Meurtres de l’Essonne: une des deux gardes à vue levée dimanche soir

– Publié le 16/04/2012 à 13:00

Dans cette enquête hors normes mobilisant des centaines de policiers, le SRPJ de Versailles, travaillant sur commission rogatoire de deux juges d'instruction d'Evry, tente d'identifier le ou les auteurs de quatre homicides, sans lien apparent mais commis avec le même pistolet semi-automatique de calibre 7,65 mm, dans un rayon de dix kilomètres dans l'Essonne, en novembre 2011, février, mars et avril 2012.Dans cette enquête hors normes mobilisant des centaines de policiers, le SRPJ de Versailles, travaillant sur commission rogatoire de deux juges d’instruction d’Evry, tente d’identifier le ou les auteurs de quatre homicides, sans lien apparent mais commis avec le même pistolet semi-automatique de calibre 7,65 mm, dans un rayon de dix kilomètres dans l’Essonne, en novembre 2011, février, mars et avril 2012.

L’un des deux hommes qui était en garde à vue depuis samedi à Versailles dans l’affaire de meurtres en série dans l’Essonne a été remis en liberté dimanche soir, le principal suspect dans cette enquête étant toujours en garde à vue, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

La garde à vue de l’homme interpellé samedi après-midi à Paris a été levée dimanche en début de soirée, tandis que celle de l’homme arrêté dans l’Essonne et qualifié par le ministère de l’Intérieur de « suspect très sérieux » était toujours en cours, a-t-on précisé.

L’homme relâché aurait été victime d’une usurpation d’identité, selon Le Parisien.

La garde à vue du principal suspect, un trentenaire, qui a débuté samedi après-midi, ne peut excéder 48 heures pour ce type d’infractions et s’achèvera soit par un défèrement devant la justice, soit par une remise en liberté.

Dans cette enquête hors normes mobilisant des centaines de policiers, le SRPJ de Versailles, travaillant sur commission rogatoire de deux juges d’instruction d’Evry, tente d’identifier le ou les auteurs de quatre homicides, sans lien apparent mais commis avec le même pistolet semi-automatique de calibre 7,65 mm, dans un rayon de dix kilomètres dans l’Essonne, en novembre 2011, février, mars et avril 2012.

Outre les interpellations de samedi, la police a mené tout le week-end des perquisitions à Draveil et à Ris-Orangis (Essonne), au cours desquelles une moto Suzuki a notamment été retrouvée, mais pas l’arme utilisée pour les quatre crimes.

Le principal suspect avait été interpellé « grâce au signalement de la moto » Suzuki qui aurait servi lors de certains homicides. Cet homme a été interpellé entre le domicile de sa mère à Ris-Orangis et le petit immeuble qu’il habite dans la commune mitoyenne de Draveil.

Un autre suspect est mis en examen depuis décembre pour le premier homicide commis en novembre 2011.

« Envoyé spécial » prend Claude Guéant en faute

 

Le Point.fr – Publié le 07/03/2012 à 17:34

Un reportage pointe du doigt le travestissement des statistiques sur les fraudes aux cartes bancaires par le ministère de l’Intérieur.

Claude Guéant, le 6 mars, à l'Assemblée nationale.Claude Guéant, le 6 mars, à l’Assemblée nationale. © Jacques Demarthon / AFP

 Après la polémique sur la viande halal, partie d’un reportage d’Envoyé spécial, le magazine d’enquête de France 2 a pointé du doigt un autre scandale qui touche des centaines de milliers de citoyens : la fraude aux cartes bancaires sur Internet. Bizarrement, le sujet diffusé jeudi dernier, et vu par près de 3,7 millions de téléspectateurs, intéresse moins les politiques. Et pourtant, Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur, est pris directement pour cible.

Le reportage s’est intéressé plus spécialement aux statistiques sur la délinquance, dont se gargarise chaque ministre de l’Intérieur. Elle serait soi-disant en baisse pour la neuvième année consécutive. C’est notamment le cas des fraudes aux cartes bancaires, dont le nombre aurait ainsi diminué, en passant de 54 058 infractions en 2008 à 46 793 en 2010. Le reportage démontre, en fait, que la Place Beauvau a organisé un système qui empêche véritablement la prise en compte de cette fraude numérique.

Portes closes des commissariats

En effet, selon Claude Guéant, interviewé dans le sujet de France 2, le préjudice d’un détournement de carte bancaire est subi par la banque, et non par le titulaire du compte. Si bien que lorsqu’un particulier est victime de débits frauduleux, il ne peut pas porter plainte au commissariat. En caméra cachée, les reporters de France 2 démontrent que les policiers ont reçu la consigne de refuser ce type de plainte.

