Marine Le Pen au Zénith de Paris: « Nous allons leur montrer qu’ils ont tort! »

Publié le 17.04.2012, 21h45

Marine Le Pen a promis mardi soir de faire mentir le

Marine Le Pen a promis mardi soir de faire mentir le « système », de « leur montrer qu’ils ont tort », en appelant à une mobilisation massive pour l’envoyer au second tour de la présidentielle, lors de son dernier et plus gros meeting de campagne au Zénith de Paris | Martin Bureau

Marine Le Pen a promis mardi soir de faire mentir le « système », de « leur montrer qu’ils ont tort », en appelant à une mobilisation massive pour l’envoyer au second tour de la présidentielle, lors de son dernier et plus gros meeting de campagne au Zénith de Paris.
Seule contre tous! Avec ce mot d’ordre, la candidate du FNà l’Elysée a pris un ton résolument populiste pour renvoyer une nouvelle fois dos à dos tous ses adversaires et se présenter comme l’unique « vote utile » de la présidentielle.

D’abord Nicolas Sarkozy, « hier candidat compulsif, aujourd’hui épuisé par ses mensonges », puis « le sénateur Mélenchon », copieusement hué, « qui magouille avec M. (Patrick) Buisson » et « rêve de finir sous-ministre d’un gouvernement socialiste ».
Puis, devant 6.000 partisans, ce fut le tour du candidat socialiste: « Il est beau le PS de François Hollande (…) qui a laissé la corruption gangrener des fédérations entières de son parti, voler les pauvres, qui va à Londres, à la City, rassurer le monde bancaire (…) et se fait adouber par le Financial Times qui le trouve très bien dans la politique de rigueur ».
Qualifiant le vote Sarkozy, qu’elle redoute, de « totalement inutile », elle a martelé que « le seul vote qui va compter », « c’est le vote Marine Le Pen », avant de lancer un « appel solennel » à « nos anciens », une catégorie qui lui résiste dans les sondages.
A cinq jours du premier tour, Marine Le Pen est créditée d’une moyenne de 15 à 16% d’intentions de vote par les enquêtes d’opinion, toujours au moins 10 points derrière le duo de tête. Seule exception intervenue dans la soirée, et accueillie avec satisfaction au FN, un sondage CSA a fait chuter Nicolas Sarkozy à 24% et remonter Marine Le Pen à 17.
« Nous allons leur montrer qu’ils ont tort », a promis Marine Le Pen, qui a fustigé les « sachants », « les experts », journalistes, sondeurs, en somme tout ce qu’elle a pu relier aux « élites mondialisées ».
« Messieurs les aristocrates du système, mettez un couvert de plus à votre table dimanche, le peuple s’invite à votre table », a-t-elle encore lancé. « On va gagner! On va gagner! », lui ont répondu ses fans.
S’attardant longuement sur sa dénonciation de l’Europe de Bruxelles, « rêve commun » selon elle de tous ses adversaires, elle a fait de « l’Etat-nation » le seul rempart pour sauver les systèmes de protection sociale. Puis elle a fustigé le débat que s’apprête à lancer la Commission européenne sur la relance de l’emploi, au besoin par une différenciation des salaires minimums par branches.
« Une bombe à fragmentation anti-sociale, l’anéantissement du droit du travail », a prévenu la présidente du FN, qui a fustigé l’euro mais n’a pas évoqué son projet de sortie de la monnaie unique.
Marine Le Pen a définitivement conquis la salle par son discours virulent sur l’immigration, agitant de nouveau le spectre du « Franco-Algérien » Mohamed Merah.
« Plus d’immigration, c’est plus de chômage, plus d’insécurité, plus de déficit budgétaire, plus de dette, une charge écrasante », a assuré la présidente du FN, qui s’est défendue de toute xénophobie. « Nous sommes passionnément francophiles! », a-t-elle clamé, avant que la foule des frontistes, chauffée à blanc, ne réponde comme dans un stade de foot: « On est chez nous! On est chez nous! On est chez nous! »
« Et parce que vous êtes chez vous, vous avez le droit de ne plus vouloir ces Franco-Algériens comme Mohamed Merah », a-t-elle alors répondu à son public.
Et comme un ultime appel à la mobilisation dans les urnes, Marine Le Pen a lancé: « Faites-vous entendre », « criez votre colère » et « bougez-vous! ».

Eva Joly à la traîne, l’écologie absente de la campagne

Publié le 15.04.2012, 10h54

Dopés par les succès électoraux des dernières années, les Verts français avaient espéré une percée pour la présidentielle. Mais avec leur candidate, Eva Joly, critiquée de toutes parts, et la crise qui plombe les Français, l'environnement est absent de la campagne.

