Enquête truquée : la police des polices soupçonnée

Le Point.fr – Publié le 11/01/2012 à 13:26 – Modifié le 11/01/2012 à 16:20

L’IGS est soupçonnée d’avoir truqué une enquête portant sur un trafic de titres de séjour en 2007.

Selon le quotidien "Le Monde", le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, a été interrogé comme témoin assisté dans l'affaire.

Selon le quotidien « Le Monde », le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, a été interrogé comme témoin assisté dans l’affaire. © Benaroch / Sipa

L’Inspection générale des services (IGS), la « police des polices », aurait falsifié une procédure en 2007, année de l’élection présidentielle, afin de nuire à des fonctionnaires de la préfecture de police de Paris jugés trop proches du Parti socialiste, écrit Le Monde daté du 12 janvier. La préfecture de police de Paris dénonce dans un communiqué des « allégations infondées ». Le quotidien, qui parle d’un « scandale judiciaire », rapporte que des policiers de l’IGS sont soupçonnés d’avoir truqué des procès-verbaux, déformé des déclarations de personnes en garde à vue et modifié des comptes rendus d’écoutes téléphoniques pour provoquer la mise en cause de cinq fonctionnaires, dont quatre ont été mis en examen à tort en 2007.

Accusés d’avoir indûment délivré des titres de séjour et suspendus de leurs fonctions, ils ont depuis été blanchis par la cour d’appel de Paris. Au nombre des fonctionnaires visés figuraient Yannick Blanc, patron de la police générale à Paris, jugé proche de Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle de 2007, et Christian Massard, officier de sécurité de l’ancien ministre socialiste de l’Intérieur Daniel Vaillant. Six informations judiciaires, confiées à quatre juges d’instruction, sont en cours sur le rôle de la « police des polices » dans cette affaire.

Selon Le Monde, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, un proche de Nicolas Sarkozy, a été entendu en qualité de témoin assisté le 15 décembre dernier dans cette affaire, ainsi que l’ancien patron des renseignements généraux Pascal Mailhos. « Ils ont tous deux été les signataires des arrêtés de suspension visant les fonctionnaires injustement accusés. Il leur est notamment reproché de s’être appuyés sur des éléments judiciaires dont ils n’auraient pas dû avoir connaissance », affirme le quotidien. Le patron de l’IGS, Claude Bard, a également été entendu.

Règles « violées »

« Outre l’institution policière, l’affaire pourrait aussi se révéler embarrassante pour Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur puis président de la République », écrit Le Monde. La préfecture de police de Paris annonce dans un communiqué qu’elle « se réserve la possibilité de donner les suites judiciaires appropriées » à l’article reposant selon elle sur des « allégations infondées ». « Le fonctionnement et l’impartialité des services de la préfecture de police ainsi que le préfet de police sont mis en cause », indique le communiqué. « Pour répondre à ces allégations infondées, la préfecture de police usera de son droit de réponse auprès de l’organe de presse concerné », ajoute-t-il.

Yannick Blanc, aujourd’hui directeur adjoint du cabinet du président du conseil régional d’Ile-de-France, le socialiste Jean-Paul Huchon, a souhaité que « le problème » du fonctionnement de l’IGS soit posé. « Qu’on ait essayé de me déstabiliser pour me faire quitter mon poste, c’est dans la carrière d’un haut fonctionnaire. Les accidents de carrière, ça n’a rien d’extraordinaire, et j’ai depuis poursuivi ma vie professionnelle », a-t-il témoigné sur France Info. Il a précisé que deux des fonctionnaires injustement mis en cause, selon lui, étaient toujours suspendus. « Lorsqu’on s’aperçoit progressivement que, dans un service qui est chargé de faire respecter la loi par la police, et de faire respecter la déontologie de la police nationale, toutes les règles sont assez systématiquement violées, il y a un problème qu’il faut poser », a dit Yannick Blanc.

L’ex-patron de l’IGS récuse le soupçon de truquage d’une enquête

 

Le Point.fr – Publié le 16/01/2012 à 08:51

Éric Meillan est mis en cause dans une affaire d’enquête truquée, mais il nie s’être rendu coupable de la moindre faute déontologique.

