Val-de-Marne : un lycéen affirme avoir été tabassé par la BAC

V.F. | Publié le 19.10.2012, 07h25 | Mise à jour : 12h22

 

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L’inspection générale des services (IGS), la police des polices, a ouvert une enquête après une plainte pour «violences aggravées» déposée par un lycéen de 16 ans de Sucy-en-Brie dans le Val-de-Marne.

Le jeune homme affirme d’après France Info avoir été tabassé par un équipage de la brigade anti-criminalité (BAC) le 6 octobre dernier. <btn_noimpr>

 

Alors qu’il rentre d’un match de foot en salle dans son quartier de la Cité Verte de Sucy-en-Brie, dans le Val-de-Marne, le jeune homme déclare avoir été surpris par une voiture de la BAC départementale qui s’arrête brusquement à sa hauteur. L’adolescent commence alors à courir : «Un réflexe car j’ai eu peur», explique t-il. Un policier le rattrape et le plaque au sol. C’est là que le jeune aurait reçu, une première fois, des coups de pieds et de poings. Une version confirmée par les habitants de quatre appartements situés dans l’immeuble voisin.

Selon le parquet de Créteil qui supervise l’enquête de l’IGS, ces témoins de la scène ont d’ores et déjà été entendus et des investigations techniques sont en cours. Les policiers mis en cause n’ont en revanche pas encore été entendus.

Les policiers l’auraient emmené dans les bois et passé à tabac

Mais le calvaire de ce jeune lycéen en 1ère ES, inconnu des services de police, ne fait que commencer d’après ses déclarations. Les policiers l’auraient emmené dans les bois et passé à tabac. «Le passager à ma droite m’a dit : « on va s’amuser un peu avec toi. A ce moment là, je pensais que c’était fini pour moi. J’étais fatigué de prendre des coups. Ils m’ont pris les parties génitales et ils me les ont serrées avec leurs mains. A chaque fois que j’ouvrais la bouche pour crier « aïe », ils me frappaient encore plus fort. Je me sentais seul».

Le jeune homme raconte que l’équipage de la BAC l’a ensuite emmené au commissariat de Boissy-Saint-Léger vers 1 h 30 du matin, soit trois quarts d’heure après son interpellation. Là, les policiers auraient forcé le lycéen à dire aux pompiers qu’il était tombé dans les escaliers pour justifier ses blessures. Sa mère le retrouve aux urgences en pleine nuit et découvre les multiples hématomes et traumatismes. Bilan du médecin : 5 jours d’incapacité totale de travail pour le patient.

La famille, jugeant le comportement des policiers intolérable, a saisi la justice. Ils comptent aussi écrire au ministre de l’Intérieur. Leur avocat, Jérôme Karsenti, a l’intention de déposer une seconde plainte, pour «enlèvement, séquestration, actes de torture et de barbarie».

LeParisien.fr

http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/val-de-marne-un-lyceen-affirme-avoir-ete-tabasse-par-la-bac-19-10-2012-2247183.php

 

EXCLUSIF. Scandale à l’IGS : l’audition du préfet de police confirmée

Le Point.fr – Publié le 11/01/2012 à 16:45 – Modifié le 11/01/2012 à 16:59

Michel Gaudin a été entendu le 15 décembre dernier dans le cadre d’une enquête sur une procédure suspecte de la police des polices. Extraits de son audition.

Le préfet de police Michel Gaudin a été entendu par un juge d'instruction dans une enquête mettant en cause la police des polices. Le préfet de police Michel Gaudin a été entendu par un juge d’instruction dans une enquête mettant en cause la police des polices. © Hadj / Sipa

Michel Gaudin, le préfet de police, a bien été auditionné dans l’affaire impliquant l’Inspection générale des services (IGS) révélée aujourd’hui par Le Monde. Le quotidien dévoile que la police des polices est soupçonnée d’avoir truqué une enquête portant sur un trafic de titres de séjour, afin de mettre en cause des hauts fonctionnaires de police proches des socialistes, peu avant la présidentielle de 2007. Le Point.fr a eu accès au procès-verbal de première déposition du préfet, sous le régime de témoin assisté. L’audition du patron de la police parisienne s’est déroulée le 15 décembre dernier devant Philippe Jourdan, vice-président chargé de l’instruction au TGI de Paris. Michel Gaudin était assisté de son avocat Me Bertrand Domenach.

