagne au Zénith de Paris.
Seule contre tous! Avec ce mot d’ordre, la candidate du FNà l’Elysée a pris un ton résolument populiste pour renvoyer une nouvelle fois dos à dos tous ses adversaires et se présenter comme l’unique « vote utile » de la présidentielle.

D’abord Nicolas Sarkozy, « hier candidat compulsif, aujourd’hui épuisé par ses mensonges », puis « le sénateur Mélenchon », copieusement hué, « qui magouille avec M. (Patrick) Buisson » et « rêve de finir sous-ministre d’un gouvernement socialiste ».
Puis, devant 6.000 partisans, ce fut le tour du candidat socialiste: « Il est beau le PS de François Hollande (…) qui a laissé la corruption gangrener des fédérations entières de son parti, voler les pauvres, qui va à Londres, à la City, rassurer le monde bancaire (…) et se fait adouber par le Financial Times qui le trouve très bien dans la politique de rigueur ».
Qualifiant le vote Sarkozy, qu’elle redoute, de « totalement inutile », elle a martelé que « le seul vote qui va compter », « c’est le vote Marine Le Pen », avant de lancer un « appel solennel » à « nos anciens », une catégorie qui lui résiste dans les sondages.
A cinq jours du premier tour, Marine Le Pen est créditée d’une moyenne de 15 à 16% d’intentions de vote par les enquêtes d’opinion, toujours au moins 10 points derrière le duo de tête. Seule exception intervenue dans la soirée, et accueillie avec satisfaction au FN, un sondage CSA a fait chuter Nicolas Sarkozy à 24% et remonter Marine Le Pen à 17.
« Nous allons leur montrer qu’ils ont tort », a promis Marine Le Pen, qui a fustigé les « sachants », « les experts », journalistes, sondeurs, en somme tout ce qu’elle a pu relier aux « élites mondialisées ».
« Messieurs les aristocrates du système, mettez un couvert de plus à votre table dimanche, le peuple s’invite à votre table », a-t-elle encore lancé. « On va gagner! On va gagner! », lui ont répondu ses fans.
S’attardant longuement sur sa dénonciation de l’Europe de Bruxelles, « rêve commun » selon elle de tous ses adversaires, elle a fait de « l’Etat-nation » le seul rempart pour sauver les systèmes de protection sociale. Puis elle a fustigé le débat que s’apprête à lancer la Commission européenne sur la relance de l’emploi, au besoin par une différenciation des salaires minimums par branches.
« Une bombe à fragmentation anti-sociale, l’anéantissement du droit du travail », a prévenu la présidente du FN, qui a fustigé l’euro mais n’a pas évoqué son projet de sortie de la monnaie unique.
Marine Le Pen a définitivement conquis la salle par son discours virulent sur l’immigration, agitant de nouveau le spectre du « Franco-Algérien » Mohamed Merah.
« Plus d’immigration, c’est plus de chômage, plus d’insécurité, plus de déficit budgétaire, plus de dette, une charge écrasante », a assuré la présidente du FN, qui s’est défendue de toute xénophobie. « Nous sommes passionnément francophiles! », a-t-elle clamé, avant que la foule des frontistes, chauffée à blanc, ne réponde comme dans un stade de foot: « On est chez nous! On est chez nous! On est chez nous! »
« Et parce que vous êtes chez vous, vous avez le droit de ne plus vouloir ces Franco-Algériens comme Mohamed Merah », a-t-elle alors répondu à son public.
Et comme un ultime appel à la mobilisation dans les urnes, Marine Le Pen a lancé: « Faites-vous entendre », « criez votre colère » et « bougez-vous! ».

Plus d' »avortements de confort » (Le Pen)

AFP Mis à jour le 08/03/2012 à 11:43 | publié le 08/03/2012 à 10:37

La candidate Front national, Marine Le Pen, qui envisage de dérembourser l’interruption volontaire de grossesse si la situation budgétaire l’exige, a déploré aujourd’hui sur France 2 que les avortements « de confort » semblent « se multiplier ».

Marine Le Pen avait annoncé lundi soir qu’elle prendrait la décision de dérembourser l’avortement en cas de besoins budgétaires, pour privilégier les actes médicaux « qui ne peuvent pas être évités ».

Sarkozy a « tourné sa veste » sur le halal

AFP Publié le 06/03/2012 à 20:21 Réactions (16)

La candidate FN à la présidentielle Marine Le Pen a fustigé aujourd’hui sur RFI un « changement brutal d’attitude » de Nicolas Sarkozy sur la question du halal, estimant qu’il avait « tourné sa veste », qu’il n’avait « pas de colonne vertébrale » et « aucune conviction ».

« Je ne crois pas du tout que le halal soit un sujet accessoire. C’est un sujet qui touche quand même quatre grands thèmes pour les Français: le problème de la laïcité, de la sécurité sanitaire, de la nécessaire transparence à l’égard des consommateurs et de la souffrance animale », a déclaré Mme Le Pen.

Comme on lui demandait si elle pensait que Nicolas Sarkozy « court » après ses idées, la présidente du parti d’extrême droite a répondu: « Si je ne pensais pas ça, c’est que je serais soit folle -et là pas seulement semi- soit aveugle, soit sourde ». Elle a pris l’exemple du débat sur la traçabilité de la viande halal, dénonçant un président « capable, le lendemain de ma déclaration sur le halal, de courir comme un dératé pour aller à Rungis (…) expliquer aux bouchers que Marine Le Pen raconte n’importe quoi. Et qui, quelques jours plus tard, manifestement au vu d’un sondage, change radicalement son fusil d’épaule, tourne sa veste et vient expliquer que pour finir c’est un sujet essentiel ».

« Je ne suis pas satisfaite, je suis inquiète », a poursuivi Marine Le Pen, à qui l’on demandait si cela la réjouissait. « Ce changement brutal d’attitude veut dire d’abord que cet homme n’a pas de colonne vertébrale et qu’il n’a aucune conviction. La seule conviction qu’il a, c’est la courbe des sondages », a-t-elle raillé.

