IGS : L’enquête se concentre sur une éventuelle falsification de pièces

 

Le Point.fr – Publié le 13/01/2012 à 13:45

Le procureur de la République de Paris François Molins a fait le point vendredi sur les investigations en cours.

Le siège de la préfecture de Paris. Le siège de la préfecture de Paris. © François Guillot / AFP

L’enquête sur la « police des polices » parisienne (IGS), soupçonnée d’avoir truqué des investigations pour écarter un haut fonctionnaire marqué à gauche, se concentre sur d’éventuelles falsifications de pièces et une violation du secret de l’instruction. Le procureur de la République de Paris François Molins a fait le point vendredi sur des investigations révélées mercredi par Le Monde et conduites « avec diligence » après les six plaintes avec constitution de partie civile déposées à Paris. Un seul policier est jusqu’à présent mis en examen.

Les plaintes ont été déposées notamment par des fonctionnaires de la préfecture de police (PP) de Paris, un temps mis en examen pour des soupçons de fraude aux titres de séjour avant d’être blanchis. Ils accusent l’IGS d’avoir truqué son enquête pour écarter durant la période de la présidentielle de 2007 Yannick Blanc, un haut fonctionnaire de la PP, proche de la gauche. Yannick Blanc et quatre fonctionnaires avaient été placés en garde à vue et ces derniers mis en examen. Deux de ces plaintes pour « faux en écriture publique par dépositaire de l’autorité publique », déposées par Yannick Blanc et une fonctionnaire, Dominique Nicot, visent des comptes rendus de synthèse des P-V d’audition lors des gardes à vue. Selon les plaignants, des déclarations ont été modifiées pour faire accroire qu’ils reconnaissaient des faits délictueux.

Mise en examen

Dans cette enquête, le commandant de police Jean-Pierre Delcher, « signataire apparent » des rapports, a été mis en examen en décembre, a précisé le procureur, insistant sur le fait que d’autres personnes n’avaient pas été mises en cause « en l’absence d’indices graves et concordants ». Interrogé en septembre 2010 par le juge, Jean-Pierre Delcher a nié être l’auteur du document incriminé. « Si on a décidé de mettre mon nom à mon insu (…) c’est que le ou les auteurs connaissaient l’état de santé physique et psychique qui était le mien. Il leur permettait de présager mon décès » dans un délai assez proche, a-t-il expliqué selon le P-V d’audition publié par le Point.fr. En revanche, le juge a estimé irrecevable une procédure dénonçant la retranscription altérée d’écoutes téléphoniques.

Une autre plainte, déposée par Christian Massard, l’officier de sécurité de l’ancien ministre PS de l’Intérieur Daniel Vaillant pour des violences présumées pendant sa garde à vue à l’IGS en 2007, a donné lieu à une enquête « proche de la clôture après investigations approfondies », selon le procureur. Dans cette enquête, un policier de l’IGS est témoin assisté. Une autre enquête pour violation du secret de l’instruction a été ouverte après une plainte de Bruno Triquenaux, subordonné de Yannick Blanc.

Dans ce dossier, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, a été entendu comme témoin assisté en tant que signataire de la lettre de suspension de ce fonctionnaire. « Je n’ai jamais eu accès aux procédures judiciaires de l’IGS », a répété Michel Gaudin dans un entretien au Monde daté de samedi. « Je n’appartiens à aucun clan », a-t-il ajouté, en niant que l’enquête de l’IGS ait visé M. Blanc, qui « n’a quitté ses fonctions qu’en janvier 2008 ». Michel Gaudin a récusé tout motif politique à un départ qui « aurait pu intervenir bien plus tôt et sans aucune contrainte de procédure, Yannick Blanc occupant un poste de haut fonctionnaire à la discrétion du gouvernement ». Jeudi, Yannick Blanc a demandé la réintégration de ses deux ex-subordonnées suspendues. Une source proche du dossier a assuré qu' »elles n’en ont jamais fait la demande ». Mais leur avocat, Me David Lepidi, a affirmé vendredi « avoir les preuves matérielles » d’avoir fait, à deux reprises, en mars et en mai 2011, une demande d’examen de leur situation.

Sexe, drogue et alcool : les étonnantes croisières Costa

Le Point.fr – Publié le 01/03/2012 à 13:03 – Modifié le 01/03/2012 à 17:53

Le quotidien italien « La Stampa » publie jeudi le récit déroutant d’anciens membres de l’équipage de la compagnie.