Selon l’un des hauts fonctionnaires mis en cause, qui a déposé le 6 février 2009, le préfet de police serait l’un des maillons d’une chaîne qui visait à nuire à des policiers « trop proches des socialistes ». Pour cette raison, l’ancien directeur général de la police nationale répond devant le juge d’instruction de recel d’informations judiciaires. Le préfet de police se serait en effet servi d’éléments d’une procédure judiciaire pour favoriser la suspension administrative de l’un des hauts fonctionnaires. Les pouvoirs administratifs et judiciaires étant censés être séparés, la justice soupçonne l’IGS d’avoir sciemment informé le préfet de police d’une procédure judiciaire, alors que l’IGS travaillait sous l’autorité d’un juge.

Zèle du préfet

Sur le procès-verbal que nous avons pu consulter, les questions du juge sont d’emblée incisives : « Vous n’êtes pas l’autorité disciplinaire du plaignant, qu’est-ce qui vous amène à demander sa suspension ? »

Michel Gaudin répond : « Je suis l’autorité d’emploi. Le plaignant étant administrateur civil, il dépend du ministère et si on doit engager une procédure, je me dois de saisir le ministre. »

Selon le préfet, qui connaissait le plaignant de longue date, ce n’était pas la première fois qu’il faisait l’objet de suspicion dans le traitement des dossiers de permis de séjour. Mais comme le rappelle le magistrat, le plaignant n’a fait l’objet d’aucune sanction après une première procédure disciplinaire engagée. Pourtant, le juge Jourdan indique que Michel Gaudin, pour motiver sa demande de suspension, fait référence à des éléments judiciaires.

Michel Gaudin précise au juge : « Je n’ai en rien eu recours (…) au contenu de documents couverts par le secret de l’instruction. J’ai donné des éléments afin d’emporter la conviction du secrétariat général de suspendre [le plaignant]. » Le préfet souligne le zèle dont il a fait preuve en vue de faire suspendre le haut fonctionnaire. Dans quel but ? À sa décharge, Michel Gaudin pouvait ignorer que l’affaire en question était truffée de faux P-V d’audition et d’écoutes téléphoniques tronquées.

Par , Adriana Panatta et

Nouvelles révélations dans le scandale de l’IGS

Le Point.fr – Publié le 12/01/2012 à 08:08 – Modifié le 12/01/2012 à 12:15

EXCLUSIF. Comment des agents de l’IGS ont été eux-mêmes manipulés pour truquer une enquête mettant en cause des policiers « de gauche ».

Le siège de la préfecture de Paris. © François Guillot / AFP

Les accusations sont graves. Elles émanent d’un fonctionnaire de police dont l’IGS, l’Inspection générale des services, aurait falsifié la signature sur un P-V. Objectif : mouiller d’autres fonctionnaires dans l’affaire de l’enquête « truquée » à des fins qui pourraient être politiques. Le Point.fr a pu consulter l’audition de ce commandant de police qui semble avoir été trahi par l’IGS, son propre service. Le faux présumé est un procès-verbal de synthèse établi en 2007 qui met gravement en cause Yannick Blanc, le directeur de la police générale à la préfecture de police, marqué à gauche. Il est signé du commandant Jean-Pierre Delcher.

Interrogé le 15 septembre 2010 par la juge d’instruction de Paris, Jeanne Duyé, Delcher conteste être l’auteur du P-V et il contre-attaque : « Si l’on a décidé de mettre mon nom à mon insu sur un procès-verbal, en imitant mon visa, pour y porter des accusations infondées ou mensongères à l’encontre d’un fonctionnaire de haut rang, c’est que le ou les auteurs connaissaient parfaitement l’état de santé physique et psychique qui était le mien. Il leur permettait de présager mon décès, susceptible d’intervenir avant que M. Blanc ne puisse engager une action à la suite des faits dont il a été injustement victime. »

Grave maladie

Des policiers de l’IGS sont aujourd’hui soupçonnés d’avoir manipulé des P-V, déformé des déclarations de personnes en garde à vue, et modifié des comptes rendus d’écoutes téléphoniques pour provoquer la mise en cause de cinq fonctionnaires, dont quatre ont été mis en examen en 2007. Accusés d’avoir indûment délivré des titres de séjour, ils ont été suspendus de leurs fonctions avant d’être blanchis définitivement en janvier 2011 par la cour d’appel de Paris.

« Je ne reconnais ni mon style d’écriture ni ma signature », affirme Jean-Pierre Delcher dans l’audition que le Point.fr a pu consulter. En raison d’une grave maladie, le commandant de police bénéficiait d’un emploi du temps allégé. Ainsi lorsque les gardés à vue sont présentés à l’IGS aux alentours de 23 heures, le policier a déjà terminé son service depuis quelques heures.