Mme Le Pen s’est par ailleurs dite persuadée que la candidature du chef de l’Etat était vouée à l’échec. « Ce que je ressens sur le terrain, c’est que Nicolas Sarkozy, quelles que soient les circonstances, que je sois présente que je sois absente, ne peut pas gagner », a-t-elle avancé.

Sur sa chasse aux parrainages, la candidate du FN a affirmé craindre de devoir « porter l’effort jusqu’au dernier jour et peut-être même jusqu’à la dernière heure du dernier jour ». « On avance doucement », a-t-elle glissé.

M. Le Pen voudrait des observateurs

AFP Publié le 06/03/2012 à 20:36

La candidate du FN Marine Le Pen a évoqué aujourd’hui le souvenir de « fraudes massives » durant l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2002 et indiqué qu’elle pensait faire appel à des observateurs internationaux pour le scrutin de 2012. Sur RFI, Marine Le Pen a imputé l’impasse diplomatique actuelle en Syrie à l’attitude de la France vis-à-vis de Damas et de son allié russe.

« Ce n’est pas le meilleur moyen d’être entendu sur le plan diplomatique que de commencer à engager la conversation en donnant des leçons de morale, surtout quand on n’est pas soi-même irréprochable, ce qui est le cas de la France », a-t-elle déclaré. « En matière de démocratie, je ne suis pas sûre que la France soit bien placée en ce moment pour donner des leçons », a-t-elle souligné, en référence à sa quête des 500 parrainages pour se présenter, avant d’ajouter: « Pas plus qu’elle ne l’a été hier ».

« Parce que si on parle de fraudes, j’ai en mémoire la manière dont s’est déroulé l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2002 », qui opposait son père au président sortant Jacques Chirac, a expliqué Marine Le Pen. Invitée à préciser sa pensée, elle a fait état de fraudes « massives » à l’époque. « Il y avait des bureaux de vote entiers dans lesquels les gens n’avaient même pas le droit de prendre deux bulletins. Je vous le dis ».

« Je n’ai tellement plus confiance dans le fonctionnement démocratique français que si je suis candidate, je me pose la question de savoir si je ne vais pas demander à des organisations internationales –« des observateurs internationaux? » lui demande le journaliste, « exactement » répond-elle– de venir surveiller l’élection présidentielle », a enchaîné Marine Le Pen. « Si je suis candidate, je pense que je le demanderai », a-t-elle dit.

Marine Le Pen à l’aise face aux «vraies gens»

Par Guillaume Perrault Mis à jour le 06/03/2012 à 14:28 | publié le 06/03/2012 à 07:53 Réactions (369)
Marine Le Pen sur le plateau de Parole de candidat, avant l'enregistrement de l'émission le 5 mars.
Marine Le Pen sur le plateau de Parole de candidat, avant l’enregistrement de l’émission le 5 mars. Crédits photo : JOEL SAGET/AFP

La candidate du Front national était lundi l’invitée de l’émission Parole de candidat, sur TF1.

Marine Le Pen était plus à l’aise face aux «vraies gens» que face aux journalistes, lundi, sur le plateau de TF1, dans l’émission Parole de candidat. Confrontée à un panel représentatif de Français, la candidate du Front national s’appuie d’abord sur le pupitre transparent placé devant elle, comme un avocat à la barre du tribunal. Puis Marine Le Pen se détend et s’anime.

«Je ne comprends pas l’intérêt d’un retour au franc», l’interroge une chef d’entreprise. «Il n’y a que des avantages» à la sortie de l’euro, argumente la candidate du FN. Un cuisinier lui dit son opposition à l’apprentissage dès 14 ans. «Le principe de l’apprentissage, c’est d’apprendre», rétorque Marine Le Pen. «Ne serait-il pas préférable de laisser le droit du sol en France?», la questionne un Français d’origine maghrébine. Le ton devient alors conflictuel. Et la candidate du FN s’appuie d’une seule main sur le pupitre pour gagner en autorité. «Cette acquisition automatique de la nationalité française est une pompe à immigration, affirme la candidate du FN. La nationalité française s’hérite ou se mérite». Face à une commerçante qui l’interroge sur ses charges, Marine Le Pen se détend de nouveau et devient presque joviale.

La parole est ensuite aux journalistes. «Je marche sur mes deux jambes, répond la candidate du FN à une question du journaliste François Bachy qui l’interroge sur la cohérence de sa campagne. D’un côté le chômage, la dette, le pouvoir d’achat. De l’autre, l’immigration et l’insécurité». Le débat roule ensuite sur les questions économiques. Les objections de ses contradicteurs finissent par énerver Marine Le Pen. «Quoi qu’on dise, il n’y a pas de solution», raille-t-elle en prêtant ces réflexions aux journalistes qui lui font face. La candidate semble à deux doigts d’exploser. Mais elle finit par se contenir.

2012 : Marine Le Pen envisage de ne plus rembourser l’IVG

A écouter

POLITIQUE SANTÉ

Créé le 06/03/2012 à 13h48

Marine Le Pen sur le plateau de TF1 le 5 mars 2012, lors de l'émission "Parole de candidat"Marine Le Pen sur le plateau de TF1 le 5 mars 2012, lors de l’émission « Parole de candidat » / AFP / Joël Saget

  C’est une proposition qui va faire du bruit. Lors de l’émission « Parole de candidats », lundi soir sur TF1, Marine Le Pen a affirmé que, si elle accédait à l’Elysée, elle prendrait la décision de dérembourser l’avortement en cas de besoins budgétaires, pour privilégier les actes médicaux « qui ne peuvent pas être évités ». Le ministre du Travail et de la Santé Xavier Bertrand a aussitôt dénoncé « un recul sans pareil vis-à-vis des femmes ». Selon le site officiel de l’administration française (service-public.fr), le coût forfaitaire d’une IVG varie de 190 euros (IVG médicamenteuse en cabinet médical) à une fourchette de 250 à 450 euros (IVG chirurgicale). Sa prise en charge varie de 70 à 80%.