Problème : les cinq banques contactées par France 2 nient être les victimes et, par conséquent, elles ne déposent pas plainte. Si ni le titulaire du compte ni la banque n’engagent des poursuites, l’ampleur de la fraude n’est plus vraiment appréhendée par les statistiques. Dans le sujet, Brice Hortefeux, l’ancien ministre de l’Intérieur, reconnaissait cependant « des imperfections statistiques ».

Envolée de la fraude

Envoyé spécial a suivi le cas plus particulier de Serge Cottereau, victime d’un détournement que les policiers n’ont pas voulu prendre en compte. Ce professeur de droit ne s’en est pas laissé compter. Il a écrit au procureur de la République, lequel a nié avoir donné l’ordre à la police de refuser les plaintes. Ce qui est, de toute façon, contraire à l’article 15-3 du Code de procédure pénale. Sur instruction du parquet, l’enquête a donc été menée et a abouti à l’identification des fraudeurs dans l’affaire qui intéresse Serge Cottereau.

Interrogé par France 2, Claude Guéant campe sur une contre-vérité démontée par Envoyé spécial : « Les banques portent plainte, bien évidemment. » La Place Beauvau n’a pas réagi à la diffusion de ce reportage. Mais les statistiques des associations d’usagers sont très différentes de celles de l’Intérieur. Selon UFC-Que choisir, en 2010, les transactions frauduleuses sur Internet ont pesé 120,1 millions d’euros, presque quatre fois plus qu’en 2006 (33,7 millions). Selon l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, la fraude sur les cartes bancaires a atteint, au total, 368,9 millions d’euros en France en 2010. Ce montant se divise en deux catégories : l’usurpation du numéro de carte, qui représente 62,6 % des cas, et le vol ou la perte de carte, qui représentent 35,1 % des cas. Un sujet sans doute aussi concernant que la viande halal.

Après une course-poursuite, le chauffard tabasse le policier

Interpellé à l'issue de la course-poursuite, le chauffard va rester six mois en prison./Photo DDM, illustration

Interpellé à l'issue de la course-poursuite, le chauffard va rester six mois en prison./Photo DDM, illustration
Interpellé à l’issue de la course-poursuite, le chauffard va rester six mois en prison./Photo DDM, illustration

À l’issue d’une poursuite dans les rues de Toulouse mi-janvier, un policier a été blessé lors d’une bagarre à Cugnaux. Le chauffard, à l’origine de l’incident, reste en prison.

Deux hommes de 21 ans et 23 ans viennent de comparaître devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Le mercredi 18 janvier, ils avaient été à l’origine d’une course-poursuite échevelée entre le centre ville de Toulouse et Cugnaux à l’issue de laquelle un policier avait été roué de coups.

Cette nuit-là, vers 3 heures du matin, des policiers en patrouille avaient repéré une voiture qui venait de griller un feu sur le boulevard Lascrosse, au centre de Toulouse. Les policiers avaient pris en chasse les contrevenants. Mais le conducteur, loin d’obtempérer, avait accéléré, multipliant les infractions. Malgré le déploiement d’une herse, les fuyards n’avaient pu être arrêtés. Et la course-poursuite s’était prolongée jusque dans un petit chemin de Cugnaux.

« Je ne me suis pas arrêté parce que j’avais bu, justifie le chauffeur devant le tribunal. J’allais chez ma grand-mère ».

Une fois arrivé à destination il s’arrête mais les policiers sont toujours là. Marche arrière, il percute le véhicule sérigraphié avant de prendre la poudre d’escampette. L’un des fonctionnaires poursuit alors le chauffeur jusqu’à le ceinturer mais il subit alors un véritable déferlement de violence : coup de poing, coup de pied à terre ! Il est sérieusement blessé à une hanche. Le passager pour sa part est vite maîtrisé.

Le procureur a requis 18 mois de prison dont 6 avec sursis avec mise à l’épreuve pour le conducteur âgé de 21 ans. Son avocat, Me Guy Debuisson, a souligné des « exagérations, contradictions et contre vérités » dans ce dossier, n’hésitant pas à mettre en doute la parole des policiers que son client « n’aurait pas percuté ».

Le conducteur a finalement été condamné à 12 mois de prison dont 6 ferme. Il reste en détention où il avait été placé après son arrestation. Le passager a écopé de quatre mois de prison mais sans mandat de dépôt.

Toulouse

Deux policiers roués de coups lors d’une interpellation musclée

Ils ont été blessés au terme d'une course-poursuite./Photo DDM illustration

A l’issue d’une course poursuite entre Toulouse et Cugnaux, deux policiers ont été blessés lors de deux interpellations musclées. L’un d’eux a été hospitalisé. Une course-poursuite a failli virer au drame, vers 3 heures, dans la nuit de mardi.

La délinquance estimée à 150 milliards d’euros par an

L’économiste Jacques Bichot publie une étude sur le coût du crime et de la délinquance. Le crime organisé représenterait à lui seul un préjudice de 23 milliards d’euros.

