Carpentras : Marion Maréchal-Le Pen (FN) crée la surprise

Publié le 10.06.2012, 23h03

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carpentras (vaucluse), le 22 mai. La petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion, martèle son intention de « s’implanter durablement » dans la vie politique du Vaucluse »</p>
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carpentras (vaucluse), le 22 mai. La petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion, martèle son intention de « s’implanter durablement » dans la vie politique du Vaucluse » | .

A 22 ans, Marion Maréchal-Le Pen, petite-fille de Jean-Marie Le Pen, a déjà réussi son parachutage dans la 3e circonscription du Vaucluse (Carpentras Sud) : avec 34,63%, elle vire en tête au soir du premier tour, avec 4,6 points d’avance sur le député UMP sortant Jean-Michel Ferrand (30,03%), qui brigue son sixième mandat, et plus de 12 points sur la socialisteCatherine Arkilovitch (21,98%).

A moins d’un retrait, les trois candidats s’affronteront dimanche prochain dans une triangulaire.

Interrogée sur France 2, la jeune étudiante en droit a affiché sa satisfaction et sa confiance : «c’est la confirmation que le vote Front National n’est pas un vote de crise mais de conviction, majoritairement présent dans le Vaucluse». «Il est grand temps que les Vauclusiens obtiennent enfin le député auquel ils ont droit, à savoir un vrai député d’opposition», a ajouté la jeune femme de 22 ans.

Les résultats en intégralité :

I : 70.918
V : 44.301
E : 43.792
Abs : 37,53%

Bertrand Helleu (LO) 178 0,41%
Roger Martin (FG) 3.399 7,76%
Catherine Arkilovitch (PS) 9.624 21,98% BALL
Bernard Maunier (DVE) 767 1,75%
Bernard Hoffman (MoDem) 712 1,63%
Astrid Ducros (DVC) 796 1,82%
Jean-Michel Ferrand (UMP) 13.151 30,03% BALL
Marion Maréchal-Le Pen (FN) 15.165 34,63% BALL

LeParisien.fr

Pourquoi Mélenchon refuse de débattre avec Jean-Marie Le Pen

Ava Djamshidi | Publié le 05.03.2012, 16h10

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Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne débattront pas.

Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne débattront pas. | LP / HUMBERTO DE OLIVEIRA / OLIVIER ARANDEL

Le duel entre Jean-Luc Mélenchon et Jean-Marie le Pen n’aura pas lieu. La décision a été prise aujourd’hui lors d’une réunion de coordination de la campagne du Front de gauche. Après l’émission «Des paroles et des actes» sur France 2, le 23 février dernier,au cours de laquelle sa fille avait ostensiblement refusé de débattre avec l’eurodéputé, le leader historique du FN avait proposé à Mélenchon une explication publique : «Je vais lui retirer son caleçon, et je vais montrer ce qu’il est: le candidat des communistes, qui ont du sang sur les mains jusqu’aux coudes.

 » «Je suis déjà un Sans-Culotte», avait répondu l’intéressé sans dire s’il acceptait la joute.

Conseiller du candidat du Front de gauche, Eric Coquerel explique pourquoi Mélenchon a refusé :«Jean-Luc Mélenchon est un candidat à la présidentielle, Marine Le Pen aussi. Ils peuvent donc débattre entre eux. Mais un tel échange ne se fait pas selon le bon vouloir du père de la candidate ! Quant à Jean-Marie Le Pen, s’il veut se prêter à cet exercice, de nombreux cadres du Front de gauche seraient enchantés de lui apporter la contradiction. C’est un animateur de la campagne de sa fille : il pourra donc débattre avec un animateur de la campagne du Front de gauche. Mais il faut que chacun reste à sa place.

Jean-Luc Mélenchon est candidat depuis à peu près aussi longtemps qu’elle. Il est à 10% dans les sondages, sans compter qu’en termes de militants et délus, le Front de gauche est une force largement supérieure au Front national. C’est une manière de camoufler le fait qu’elle ne veut pas se mesurer à Jean-Luc Mélenchon. Ca n’a pas été pris au sérieux par les téléspectateurs. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que le père a réagi. Il a dû s’apercevoir que c’était une façon de faire infantile et il a dû vouloir essayer de rattraper la chose, ou montrer qu’il n’a pas confiance en sa fille. Mais on n’a pas à payer les problèmes de bisbilles internes du FN.