Pourquoi Mélenchon refuse de débattre avec Jean-Marie Le Pen

Ava Djamshidi | Publié le 05.03.2012, 16h10

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Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne débattront pas.

Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne débattront pas. | LP / HUMBERTO DE OLIVEIRA / OLIVIER ARANDEL

Le duel entre Jean-Luc Mélenchon et Jean-Marie le Pen n’aura pas lieu. La décision a été prise aujourd’hui lors d’une réunion de coordination de la campagne du Front de gauche. Après l’émission «Des paroles et des actes» sur France 2, le 23 février dernier,au cours de laquelle sa fille avait ostensiblement refusé de débattre avec l’eurodéputé, le leader historique du FN avait proposé à Mélenchon une explication publique : «Je vais lui retirer son caleçon, et je vais montrer ce qu’il est: le candidat des communistes, qui ont du sang sur les mains jusqu’aux coudes.

 » «Je suis déjà un Sans-Culotte», avait répondu l’intéressé sans dire s’il acceptait la joute.

Conseiller du candidat du Front de gauche, Eric Coquerel explique pourquoi Mélenchon a refusé :«Jean-Luc Mélenchon est un candidat à la présidentielle, Marine Le Pen aussi. Ils peuvent donc débattre entre eux. Mais un tel échange ne se fait pas selon le bon vouloir du père de la candidate ! Quant à Jean-Marie Le Pen, s’il veut se prêter à cet exercice, de nombreux cadres du Front de gauche seraient enchantés de lui apporter la contradiction. C’est un animateur de la campagne de sa fille : il pourra donc débattre avec un animateur de la campagne du Front de gauche. Mais il faut que chacun reste à sa place.

Jean-Luc Mélenchon est candidat depuis à peu près aussi longtemps qu’elle. Il est à 10% dans les sondages, sans compter qu’en termes de militants et délus, le Front de gauche est une force largement supérieure au Front national. C’est une manière de camoufler le fait qu’elle ne veut pas se mesurer à Jean-Luc Mélenchon. Ca n’a pas été pris au sérieux par les téléspectateurs. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que le père a réagi. Il a dû s’apercevoir que c’était une façon de faire infantile et il a dû vouloir essayer de rattraper la chose, ou montrer qu’il n’a pas confiance en sa fille. Mais on n’a pas à payer les problèmes de bisbilles internes du FN.

Oui, Jean-Luc Mélenchon est prêt à se confronter à Marine Le Pen. On veut un débat, candidat contre candidat. Et nous sommes d’ailleurs tout à fait disposé à organiser un tel échange. Nous lui renouvelons donc notre proposition de débat, d’autant que son père a l’air de trouver cela intelligent, même s’il n’est plus candidat. Mais peut-être a-t-il du mal à s’y faire !»

 

Marine Le Pen : « Je ne serai peut-être pas candidate »

Parrainages pour la présidentielle

Publié le 1 mars 2012 à 21h04
Mis à jour le 1 mars 2012 à 21h04

La candidate du FN Marine Le Pen a assuré jeudi soir n’avoir que 452 parrainages sur les 500 nécessaires pour se présenter à la présidentielle. Elle a lancé un appel aux maires.

La candidate du FN Marine Le Pen

La candidate du FN Marine Le Pen AFP/ALAIN JOCARD

« Je ne serai peut-être pas candidate à l’élection présidentielle », s’est alarmée jeudi soir Marine Le Pen. La candidate du Front national a en effet annoncé sur France 2 n’avoir recueilli pour l’heure que 452 parrainages d’élus sur les 500 nécessaires d’ici le 16 mars pour pouvoir concourir.

« Je ne les ai pas », a-t-elle lâché. Sur les 475 promesses de parrainages que son parti avait rassemblé jusque-là, « 23 maires sont revenus sur cette promesse. J’ai donc 452 parrainages » et « il m’en manque 48, c’est beaucoup ».

« Je ne sais plus quoi faire »

D’ici la date limite du 16 mars pour le dépôt des précieux parrainages au Conseil constitutionnel, « il nous reste dix jours ouvrables », a-t-elle souligné, en en appelant aux « maires qui peuvent refuser cette situation inadmissible ». « Je ne sais plus quoi faire de plus! », a lancé Marine Le Pen.

La candidate du FN a attribué ses difficultés au fait qu’elle est, selon elle, « la seule capable de bousculer ce système » qui « s’auto-élit et se remplace depuis 20 ans », et le « seul espoir des Français de changer les choses », face au « non choix que représente les siamois François Hollande et Nicolas Sarkozy ».
Marine Le Pen a aussi dénoncé les « agressions systématiques » dont elle serait victime à chacun de ses meetings. « Le ton de cette campagne est extrêmement décevant. C’est une succession de violences, d’injures verbales, d’agressions diverses et variées », s’est-elle indignée, en plaidant pour une « campagne apaisée ».

 

Marine Le Pen tacle Nicolas Sarkozy : « Où est-il le Kärcher ? »

M.P. | Publié le 04.03.2012, 10h09 | Mise à jour : 23h16

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Marine Le Pen a tenu un meeting à Marseille, axé sur l'autorité.

Marine Le Pen a tenu un meeting à Marseille, axé sur l’autorité.

Radicalisation des discours à droite pour Nicolas Sarkozy et à gauche pour François Hollande dans deux grands meetings, samedi, entente secrète de Merkel, Monti, Cameron contre François Hollande, nourriture hallal.