Éric Meillan, le directeur de l'Inspection générale des services (IGS) jusqu'en 2010, est mis en cause par la justice, qui cherche à établir si l'IGS a faussement mis en cause quatre policiers dans un trafic présumé de titres de séjour.Éric Meillan, le directeur de l’Inspection générale des services (IGS) jusqu’en 2010, est mis en cause par la justice, qui cherche à établir si l’IGS a faussement mis en cause quatre policiers dans un trafic présumé de titres de séjour. © Jack Guez / AFP

L’ancien patron de l’IGS, la police des polices parisienne mise en cause dans une affaire d’enquête truquée, nie s’être rendu coupable de la moindre faute déontologique, dans un entretien à parismatch.com à paraître lundi. Interrogé sur les accusations de truquage de procès-verbaux d’audition, Éric Meillan, le directeur de l’Inspection générale des services (IGS) jusqu’en 2010 rétorque : « Falsifier un P-V (…), ce n’est pas le style de la maison. Surtout dans une procédure judiciaire. » « Peut-être s’est-il passé des choses dont je n’ai pas eu connaissance », concède-t-il. « Je n’ai aucun élément tangible pour mettre en cause l’honnêteté de mes enquêteurs », insiste toutefois l’ancien responsable policier, aujourd’hui retraité.

La justice cherche à établir si l’IGS a faussement mis en cause quatre policiers dans un trafic présumé de titres de séjour dans le but d’écarter, dans le contexte de la présidentielle de 2007, un haut fonctionnaire de la préfecture de police de Paris marqué à gauche Yannick Blanc. Éric Meillan dément également toute intervention de nature politique dans cette affaire : « Je n’ai reçu aucune instruction dans cette affaire, ni dans aucune autre d’ailleurs. »

Une cabale qui « n’aurait pas été utile »

« Prétendre que j’ai été un proche du pouvoir, ça m’amuse ! » affirme encore Éric Meillan. « Quant à Michel Gaudin, le préfet de police de Paris auprès de qui j’aurais été aux ordres selon Le Monde (qui a révélé l’affaire, NDRL), sachez une chose : entre lui et moi, ça n’a jamais été le grand amour ! » Éric Meillan a-t-il transmis des éléments de cette enquête judiciaire à sa hiérarchie ? « Jamais ! » réplique-t-il. Certes, avec Yannick Blanc, « nous n’avons jamais eu beaucoup d’atomes crochus, lui et moi », car « j’avais l’impression qu’il méprisait les policiers et qu’il voyait des complots sans arrêt », explique-t-il. Mais il dit n’avoir jamais cherché à monter une cabale qui, selon lui, n’aurait pas été utile : « Un haut fonctionnaire comme Yannick Blanc, vous le faites partir du jour au lendemain. Pas besoin de monter un chantier ! Vous lui trouvez un placard doré et c’est tout. »

À propos des accusations de Daniel Vaillant convaincu que son portable avait été écouté pendant cette enquête : « Pas à ma connaissance ! On n’écoute pas un ancien ministre de l’intérieur », rétorque Éric Meillan, dont l’interview a été réalisée samedi par Paris-Match.

Daniel Vaillant : « Il faut supprimer la police des polices »

Le Point.fr – Publié le 17/01/2012 à 19:28 – Modifié le 18/01/2012 à 07:16

L’ancien ministre de l’Intérieur estime qu’en truquant une enquête contre cinq fonctionnaires, la police des polices s’est définitivement déconsidérée.

Daniel Vaillant à l'Assemblée en 2008.Daniel Vaillant à l’Assemblée en 2008. © Patrick Kovarik / AFP

Propos recueillis par et

Dans l’affaire de l’enquête truquée de l’IGS, l’un des cinq fonctionnaires visés était Christian Massard, l’agent de sécurité de Daniel Vaillant, député PS de Paris. L’ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin ne peut s’empêcher d’y voir une manipulation politique. Et note que les auteurs des manipulations ont tous bénéficié de promotions, tandis que certains des fonctionnaires visés n’ont pas même été réintégrés.