Sexe, drogue et alcool : les étonnantes croisières Costa

 

Deux ex-employés de Costa Crociere ont livré des témoignages accablants sur la compagnie, décrivant une atmosphère de débauche à bord, selon des fuites de l’enquête sur le naufrage du Costa Concordia le 13 janvier, publiées jeudi par La Stampa. « Les officiers et l’équipage étaient très souvent saouls », affirme Mery G., qui a travaillé sur le Costa Concordia pendant deux mois en 2010 avant de démissionner, dans un témoignage publié par le quotidien mais qui n’a pu être confirmé de source indépendante.

« On se demandait souvent pendant les fêtes qui sauverait le bateau s’il y avait une urgence », a-t-elle raconté, ajoutant avoir été victime de harcèlement sexuel de la part d’un membre d’équipage « complètement drogué ». Un autre témoignage provient d’une ex-infirmière, Valentina B, qui a travaillé, également en 2010, sous les ordres du commandant Francesco Schettino, à bord d’un autre bateau, le Costa Atlantica. Selon elle, « la corruption, la drogue et la prostitution » régnaient à bord. « J’ai vu de mes propres yeux des officiers prendre de la cocaïne », assure-t-elle, dénonçant au passage « les conditions de l’équipage, réduit à l’esclavage par les commandants ».

Tolérance zéro ?

Costa Crociere affirme pratiquer une politique de tolérance zéro à l’égard de la drogue à bord et assure mener des contrôles réguliers. Après le naufrage sur l’île italienne du Giglio, qui a fait 32 morts, la compagnie s’était défendue en affirmant que les personnels étaient régulièrement formés et entraînés à la sécurité et avait salué le courage de son équipage pendant la tragédie. Le commandant Francesco Schettino, qui a été placé en résidence surveillée, est poursuivi pour homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon du navire, et pour avoir omis de révéler aux autorités maritimes italiennes la gravité de l’incident.

Il est accusé d’avoir provoqué le naufrage en s’approchant trop près de la côte dans l’unique but de parader devant les habitants de l’île, puis d’avoir tardé à donner l’alarme et enfin d’avoir abandonné le navire alors que l’évacuation des passagers était encore en cours. Son second, Ciro Ambrosio, et sept autres employés de la compagnie Costa Crociere, dont de hauts dirigeants, sont également poursuivis dans le cadre de cette enquête.

 

A 12 ans, il a 7 identités et un CV de cambrioleur aguerri

Par , le 29 février 2012 à 13h25 , mis à jour le 29 février 2012 à 17h16

Parce qu’il avait l’air bien trop jeune pour conduire, les CRS ont contrôlé lundi un automobiliste qui prenait de l’essence sur une aire d’autoroute des Bouches-du-Rhône. Et là, ils sont tombés des nues.

L’air juvénile, au volant d’une grosse voiture, il s’apprêtait à faire le plein d’essence. Cela a turlupiné les CRS patrouillant sur l’autoroute A55 reliant Martigues à Marseille. Au hasard du contrôle de cet étonnant conducteur, ils sont allés de surprise en surprise.

Lundi, vers 11h45, sur l’aire de Gignac-la-Nerthe, dans les Bouches-du-Rhône. Les CRS décident de vérifier l’identité de celui qui paraît bien trop jeune pour conduire. En guise de papiers, le jeune homme, petit et trapu, leur présente une photocopie d’une carte d’identité italienne. D’origine croate, il ne parle pas français mais italien couramment. Les CRS tombent des nues : il a 12 ans et demi et il est recherché dans sept villes différentes du sud. Le tribunal pour enfants de Toulon le recherche pour soustraction à un contrôle judiciaire, ceux de Tarascon et Montpellier pour des vols aggravés et avec effraction…

Interpellé à plusieurs reprises

« Il est impliqué dans 26 affaires, pratiquement à chaque fois des cambriolages, et cela sur une seule identité« , raconte à TF1 News, le commandant César, de la CRS autoroutière de Provence. Une seule identité ? Oui, le garçon est fiché sous sept identités différentes. Il a un seul nom mais sept dates de naissance et sept prénoms. Ce lundi, il dit s’appeler « Busa ».

Il y a deux semaines, la justice d’Aix-en-Provence le soumet à un test osseux pour déterminer son âge. Résultat : il a entre 13 et 15 ans. L’adolescent a été interpellé à plusieurs reprises. Trop jeune pour être écroué dans un centre carcéral pour mineur, il est placé, à chaque fois, en centre éducatif fermé. Il y a fait long feu, s’en échappant à chaque fois au bout de 24 heures. Quand les CRS l’ont contrôlé à la station-service, il n’avait pas un sou en poche. « Il ne comptait pas payer son plein d’essence« , relate le commandant César. Une peccadille pour ce cambrioleur multirécidiviste.

Par Amélie Gautier le 29 février 2012 à 13:25