 .. A cinquante jours du premier tour, les sujets se multiplient dans l’actualité politique. Ce dimanche, les invités s’enchaînent. Jean-Luc Mélenchon ouvre la danse au grand rendez-vous Le Parisien-Aujourd’hui-en-France-I Télé-Europe 1. Bien décidé à se faire entendre dans un contexte politique enclin à une bipolarisation entre l’UMP et le PS. Peu après midi, c’est François Hollande qui a fait une sortie qui risque bien de se faire remarquer. « J’ai appris que le directeur sportif ou l’entraineur du PSG gagnait 6 millions d’euros par an, lance-t-il évoquant sans le nommer Leonardo. Est ce que le PSG a des résultats tels que le directeur doit être payé autant ? » Marine Le Pen, comme tous les dimanches, tient un meeting dans l’après-midi à Marseille. Dans une salle pleine à craquer avec quelques milliers de militants surchauffés, la candidate a taclé l’échec de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy. « Où est-il le kärcher ? », a-t-elle harangué.

A Marseille, Marine Le Pen promet le « rassemblement » dans « l’autorité »

Sous le regard de son père Jean-Marie Le Pen, présent à Marseille où il est élu, Marine Le Pen a poursuivi son discours en estimant "impossible d'assimiler une immigration aussi massive que celle que nous vivons depuis maintenant des décennnies".Sous le regard de son père Jean-Marie Le Pen, présent à Marseille où il est élu, Marine Le Pen a poursuivi son discours en estimant « impossible d’assimiler une immigration aussi massive que celle que nous vivons depuis maintenant des décennnies ».

Au lendemain d’une nouvelle offensive à droite de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, en meeting à Marseille, a attaqué le bilan du chef de l’Etat sur l’insécurité et promis de rétablir l’autorité, tout en se posant comme la rassembleuse d’une France en péril.

Fil directeur d’un discours de près d’une heure et demie, l’autorité de l’Etat a été déclinée sur tous les thèmes: sécurité, immigration, école, souveraineté économique face à l’Europe etc, dans une salle de 3.000 places pleine à craquer, au parc Chanot.

« Où est-il le Kärcher, où est-elle la lutte promise contre la violence? », a demandé la leader frontiste, vêtue de noir, dans une ville où le FN fait ses meilleurs scores et où le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, est attendu lundi, après trois homicides par balle en deux jours cette semaine.

Moquant les ministres qui viennent « pleurer des larmes de crocodile » dans la cité phocéenne, elle a promis la « tolérance zéro », avant de décliner son arsenal sécuritaire, déjà annoncé durant la campagne.

Ainsi, elle s’est offerte plusieurs ovations en promettant de mettre la main sur les « 5.000 chefs de bande » qui règneraient sur les quartiers, de supprimer toute aide sociale « aux récidivistes délinquants et aux criminels », de refuser toute remise de peine et en souhaitant que « les délinquants étrangers effectuent leur peine dans leur pays d’origine ».

« Une peine pour le délit commis et une peine pour cette trahison » à « l’hospitalité » de la France, a-t-elle lancé, devant des partisans de plus en plus chauds. Lorsqu’elle a évoqué les peines de prison, un groupe dans le public a lancé: « A Cayenne! A Cayenne! A Cayenne! ».

Sous le regard de son père Jean-Marie Le Pen, présent à Marseille où il est élu, Marine Le Pen a poursuivi son discours en estimant « impossible d’assimiler une immigration aussi massive que celle que nous vivons depuis maintenant des décennnies ».

Se faisant nostalgique des « immigrés italiens, polonais, espagnols ou portugais (qui) se sont donné les moyens de la véritable assimiliation », elle a fait le distinguo avec « certains étrangers (présents) depuis 30 ans sur notre territoire et (qui) n’ont jamais fait l’effort d’apprendre notre langue ».

Puis, sans nommer les musulmans, elle a pointé du doigt « certains étrangers (qui) revendiquent en tous lieux, y compris dans nos services publics leur appartenance religieuse », « imposant leurs exigences partout y compris dans les cantines scolaires, n’en déplaise à M. Guéant », qui a relancé une offensive sur le halal vendredi, avant Nicolas Sarkozy.

Puis elle a réaffirmé qu’elle ferait interdire tout « signe religieux ostentatoire » pour les « usagers » des services publics et non seulement les agents, évoquant les caisses d’allocations familiales ou les préfectures.

De l’identité à l’économie, Marine Le Pen a décrit une France en péril, soumise à « la loi des bandes et des banques » et promise à un avenir à la grecque.

« Le temps n’est plus au jeu des partis, il est au rassemblement des Français sur l’essentiel, il est à l’union nationale », a clamé Marine Le Pen à la fin de son discours, voulant tendre la main « à tous ceux qui », droite et gauche confondues, « ne veulent pas que la République s’évapore et que la France meure ».

Une mission selon elle trop exigeante pour ses rivaux, Nicolas Sarkozy, « homme coupé du peuple », où François Hollande, « brave radical de la IVe république ».

Après ces deux dernières piques, Marine Le Pen a fait monter son père à la tribune, lui laissant le premier rôle pour la traditionnelle Marseillaise. Le leader historique du FN a conclu par « vive Marine! vive la France! », sans le « vive la République » qu’ajoute normalement sa fille.

Quelques centaines de personnes avaient manifesté dans l’après-midi à Marseille contre sa venue.

EN DIRECT. Marine Le Pen veut rétablir« la tolérance zéro »

M.P. | Publié le 04.03.2012, 10h09 | Mise à jour : 16h14

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Marine Le Pen tient un meeting à Marseille, axé sur l'autorité. 

Marine Le Pen tient un meeting à Marseille, axé sur l’autorité.  | CAPTURE D’ECRAN.

.. A cinquante jours du premier tour, les sujets se multiplient dans l’actualité politique. Ce dimanche, les invités s’enchaînent. Jean-Luc Mélenchon ouvre la danse au grand rendez-vous Le Parisien-Aujourd’hui-en-France-I Télé-Europe 1. Bien décidé à se faire entendre dans un contexte politique enclin à une bipolarisation entre l’UMP et le PS. Peu après midi, c’est François Hollande qui a fait une sortie qui risque bien de se faire remarquer. « J’ai appris que le directeur sportif ou l’entraineur du PSG gagnait 6 millions d’euros par an, lance-t-il évoquant sans le nommer Leonardo. Est ce que le PSG a des résultats tels que le directeur doit être payé autant ? » Marine Le Pen, comme tous les dimanches, tient un meeting dans l’après-midi à Marseille.