Oui, Jean-Luc Mélenchon est prêt à se confronter à Marine Le Pen. On veut un débat, candidat contre candidat. Et nous sommes d’ailleurs tout à fait disposé à organiser un tel échange. Nous lui renouvelons donc notre proposition de débat, d’autant que son père a l’air de trouver cela intelligent, même s’il n’est plus candidat. Mais peut-être a-t-il du mal à s’y faire !»

 

A Marseille, Marine Le Pen promet le « rassemblement » dans « l’autorité »

Sous le regard de son père Jean-Marie Le Pen, présent à Marseille où il est élu, Marine Le Pen a poursuivi son discours en estimant "impossible d'assimiler une immigration aussi massive que celle que nous vivons depuis maintenant des décennnies".Sous le regard de son père Jean-Marie Le Pen, présent à Marseille où il est élu, Marine Le Pen a poursuivi son discours en estimant « impossible d’assimiler une immigration aussi massive que celle que nous vivons depuis maintenant des décennnies ».

Au lendemain d’une nouvelle offensive à droite de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, en meeting à Marseille, a attaqué le bilan du chef de l’Etat sur l’insécurité et promis de rétablir l’autorité, tout en se posant comme la rassembleuse d’une France en péril.

Fil directeur d’un discours de près d’une heure et demie, l’autorité de l’Etat a été déclinée sur tous les thèmes: sécurité, immigration, école, souveraineté économique face à l’Europe etc, dans une salle de 3.000 places pleine à craquer, au parc Chanot.

« Où est-il le Kärcher, où est-elle la lutte promise contre la violence? », a demandé la leader frontiste, vêtue de noir, dans une ville où le FN fait ses meilleurs scores et où le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, est attendu lundi, après trois homicides par balle en deux jours cette semaine.

Moquant les ministres qui viennent « pleurer des larmes de crocodile » dans la cité phocéenne, elle a promis la « tolérance zéro », avant de décliner son arsenal sécuritaire, déjà annoncé durant la campagne.

Ainsi, elle s’est offerte plusieurs ovations en promettant de mettre la main sur les « 5.000 chefs de bande » qui règneraient sur les quartiers, de supprimer toute aide sociale « aux récidivistes délinquants et aux criminels », de refuser toute remise de peine et en souhaitant que « les délinquants étrangers effectuent leur peine dans leur pays d’origine ».

« Une peine pour le délit commis et une peine pour cette trahison » à « l’hospitalité » de la France, a-t-elle lancé, devant des partisans de plus en plus chauds. Lorsqu’elle a évoqué les peines de prison, un groupe dans le public a lancé: « A Cayenne! A Cayenne! A Cayenne! ».

Sous le regard de son père Jean-Marie Le Pen, présent à Marseille où il est élu, Marine Le Pen a poursuivi son discours en estimant « impossible d’assimiler une immigration aussi massive que celle que nous vivons depuis maintenant des décennnies ».

Se faisant nostalgique des « immigrés italiens, polonais, espagnols ou portugais (qui) se sont donné les moyens de la véritable assimiliation », elle a fait le distinguo avec « certains étrangers (présents) depuis 30 ans sur notre territoire et (qui) n’ont jamais fait l’effort d’apprendre notre langue ».

Puis, sans nommer les musulmans, elle a pointé du doigt « certains étrangers (qui) revendiquent en tous lieux, y compris dans nos services publics leur appartenance religieuse », « imposant leurs exigences partout y compris dans les cantines scolaires, n’en déplaise à M. Guéant », qui a relancé une offensive sur le halal vendredi, avant Nicolas Sarkozy.

Puis elle a réaffirmé qu’elle ferait interdire tout « signe religieux ostentatoire » pour les « usagers » des services publics et non seulement les agents, évoquant les caisses d’allocations familiales ou les préfectures.

De l’identité à l’économie, Marine Le Pen a décrit une France en péril, soumise à « la loi des bandes et des banques » et promise à un avenir à la grecque.

« Le temps n’est plus au jeu des partis, il est au rassemblement des Français sur l’essentiel, il est à l’union nationale », a clamé Marine Le Pen à la fin de son discours, voulant tendre la main « à tous ceux qui », droite et gauche confondues, « ne veulent pas que la République s’évapore et que la France meure ».