Le Point.fr : Vous laissez planer des soupçons de manipulations de la part de l’IGS, la police des polices. Sur quels faits vous fondez-vous ?

Daniel Vaillant : D’abord, le contexte. L’affaire démarre en 2006-2007, lorsque Nicolas Sarkozy est encore ministre de l’Intérieur, et Claude Guéant son directeur de cabinet. Les deux hommes tiennent l’Intérieur depuis 2002 avec seulement une petite interruption lors du passage de Dominique de Villepin, Place Beauvau. Tout part d’une note des RG sur le service des affaires réservées (un service de la préfecture de police de Paris, chargé des affaires sensibles et des petits services aux personnalités). On sait que les notes des RG reposaient parfois sur des bruits de couloir. Il devait y avoir aux Affaires réservées des rivalités de personnes, comme dans de nombreux services, et certains ont colporté des allégations. Ce qui a permis de construire une histoire.

Aujourd’hui, le préfet de police Michel Gaudin et le ministre de l’Intérieur Claude Guéant disent quasiment découvrir le dossier. J’ai été ministre de l’Intérieur, je connais un peu la musique, j’imagine mal comment sur une affaire sensible qui nécessite une perquisition au bureau de l’agent de sécurité d’un député-maire de Paris, qui plus est, ancien ministre de l’Intérieur, le patron de l’IGS n’en réfère ni au préfet de Paris, ni au directeur de cabinet de la Place Beauvau.

Juste un détail, c’est Christophe Bay, futur directeur adjoint du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qui est allé dégoter ce fameux expert mandaté pour analyser les pièces (titres de séjour) saisies au service des affaires réservées. Cet attaché de la préfecture de Lyon, qui n’était pas un expert assermenté du droit des étrangers est venu durant cinq jours à Paris sans ordre de mission. C’est Claude Bard, le numéro trois de l’IGS, qui va prendre en charge sur ses deniers personnels son hébergement à Créteil et ses repas. Du jamais-vu. Tout ça sent le copinage et le montage.

Ce sont des mots forts.

Il y a aujourd’hui dans la police un clanisme fort. Tous les policiers qui ont été mêlés de près ou de loin à cette enquête ont bénéficié de promotions. Le commissaire Laborie qui est entré dans mon bureau en poussant Christian Massard est passé en juin chef du premier cabinet d’enquête à l’IGS. Daniel Jacquème, qui a notifié la garde à vue à Yannick Blanc, l’ex-directeur de la police générale, a quitté l’IGS quelques jours plus tard pour être rattaché à la sécurité du préfet de police. Il est aujourd’hui numéro deux de l’IGS. Claude Bard, ancien numéro deux de l’IGS, est directeur du service aujourd’hui. En 2009, il est passé contrôleur général puis, lors de l’été 2011, il est promu inspecteur général, alors que les autorités policières ne peuvent pas ignorer que la chambre d’instruction a rendu un non-lieu pour tous les fonctionnaires mis en cause. Il reçoit aussi, cerise sur le gâteau, la Légion d’honneur. C’était il y a quatre mois. Le brigadier major qui a interrogé mon agent de sécurité en garde à vue est devenu major à l’échelon exceptionnel. Et ceci, postérieurement à la plainte déposée contre lui par Christian Massard. Quant à Christian Bay, il vient d’être nommé préfet de l’Aube. Et son fameux expert Stéphane Béroud est directeur de cabinet du préfet de l’Ardèche. Pour finir, Pascal Mailhos, l’ancien patron de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG), qui avait signé avec le préfet de police Michel Gaudin les arrêtés de suspension des fonctionnaires, il est aujourd’hui préfet de Bourgogne. Il a pourtant été auditionné par le juge sous le statut de témoin assisté. Son collaborateur a été nommé inspecteur général de l’administration.

Lorsqu’on compare la carrière de ces hommes avec ceux qui ont été mis en cause, on ressent un certain malaise. Christian Massard, mon agent de sécurité vient tout juste d’être réintégré à sa demande. Il s’occupe de gestion au SPHP (service de protection des hautes personnalités). Il n’a pour l’instant obtenu aucune réparation. Dans cette affaire, il y a eu cinq fonctionnaires mis au tapis.