Suivez minute par minute ce dimanche politique sur leparisien.fr

16 heures. « Je sais qu’il est difficile de quitter ses coutumes, sa langue, mais telle est la règle a laquelle nous n’aurions pas du déroger», explique Marine Le Pen, dans une longue litanie sur l’immigration. «Il est impossible d’assimiler une immigration aussi massive que celle que nous vivons : 10 millions en 30 ans. (…) Certains étrangers sont depuis 30 ans sur notre territoire et n’ont pas fait l’effort d’apprendre notre langue »

15h45. «Plus aucune prestation sociale ne sera versée aux récidivistes délinquants et aux criminels», enchaîne Marine Le Pen. Selon le FN, plus de «4000 personnes» assistent aux meeting.

15h40. Marine Le Pen veut rétablir «la tolérance zéro». «Que les policiers et les gendarmes sachent que je ne les laisserai jamais tombé», assure-t-elle, avant de rajouter que «les remises automatiques de peine seront supprimées». Et elle s’amuse en citant le discours tenu hier à Bordeaux par Nicolas Sarkozy, assurant qu’elle a fait des «adeptes». Celle qui cible «les zones de non-droit», déclare la guerre «aux 5000 les chefs de bande». «Il faut aller les chercher, les juger»

15h35. Marine Le Pen : «L’ordre public se révèle fragile, détérioré et gangréné».  Celle qui se présente comme «la candidate de la révolte populaire» prononce un discours où elle cible une nouvelle fois Nicolas Sarkozy et l’échec de sa politique de sécurité. « Où est-il le Kärcher ?», harangue-t-elle sous les huées de l’assistance. « A Marseille, vous avez droit à la sécurité comme tous les compatriotes en tous lieux de France», assure-t-elle en évoquant les derniers faits divers qui ont émaillé la ville. Jean-Marie Le Pen, le président du FN est présent dans la salle, pour ce meeting axé sur l’autorité.

15h30. «Marseille, je t’aime», a crié Marine Le Pen en prenant la parole en introduction de son meeting dans la citée phocéenne. Pendant quelques minutes, la candidate n’a pas pu prendre la parole écoutant la foule scandait des « on est chez nous ».

Manifestation à Marseille contre la présence de Marine Le Pen

Le Point.fr – Publié le 04/03/2012 à 15:41

La présidente du Front national doit tenir un meeting dans la Cité phocéenne.

Quelques centaines de personnes ont manifesté dimanche après-midi à Marseille contre la politique et la venue de la présidente du Front national Marine Le Pen, attendue au même moment pour un meeting de campagne.

Quelque 200 à 300 manifestants (respectivement selon la police et les organisateurs) ont défilé, à l’appel d’organisations de gauche et de collectifs, notamment de solidarité avec le Maghreb, jusqu’à environ 1 km du centre de conventions où la candidate FN à la présidentielle devait prendre la parole en milieu d’après-midi. « Marseille est un carrefour des peuples, et la venue de Marine Le Pen ici est un symbole qu’il faut combattre », expliquait Stéphane Vinclair, secrétaire Paca du syndicat Sud-Pôle Emploi, tandis que le cortège reprenait le slogan « Nous sommes tous des enfants d’immigrés ».

« Quand Marine Le Pen parle de République, ce n’est pas de la même que celle dont nous parlons, celle où tous les citoyens ont leur place », disait Marie Batoux, porte-parole du Front de gauche dans les Bouches-du-Rhône, qui dénonce « une fumisterie » dans la « pseudo-fibre sociale » affichée par Marine Le Pen. « Elle n’a pas un mot sur la précarité, elle attaque ceux qui font grève au moment de la réforme des retraites, elle n’est absolument pas aux côtés des ouvriers », énumère-t-elle, citant aussi « la question des femmes, à qui elle propose un retour à la maison avec un salaire maternel sous le seuil de pauvreté ». « C’est la République des uns contre les autres », ajoute-t-elle.

L’union de façade des Le Pen ?

 

Le Point.fr – Publié le 04/03/2012 à 14:26 – Modifié le 04/03/2012 à 14:28

Jean-Marie Le Pen est l’invité surprise cet après-midi du meeting de Marine Le Pen à Marseille.

La père et la fille n'ont pas toujours eu des relations au beau fixe.La père et la fille n’ont pas toujours eu des relations au beau fixe. © Alain Jocard / AFP

Jean-Marie Le Pen veut couper le sifflet à ceux qui insinuent qu’il ne soutient pas à 100 % sa fille, candidate du FN à l’Élysée. Pour preuve : il sera aux côtés de Marine Le Pen dimanche après-midi lors de son meeting au parc Chanot de Marseille. Sa venue n’était pas prévue. Le président d’honneur du Front national et sa fille ont voyagé ensemble sur le vol Air France de midi avant de rejoindre les quelque 2 500 militants attendus pour le meeting.

Même si Jean-Marie Le Pen, conseiller régional de Paca (Provence-Alpes-Côte d’Azur), est dans son fief, l’image du père et de la fille unis pour porter les couleurs du FN à la présidentielle n’a rien d’anodin. En effet, depuis plusieurs jours, Jean-Marie Le Pen semble faire entendre sa propre musique, quitte à ce qu’elle sonne faux avec la partition écrite par Marine Le Pen. Un jour il cite Brasillach, un auteur collaborationniste ; un autre il propose un face-à-face à Jean-Luc Mélenchon, patron du Front de gauche, alors que sa fille a refusé de débattre avec ce dernier lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2. Pour couronner le tout, Jean-Marie Le Pen a du mal à défendre le programme économique de sa candidate et juge qu’elle a trop négligé les questions d’immigration au début de sa campagne.