Plus de 150 milliards d’euros, soit 7,5% du PIB! La facture annuelle du crime en France est salée. Le «noyau dur» de la délinquance, constitué par les violences physiques ou sexuelles, les vols, le vandalisme, les escroqueries, mais aussi les frais de sécurité privés, représenterait, à lui seul, environ 80 milliards d’euros. Dans cet ensemble, le crime organisé causerait le préjudice le plus élevé: plus de 23 milliards d’euros, entre les faits de proxénétisme, la contrefaçon et les trafics en tous genres. Et c’est compter sans les fraudes sociales et fiscales, les infractions routières ou le coût des politiques de sécurité, du fonctionnement de la police à la gendarmerie, en passant par le budget de la Justice, qui font quasiment doubler la note.

L’économiste qui s’est livré à ce calcul, Jacques Bichot, n’est pas un fantaisiste. Professeur émérite à l’université de Lyon 3, il fait publier ses travaux, pour la deuxième année consécutive, par l’Institut pour la justice, un organisme d’analyse privé qui s’est beaucoup fait l’écho des préoccupations des victimes.

Dans sa dernière étude donc sur «le coût du crime et de la délinquance», que Le Figaro a pu décortiquer, ce scientifique dit s’être livré à une estimation a minima. Et il le reconnaît: «le tribut prélevé par les criminels et les délinquants n’est pas facile à évaluer, car dans la majorité des cas il ne s’agit pas directement d’argent», écrit-il. De fait, comment traduire le contrecoup financier d’un meurtre, d’un rapt ou du fameux sentiment d’insécurité souvent évoqué à l’approche des grandes consultations électorales?

Une lacune statistique

Les assureurs, les spécialistes de la sécurité routière, mais aussi les responsables d’hôpitaux sont «professionnellement confrontés à cette question» des coûts, précise l’auteur de l’étude, que le préjudice soit physique ou moral. Dans certains pays, des modèles économiques ont même été mis au point. Le Home Office en Grande-Bretagne ou le ministère de la Justice au Canada, se livrent ainsi chaque année à ce genre d’estimations, «dans des proportions qui collent d’ailleurs parfaitement avec les évaluations du Pr Bichot», estime Xavier Bébin, le délégué général de l’Institut pour la justice. Mais en France, l’acteur public semble plus timoré. Voici comment l’économiste et ses soutiens ont entrepris de combler cette lacune.

D’abord, il y a les éléments matériels. Le vol, par exemple. «Nous devons bien sûr nous intéresser au prix de remplacement de ce qui est dérobé, mais cela ne suffit pas», prévient Jacques Bichot. Car dans ses calculs tout y passe: «les dégâts éventuellement commis par le voleur», «la peur qu’il a pu causer», «la valeur sentimentale des objets», «le temps qu’il a fallu perdre» en démarches, «pour remplacer ce qui s’est envolé», mais aussi «le coût de fonctionnement des assurances, qui s’ajoute aux primes pures destinées à dédommager les victimes». Il inclut également dans ses comptes «les dépenses de sécurité (portes blindées, serrures perfectionnées, systèmes d’alarme, etc.)» et «la partie des impôts qui sert au fonctionnement des services publics ayant pour mission d’empêcher et de punir les vols». Total général obtenu: 9,2 milliards. Rien que pour les vols…

1.263.255 euros pour un mort

Et le prix de la vie humaine, de l’intégrité physique? Il y a au moins une référence, selon lui: les bases financières retenues pour l’indemnisation des victimes de la route. En incluant les coûts médicaux et administratifs, mais aussi les «pertes de production», les organismes officiels retiennent 1.263.255 euros pour un mort, 136.474 pour un blessé hospitalisé, et 5578 euros pour un blessé léger.

Cynique, le Pr Bichot? Au-delà de la victime et des proches qui dépendent éventuellement d’elle, il y a aussi la «société» à prendre en compte, poursuit-il. Car l’État et les organismes sociaux seraient en quelque sorte lésés, si l’on considère la victime comme un acteur économique qui produisait de la richesse et contribuait à l’impôt ainsi qu’au remplissage des caisses sociales. Le «manque à produire» à lui seul est estimé à 20.000 euros par an et par individu en moyenne.

Le but de cette arithmétique? Savoir évaluer les préjudices, secteur du crime par secteur du crime, pour «éclairer la politique pénale et la décision publique», explique Xavier Bébin. Selon lui, «d’après de nombreuses études statistiques, 30.000 places de prison supplémentaires, par exemple, permettraient de réduire la criminalité de 15%». L’investissement pour l’État serait alors d’«un milliard d’euros par an», dit-il, «tandis que le gain pour la collectivité serait de 11 milliards». Froide logique de l’économie que d’aucuns jugeront évidemment discutable.