Un « expert » sur mesure

La juge Jeanne Duyé a comparé d’anciens P-V rédigés par le commandant avec celui qui accable Yannick Blanc. Elle met en évidence un style « diamétralement opposé au procès-verbal incriminé tant sur la forme que sur le fond ainsi qu’une signature différente sur les procès-verbaux de synthèse ».

De même, la signature d’un autre officier, celle d’Isabelle Sablayrolles, a été usurpée. Entendue à son tour, en novembre 2010, elle refusait d’authentifier sa signature sur l’audition d’un « expert » appelé à la rescousse par le patron de l’IGS et chargé de prouver que les titres de séjour délivrés par les fonctionnaires incriminés étaient caducs. Or ce soi-disant expert était à l’époque des faits, en 2007, specialiste dans la gestion des fonds européens à la préfecture de région Rhône-Alpes. Une matière très éloignée des titres de séjour… Auditionné à son tour par la juge, le spécialiste reconnaîtra lui-même qu’il ne connaissait pas grand-chose en titres de séjour mais qu’il répondait à un service demandé par un ami du patron de l’IGS !

Si aujourd’hui les manipulations commises par l’IGS semblent avérées, il reste aux magistrats saisis à relier les faits entre eux. Il s’agit désormais de comprendre dans quel but ce « chantier » a été monté. Et à qui cela profitait…

Par , et Adriana Panatta

L’ex-patron de l’IGS récuse le soupçon de truquage d’une enquête

 

Le Point.fr – Publié le 16/01/2012 à 08:51

Éric Meillan est mis en cause dans une affaire d’enquête truquée, mais il nie s’être rendu coupable de la moindre faute déontologique.

Éric Meillan, le directeur de l'Inspection générale des services (IGS) jusqu'en 2010, est mis en cause par la justice, qui cherche à établir si l'IGS a faussement mis en cause quatre policiers dans un trafic présumé de titres de séjour.Éric Meillan, le directeur de l’Inspection générale des services (IGS) jusqu’en 2010, est mis en cause par la justice, qui cherche à établir si l’IGS a faussement mis en cause quatre policiers dans un trafic présumé de titres de séjour. © Jack Guez / AFP

L’ancien patron de l’IGS, la police des polices parisienne mise en cause dans une affaire d’enquête truquée, nie s’être rendu coupable de la moindre faute déontologique, dans un entretien à parismatch.com à paraître lundi. Interrogé sur les accusations de truquage de procès-verbaux d’audition, Éric Meillan, le directeur de l’Inspection générale des services (IGS) jusqu’en 2010 rétorque : « Falsifier un P-V (…), ce n’est pas le style de la maison. Surtout dans une procédure judiciaire. » « Peut-être s’est-il passé des choses dont je n’ai pas eu connaissance », concède-t-il. « Je n’ai aucun élément tangible pour mettre en cause l’honnêteté de mes enquêteurs », insiste toutefois l’ancien responsable policier, aujourd’hui retraité.

La justice cherche à établir si l’IGS a faussement mis en cause quatre policiers dans un trafic présumé de titres de séjour dans le but d’écarter, dans le contexte de la présidentielle de 2007, un haut fonctionnaire de la préfecture de police de Paris marqué à gauche Yannick Blanc. Éric Meillan dément également toute intervention de nature politique dans cette affaire : « Je n’ai reçu aucune instruction dans cette affaire, ni dans aucune autre d’ailleurs. »

Une cabale qui « n’aurait pas été utile »

« Prétendre que j’ai été un proche du pouvoir, ça m’amuse ! » affirme encore Éric Meillan. « Quant à Michel Gaudin, le préfet de police de Paris auprès de qui j’aurais été aux ordres selon Le Monde (qui a révélé l’affaire, NDRL), sachez une chose : entre lui et moi, ça n’a jamais été le grand amour ! » Éric Meillan a-t-il transmis des éléments de cette enquête judiciaire à sa hiérarchie ? « Jamais ! » réplique-t-il. Certes, avec Yannick Blanc, « nous n’avons jamais eu beaucoup d’atomes crochus, lui et moi », car « j’avais l’impression qu’il méprisait les policiers et qu’il voyait des complots sans arrêt », explique-t-il. Mais il dit n’avoir jamais cherché à monter une cabale qui, selon lui, n’aurait pas été utile : « Un haut fonctionnaire comme Yannick Blanc, vous le faites partir du jour au lendemain. Pas besoin de monter un chantier ! Vous lui trouvez un placard doré et c’est tout. »

À propos des accusations de Daniel Vaillant convaincu que son portable avait été écouté pendant cette enquête : « Pas à ma connaissance ! On n’écoute pas un ancien ministre de l’intérieur », rétorque Éric Meillan, dont l’interview a été réalisée samedi par Paris-Match.