Jean-Marie Le Pen, un atout pour la campagne

L’UMP a même tenté d’exploiter la faille. Dimanche matin, le ministre de la Défense Gérard Longuet a assuré qu’il préférait Jean-Marie Le Pen à sa fille. Et jeudi, Nicolas Sarkozy a laissé entendre que le « Menhir » avait été approché pour débattre contre lui mardi soir sur France 2.

Dimanche à Marseille, les Le Pen poseront pour une photo commune et montreront qu’ils sont unis malgré quelques divergences de vue. « Ils ont souvent des discussions franches et musclées tous les deux, mais c’est positif, car ils se disent ce qu’ils ont sur le coeur », confiait récemment Wallerand de Saint-Just, avocat et membre du FN. « C’est la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Il faut que Jean-Marie Le Pen le comprenne. Marine Le Pen a sa propre sensibilité. » Dans les rangs du FN, chacun est convaincu que Jean-Marie Le Pen reste un atout pour la campagne.

Halal : Guéant ne fait que répéter un argument de Sarkozy

Par Paul Larrouturou  |  03/03/12

« Propos nauséabonds » dit le PS. « Claude Guéant lit le prompteur de Marine Le Pen » selon Besancenot. Samedi, Claude Guéant provoque un déluge de réactions outrées après avoir redouté lors d’un meeting vendredi « que des conseillers municipaux étrangers rendent obligatoire la nourriture halal ».

 

Pourtant, il y a quelques jours, dans les colonnes du Figaro Magazine, , Nicolas Sarkozy employait exactement le même argument pour s’opposer au vote des étrangers lors des élections locales. Dans l’indifférence générale.

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Claude Guéant lit le Figaro Magazine

Proposé par Paul Larrouturou  | Sur     lefigaro.fr

Capture d’écran d’un extrait de l’interview de Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine paru le 11 février.

Comme l’écrivait Le Lab début décembre, sur le vote des étrangers, souvent Sarkozy varie. Pourtant depuis le début du mois dernier, c’est  certain, c’est tranché. Le président-candidat est contre. Et il a un argument massue.

 

Question du Figaro Magazine, dans son édition du 11 février : François Hollande propose d’accorder le droit de vote aux immigrés aux élections locales. Vous-même l’aviez envisagé par le passé…

 

Réponse de Nicolas Sarkozy :

 

Ce n’est vraiment pas le moment, avec tous les risques de montée du communautarisme. Le débat politique ne doit pas être communautarisé.

 

Si les étrangers extraeuropéens pouvaient voter en France aujourd’hui, songeons comment risquerait d’évoluer le débat municipal dans telle outelle commune : faut-il des cantines scolaires hallal ? Des piscines réservées aux femmes ? Est-ce cela que nous voulons ?

 

Ma réponse est non. Le droit de vote doit rester lié à la citoyenneté.

 

Trois semaines plus tard, en meeting près de Nancy, le ministre de l’Intérieur reprend cet argument de campagne :

 

Accepter le vote des étrangers, c’est la porte ouverte au communautarisme.

 

Nous ne voulons pas que des conseillers municipaux étrangers rendent obligatoire la nourriture halal dans les repas des cantines, ou réglementent les piscines à l’encontre des principes de mixité.

 

Claude Guéant ajoute cependant sa touche personnelle après ce copié-collé de l’argument du Président-candidat :

 

Chacun comprend que si on reçoit moins d’immigrés, les choses se passeront mieux.

Suivez le discours de Marine Le Pen à Marseille

Le 3 mars 2012 à 11h29, par Astrid de Villaines

 

La candidate tient un meeting au Parc Chanot dimanche 4 mars à 15h30. LCP retransmet en direct cet événement.

Alors qu’elle stagne dans les intentions de vote, Marine Le Pen organise un grand meeting à Marseille dimanche 4 mars. Comme à Lille, le 19 février dernier, le prix d’entrée est de 5 euros. Une participation que le FN justifie par son manque de moyens pour faire campagne. La candidate n’a toujours pas rassemblé ses 500 signatures mais semble confiante sur sa participation au premier tour : dans l’émission Des Paroles et Des actes jeudi 24 février elle a assuré que « cela viendra ».

Le meeting de Marine Le Pen au Parc Chanot de Marseille est à suivre en direct sur LCP à partir de 15h30

Et si Marine Le Pen n’avait pas ses parrainages ?

Présidentielle 2012

Publié le 2 mars 2012 à 15h48

La candidate du FN Marine Le Pen, engagée dans une course contre la montre pour rassembler les derniers parrainages, pourrait bien ne pas être en mesure de prendre part au premier tour de l’élection présidentielle. Avec un séisme politique à la clé.

La candidate du Front National a moins de deux semaines pour trouver les 48 signatures manquantes

La candidate du Front National a moins de deux semaines pour trouver les 48 signatures manquantes AFP/MARTIN BUREAU

Ce n’est plus un marathon, c’est un sprint qu’a entamé Marine Le Pen. La candidate du Front National, qui a annoncé jeudi soir sur France 2 qu’il lui manquait encore 48 signatures pour pouvoir se présenter, n’a plus que quelques jours pour rassembler les soutiens manquant. La date limite fixée par le Conseil constitutionnel pour déposer les dossiers est le 16 mars, « moins de 10 jours ouvrés » précise la candidate, faute de quoi le Front National n’aura pas de représentant à l’élection présidentielle. Marine le Pen a déjà mobilisé tous ses effectifs pour faire la chasse aux signatures. Elle en appelle désormais aux maires eux-mêmes. « Il faut qu’une cinquantaine de maires courageux, républicains, prennent leur plume et disent qu’on ne peut pas accepter cette situation », a-t-elle lancé sur le plateau du journal télévisé.

La situation embarrasse fortement les autres candidats. L’absence de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle passerait aux yeux de beaucoup d’électeurs pour un déni de démocratie, dans la mesure où les sondages lui donnent 15 % des voix. Personne ne veut endosser la responsabilité de cette absence, au risque de le payer dans les urnes.