Une mission selon elle trop exigeante pour ses rivaux, Nicolas Sarkozy, « homme coupé du peuple », où François Hollande, « brave radical de la IVe république ».

Après ces deux dernières piques, Marine Le Pen a fait monter son père à la tribune, lui laissant le premier rôle pour la traditionnelle Marseillaise. Le leader historique du FN a conclu par « vive Marine! vive la France! », sans le « vive la République » qu’ajoute normalement sa fille.

Quelques centaines de personnes avaient manifesté dans l’après-midi à Marseille contre sa venue.

Jean-Marie Le Pen traite Mélenchon de «voyou», lui propose un débat

Jean-Marie Le Pen président d'honneur du Front national à Nice, le 11 septembre 2011.

Jean-Marie Le Pen président d’honneur du Front national à Nice, le 11 septembre 2011. (Photo Valery Hache. AFP)

 

Le président d’honneur du Front national Jean-Marie Le Pen a traité dimanche Jean-Luc Mélenchon de « voyou » pour avoir pris « à partie une femme », Marine Le Pen jeudi sur France 2, et proposé un débat au candidat du Front de gauche à la présidentielle.

« Je trouve scandaleux qu’un voyou comme M. Mélenchon se croit autorisé à prendre à partie une femme », a déclaré M. Le Pen, commentant à l’émission Radio France Politique le face-à-face télévisé entre sa fille et le dirigeant du FG jeudi dernier. « Parce que ce sont des méthodes de voyou », a-t-il insisté.

Le dirigeant du FN a dit, semblant le regretter, que Mme Le Pen « n’a pas voulu, pour des raisons que je respecte, discuter avec Mélenchon ». « Moi, j’offre un débat à M. Mélenchon et je vais lui retirer son caleçon, et je vais montrer ce qu’il est: le candidat des communistes, qui ont du sang sur les mains jusqu’aux coudes ».

« J’attends M. Mélenchon dans un débat quand il veut, où il veut », a-t-il repris.

D’autre part, M. Le Pen a justifié la lecture qu’il avait faite, le week-end dernier à Lille, d’un poème de Robert Brasillach, fusillé à la Libération pour collaboration avec l’occupant nazi, récitant à nouveau ce poème à la radio.

Robert Brasillach, « c’était un journaliste, comme vous », a-t-il dit, tout en déclarant qu’il ne se croyait « pas obligé d’avoir les mêmes opinions » que « Je suis partout », un organe de presse antisémite où écrivait Robert Brasillach.

Au passage, le fondateur du FN s’en est pris à « la dictature de la pensée unique résistancialiste » et à « la mémoire obligatoire (qui) nous rappelle tous les deux jours la Shoah » entre autres événements.

Interrogé sur ce que pourrait être au premier tour de la présidentielle le résultat de Marine Le Pen, créditée de 15 à 17% des intentions de vote le plus souvent, Jean-Marie Le Pen a dit ne se faire « pas beaucoup de souci, d’autant qu’on sait que le score du Front national est toujours minoré (dans les sondages, ndlr) ». « C’est même la surprise du chef », a-t-il raillé.

Selon lui, contrairement à d’autres candidats, Mme Le Pen « a des boosters, des éléments qu’on allume pour l’accélération finale ».

A cet égard, a-t-il précisé, il y a « deux sujets sur lesquels le Front national est imbattable : l’immigration et l’insécurité ». Selon lui, « quand on va comparer (les propositions de Mme Le Pen sur ces points) avec le bilan (…) du président sortant, ça va faire des dégâts collatéraux ».

A propos des parrainages, le dirigeant du FN a affirmé que si sa fille ne les avait pas en nombre suffisant pour se présenter, « ce serait terrible pour tout le monde, y compris pour l’image de la France dans le monde, la stabilité de la République, la crédibilité de la République ».

Enfin, M. Le Pen s’est refusé à condamner la répression opérée en Syrie par le régime du président Al-Assad qui, a-t-il dit, « est aux prises avec une guerre civile ». Et en Libye, « je regrette la paix qui régnait » avant la chute du colonel Kadhafi, a-t-il aussi déclaré.