Dopés par les succès électoraux des dernières années, les Verts français avaient espéré une percée pour la présidentielle. Mais avec leur candidate, Eva Joly, critiquée de toutes parts, et la crise qui plombe les Français, l’environnement est absent de la campagne. | Jean-Pierre Clatot

Dopés par les succès électoraux des dernières années, les Verts français avaient espéré une percée pour la présidentielle. Mais avec leur candidate, Eva Joly, critiquée de toutes parts, et la crise qui plombe les Français, l’environnement est absent de la campagne.
Avec 2% d’intentions de vote, la Franco-Norvégienne aux lunettes rouges ou vertes se traîne désespérément à la sixième place au premier tour de la présidentielle le 22 avril, selon les sondages.

Ce mauvais score est à mettre en partie sur le compte de la personnalité de cette femme de 68 ans à l’accent rugueux, à l’air peu affable, et qui durant la campagne n’a cessé de multiplier les gaffes, expliquent les experts. Mais celle-ci est aussi pénalisée par la conjoncture: avec un chômage record (plus de 10%), l’électeur est plus inquiet des conséquences de la crise que des dangers environnementaux.
Dans la liste des sujets qui intéressent le plus les Français « l’environnement arrive en dernier », explique Frédéric Dabi de l’institut de sondage Ifop. « Eva Joly a eu des difficultés par rapport à sa personnalité, sur sa campagne peu cohérente, ses gaffes, mais c’est marginal par rapport au fait que les préoccupations des Français sont focalisées sur les questions économiques et sociales ».
L’espoir était pourtant élevé quand elle a été investie en juillet lors de primaires de son parti Europe écologie les Verts (EELV) devant l’animateur de télévision Nicolas Hulot, qui avait mis le thème de l’environnement au centre de la présidentielle de 2007 avec son « pacte écologique » proposé à tous les candidats.
Aux élections européennes de 2009, les Verts avaient recueilli 16% des suffrages, autant que le Parti socialiste, et aux élections régionales de 2010 ils avaient obtenu 12%. Ils pensaient aussi que la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en mars 2011 ferait de l’écologie un thème de campagne.
Mais Eva Joly n’a pas seulement été incapable de convaincre les électeurs de voter pour elle, elle a aussi perdu les gains engrangés par son parti ces dernières années, craignent des cadres d’EELV.
Ses amis politiques lui reprochent ses bourdes et ses propositions peu en rapport avec l’environnement qui selon eux ont brouillé le message écologique, comme lorqu’elle a lancé l’idée de supprimer le défilé militaire de la fête nationale du 14 juillet.
Elle a été tellement critiquée dans son camp qu’elle a dû démentir des rumeurs selon lesquelles elle se retirerait de la course, tout en admettant que la campagne ne se passait pas très bien.
« Lorsque je vois dans les sondages que le pouvoir d’achat est la première préoccupation (des Français) et l’écologie la dernière, je me dis que j’ai été très mauvaise et que je n’ai pas réussi à faire comprendre » les enjeux écologiques, a-t-elle récemment déclaré à la presse.
Les grandes figures françaises de l’environnement ont d’ailleurs pris leur distance.
Se déclarant « désespéré que cette campagne en fasse aussi peu » sur l’écologie, Nicolas Hulot a refusé d’appeler à voter pour elle.
« Je ne peux pas être satisfait de la performance d’Eva Joly, pas plus qu’elle ne peut être satisfaite de sa performance quand on est à 2% », a lancé l’ancien journaliste Noël Mamère.
Beaucoup dans le parti se concentrent désormais sur les législatives de juin alors que selon tous les sondages le candidat socialiste François Hollande devrait remporter le second tour du 6 mai.
Selon un pacte électoral conclu avec le PS, les socialistes ont accepté de ne pas présenter de candidats contre les écologistes dans certaines circonscriptions. Cet accord devrait leur permettre de remporter 10 à 15 sièges –contre quatre actuellement, estime Daniel Boy, spécialiste des Verts au centre d’études politiques Cevipof.
Mais de mauvais résultats à la présidentielle risquent d’avoir un impact négatif sur le score des écologistes aux législatives.

 

Suivez le discours de Marine Le Pen à Marseille

Le 3 mars 2012 à 11h29, par Astrid de Villaines

 

La candidate tient un meeting au Parc Chanot dimanche 4 mars à 15h30. LCP retransmet en direct cet événement.

Alors qu’elle stagne dans les intentions de vote, Marine Le Pen organise un grand meeting à Marseille dimanche 4 mars. Comme à Lille, le 19 février dernier, le prix d’entrée est de 5 euros. Une participation que le FN justifie par son manque de moyens pour faire campagne. La candidate n’a toujours pas rassemblé ses 500 signatures mais semble confiante sur sa participation au premier tour : dans l’émission Des Paroles et Des actes jeudi 24 février elle a assuré que « cela viendra ».

Le meeting de Marine Le Pen au Parc Chanot de Marseille est à suivre en direct sur LCP à partir de 15h30