Aucun candidat à son secours

Pour autant, aucun candidat ne semble prêt à céder une partie de « ses » signatures pour venir en aide à l’extrême droite. Le candidat du MoDem François Bayrou avait bien proposé le 12 février de réunir « les responsables des grands courants démocratiques » pour trouver une solution, mais son invitation n’a pas du tout suscité l’enthousiasme, que ce soit à l’UMP ou au PS.

François Hollande et Nicolas Sarkozy sont pourtant ceux qui ont le plus à perdre dans l’affaire. En cas d’absence de Marine Le Pen, le président de la République serait vraisemblablement en première ligne. Les candidats ne se priveraient pas de lui reprocher l’absence du Front National, ce qui pourrait nuire à son image et lui coûter de nombreuses voix. François Hollande n’est pas non plus gagnant dans l’affaire. Selon un sondage du JDD du 4 février, l’absence de Marine Le Pen entraînerait un report des voix sur le candidat de l’UMP, qui pourrait gagner jusqu’à 8,5 % de suffrages en plus. Un obstacle dont François Hollande se passerait volontiers.

 

 

Le LePenthon n’est pas fini, la collecte continue

Jeudi 1 Mars 2012 à 22:50 |

 

Journaliste à Marianne, il suit le Front National pour les campagnes 2012.

 

Plus que quinze jours avant le dépôt des parrainages devant le Conseil Constitutionnel. Pour Marine Le Pen, le compte n’y est pas. Pas encore. Il en manque 48, notamment en raison de promesses non tenues d’élus qui se sont désistés. La collecte prend une tournure de Téléthon.

 

(Marine Le Pen - ALFRED/SIPA)

(Marine Le Pen – ALFRED/SIPA)
Elle n’avait pas réussi à dépasser la barre des 300 à la mi-janvier ; quinze jours plus tard le compteur affichait 340 ; dans la dernière semaine de février les informations qui filtraient du QG du Front national laissaient penser que le chiffre de 430 était atteint. Jeudi soir, en exclusivité sur France 2 (une priorité au scoop qui a courroucé Jean-Jacques Bourdin qui le matin même sur BFM TV a tout fait pour obtenir le chiffre) à 15 jours de la date de dépôt officiel des parrainages devant le Conseil Constitutionnel, l’air grave, Marine Le Pen a annoncé : « J’aurais bien aimé me libérer de cette préoccupation, mais je n’ai pas les 500 parrainages. Je n’en ai que 475 parce que 23 maires qui s’étaient engagé à les donner se sont désistés au dernier moment. » Et joignant le geste à la parole, elle a brandi une liasse d’engagements, revenus vides, un rien menaçant à l’adresse de ceux qui seraient tentés de ne pas tenir parole.

Le manque de cadres a pénalisé la candidate

Le suspens qui rythme la campagne de la candidate du Front National est donc à son comble. Marine Le Pen sera-t-elle candidate ou devra-t-elle renoncer ? Au rythme où sont rentrés les promesses durant ces dernières semaines, la-pas-encore-officiellement-candidate ne devrait pas se faire trop de soucis. Et tous ceux qui, de gauche comme de droite, haussaient les épaules en estimant que « la fille nous refait le coup du père qui prétendait être victime d’un boycott et qui a toujours fini par avoir ses signatures, du moins en 2002 et 2007 » se vanteront d’avoir vu juste.

Reste que comme notre enquête l’avait révélé (Et si Marine Le Pen ne pouvait être candidate ? Panique à bord), Marine Le Pen et le Front national ont pêché par optimisme, s’illusionnant sur la dédiabolisation du parti et l’envolée dans les sondages de la future candidate, de quoi rendre les démarches  plus facile. Erreur : un maire ne se laisse pas convaincre sur un simple coup de fil, même s’il ne s’agit pas d’un soutien mais d’un coup de pouce démocratique. Et pour décrocher son précieux paraphe, il faut prendre son temps, le rencontrer, argumenter, et revenir à la charge. Et pour cela il faut des militants formés et expérimentés, ce dont le Front National semble manquer quelque peu.

L’appel au peuple des élus

« Je remets mon sort entre les mains d’une poignée d’hommes et de femmes, une cinquantaine. Sinon je risque de ne pas être candidate » a lancé Marine Le Pen, sur le ton d’un animateur d’un soirée du Téléthon quelques heures avant la clôture de la collecte. Elle a abandonné cette fois la thèse des pressions et du complot des partis UMP et PS qui, selon elle, verraient d’un bon œil qu’elle ne soit pas au rendez-vous. Quand même Corinne Lepage laisse entendre qu’elle pourra recueillir les 500 parrainages alors qu’elle ne dispose pas d’un véritable parti, l’argument laissait perplexe plus d’un élu.

Au Salon de l’Agriculture, les éleveurs votent Le Pen

Marine Le Pen en campagne

Publié le 2 mars 2012 à 19h16
Mis à jour le 2 mars 2012 à 19h25

Marine Le Pen a passé six heures vendredi dans les allées du salon de l’agriculture. Elle espère emporter le vote des petits producteurs.

Marine Le Pen souhaite mettre un terme à la Politique Agricole Commune

Marine Le Pen souhaite mettre un terme à la Politique Agricole Commune AFP/MARTIN BUREAU

Opération séduction au salon de l’agriculture. Marine Le Pen, la candidate du Front National, a passé 6 heures vendredi au salon de l’agriculture. Pas question de parler de parrainages : cette journée, la candidate d’extrême droite voulait la consacrer aux agriculteurs. Et alors que Dominique de Villepin, quelques heures plus tôt, avait fait une arrivée discrète, Marine Le Pen a elle été accueillie en rockstar : des sympathisants en liesse l’attendaient, aux cris de « Marine Présidente ! ».

Enthousiasmée par cet accueil, elle s’est présentée comme la meilleure alternative pour les agriculteurs français : « Les producteurs de lait ont des problèmes, les producteurs de fruits et légumes ont des problèmes, l’élevage a des problèmes. Le seul secteur qui se porte bien, c’est la grande distribution. » Marine Le Pen s’attaque à un sujet sensible. Les exploitants ont connu plusieurs années difficiles avec la crise, quand les cours des produits alimentaires se sont effondrés. Certains exploitants ont perdu des centaines de milliers d’euros et se sont retrouvé au bord de la faillite. Or beaucoup pointent justement du doigt les professionnels de la grande distribution qui, pour vendre des produits toujours moins cher, mettent la pression sur les agriculteurs.

Fidèle à ses positions anti-européennes, Marine Le Pen a également fait la promotion d’un abandon de la Politique agicole commune, la PAC, pour la remplacer par une politique agricole française. « plutôt que l’argent passe par Bruxelles pour être redistribué par des technocrates, qu’il soit directement redistribué par le gouvernement français », a-t-elle déclaré. Là encore, beaucoup de petits exploitants, qui pensent être floués par les quotas imposés par Bruxelles, pourraient bien se sentir proches de ce discours.

Marine Le Pen compte beaucoup sur cette journée pour élargir son soutien chez les agriculteurs. Selon un sondage Ifop-Fiducial pour le Journal du Dimanche publié le 24 février, le Front National est en deuxième position pour les intentions de vote avec 17 %, derrière l’UMP (40 %). Et pour accroitre son influence chez ces électeurs, elle a lancé cette semaine le site ruralite2012.fr, dont le seul objectif est de convaincre les Français qui se sentent proche de cette ruralité de voter pour elle.

Débat sur la viande halal

Ce déplacement a aussi été l’occasion de revenir sur la polémique de la viande halal. La semaine dernière, Marine Le Pen avait en effet déclaré que toute la viande vendue dans la région parisienne était d’origine Halal. Une thèse que réfute l’association interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev). Selon Dominique Langlois, président de l’Interbev, « L’abattage en Ile-de-France, c’est 4.000 tonnes par an, pour une consommation de 250.000 tonnes. » Marine Le Pen joue sur la confusion entre abattage et distribution : les quatre abattoirs d’Île-de-France se consacrent en effet entièrement à la viande halal. Mais il ne représentent qu’une faible proportion de la consommation de viande de la capitale. La candidate n’en démord pas pour autant : « À partir du moment où je ne sais pas ce qui est halal ou ce qui ne l’est pas, je considère que 100% peut être halal. »

 

Jean-Marie Le Pen traite Mélenchon de «voyou», lui propose un débat

Jean-Marie Le Pen président d'honneur du Front national à Nice, le 11 septembre 2011.

Jean-Marie Le Pen président d’honneur du Front national à Nice, le 11 septembre 2011. (Photo Valery Hache. AFP)

 

Le président d’honneur du Front national Jean-Marie Le Pen a traité dimanche Jean-Luc Mélenchon de « voyou » pour avoir pris « à partie une femme », Marine Le Pen jeudi sur France 2, et proposé un débat au candidat du Front de gauche à la présidentielle.

« Je trouve scandaleux qu’un voyou comme M. Mélenchon se croit autorisé à prendre à partie une femme », a déclaré M. Le Pen, commentant à l’émission Radio France Politique le face-à-face télévisé entre sa fille et le dirigeant du FG jeudi dernier. « Parce que ce sont des méthodes de voyou », a-t-il insisté.

Le dirigeant du FN a dit, semblant le regretter, que Mme Le Pen « n’a pas voulu, pour des raisons que je respecte, discuter avec Mélenchon ». « Moi, j’offre un débat à M. Mélenchon et je vais lui retirer son caleçon, et je vais montrer ce qu’il est: le candidat des communistes, qui ont du sang sur les mains jusqu’aux coudes ».

« J’attends M. Mélenchon dans un débat quand il veut, où il veut », a-t-il repris.

D’autre part, M. Le Pen a justifié la lecture qu’il avait faite, le week-end dernier à Lille, d’un poème de Robert Brasillach, fusillé à la Libération pour collaboration avec l’occupant nazi, récitant à nouveau ce poème à la radio.

Robert Brasillach, « c’était un journaliste, comme vous », a-t-il dit, tout en déclarant qu’il ne se croyait « pas obligé d’avoir les mêmes opinions » que « Je suis partout », un organe de presse antisémite où écrivait Robert Brasillach.

Au passage, le fondateur du FN s’en est pris à « la dictature de la pensée unique résistancialiste » et à « la mémoire obligatoire (qui) nous rappelle tous les deux jours la Shoah » entre autres événements.

Interrogé sur ce que pourrait être au premier tour de la présidentielle le résultat de Marine Le Pen, créditée de 15 à 17% des intentions de vote le plus souvent, Jean-Marie Le Pen a dit ne se faire « pas beaucoup de souci, d’autant qu’on sait que le score du Front national est toujours minoré (dans les sondages, ndlr) ». « C’est même la surprise du chef », a-t-il raillé.

Selon lui, contrairement à d’autres candidats, Mme Le Pen « a des boosters, des éléments qu’on allume pour l’accélération finale ».

A cet égard, a-t-il précisé, il y a « deux sujets sur lesquels le Front national est imbattable : l’immigration et l’insécurité ». Selon lui, « quand on va comparer (les propositions de Mme Le Pen sur ces points) avec le bilan (…) du président sortant, ça va faire des dégâts collatéraux ».

A propos des parrainages, le dirigeant du FN a affirmé que si sa fille ne les avait pas en nombre suffisant pour se présenter, « ce serait terrible pour tout le monde, y compris pour l’image de la France dans le monde, la stabilité de la République, la crédibilité de la République ».

Enfin, M. Le Pen s’est refusé à condamner la répression opérée en Syrie par le régime du président Al-Assad qui, a-t-il dit, « est aux prises avec une guerre civile ». Et en Libye, « je regrette la paix qui régnait » avant la chute du colonel Kadhafi, a-t-il aussi déclaré.