Cette affaire semble vraiment vous avoir touché.

Oui, mettez-vous à ma place. Je suis en réunion publique, rue de la Guadeloupe, le 1er juin 2007, lorsque j’apprends la nouvelle : mon agent de sécurité Christian Massard est en garde à vue. Je suis préoccupé. Christian Massard est alors à mon service depuis dix ans. Lorsque j’étais à l’Intérieur, il était le chef de ma sécurité avec dix-sept policiers sous ses ordres. Commandant fonctionnel, il a ensuite choisi de rester à mes côtés, alors qu’il aurait pu prétendre à un poste plus prestigieux. Ce choix m’a touché. Nous sommes nés l’un et l’autre un 19 juillet, ça rapproche. Bref, c’est un affectif et un parfait honnête homme.

Le lendemain matin, je suis à mon bureau de très bonne heure. Ni ma secrétaire, ni mon directeur de cabinet ne sont arrivés. Brusquement, sur les coups de 8 h 30, ma porte s’ouvre. Trois policiers, dont un commissaire, débarquent sans frapper dans mon bureau en poussant mon agent de sécurité qui n’a plus de lacets aux chaussures, ni de ceinture au pantalon. Je m’inquiète de ce qui se passe, on m’annonce que Christian Massard est en garde à vue et que l’on va perquisitionner son bureau. Ça fait drôle, j’étais quand même l’ancien ministre de l’Intérieur. Je pensais qu’ils voulaient perquisitionner mon bureau. Ce qui aurait expliqué leur entrée fracassante. Mais non, il voulait perquisitionner le bureau des agents de sécurité. Ils sont descendus avec ma secrétaire qui était arrivée entre-temps et sont entrés dans l’ordinateur de mon chef de cabinet. Puis ils sont repartis comme ils étaient arrivés.

J’ai reçu un coup de fil de M. Pierre Mutz, le préfet de police de Paris en poste à l’époque, qui s’est excusé de ne pas m’avoir prévenu. Il m’a alors expliqué que mon gars n’avait sans doute pas grand-chose à se reprocher tout en me précisant, je cite : « Enfin, c’est l’IGS, je ne vous en dis pas plus. » Pierre Mutz s’en foutait, il savait qu’il allait partir. Trois semaines plus tard, il était nommé préfet de la région Ile-de-France.

Pourquoi les policiers sont-ils venus dans mon bureau ? Par courtoisie ? La vraie courtoisie aurait été que le commissaire entre seul, m’avertisse de la garde à vue de mon agent de sécurité et de la perquisition dans son bureau. En réalité, ils n’avaient en rien besoin de faire irruption dans mon bureau. Je suis convaincu qu’ils voulaient humilier Christian Massard et me déstabiliser à quelques jours des élections législatives.

Christian Massard était atteint d’un cancer à l’oeil. Il n’a pas pu bénéficier des deux visites médicales supplémentaires auxquelles il avait droit. Commandant fonctionnel, il a été interrogé par un simple brigadier. Ce qui est exceptionnel. Un brigadier qui l’a tutoyé, insulté. De plus, lors de sa garde à vue, ce père a reçu la visite de son fils de 18 ans en cellule. Ce qui est assez dégradant. Le jeune homme s’est retrouvé avec son père et sa mère qui étaient en garde à vue. Mon agent de sécurité a été broyé.

Vous considérez-vous comme une victime dans cette affaire ?

Je relativise beaucoup, car j’ai été réélu comme député en 2007. J’ai sans doute été ciblé, on aurait bien aimé m’accrocher à travers mon agent de sécurité. Les victimes, ce sont les cinq fonctionnaires qui ont été mis au tapis. Certains n’ont pas encore été réintégrés dans la police. Le ministre de l’Intérieur se doit de réhabiliter ces fonctionnaires injustement bafoués.

Lorsque j’ai su que le dossier était vide, je me suis rapproché de Me Lepidi, l’avocat de tous les fonctionnaires mis en cause. J’ai décidé de porter plainte. Une plainte que Jean-Claude Marin, le procureur de Paris, s’est empressé de classer sans faire aucune investigation. Ce magistrat m’a reçu dans son bureau en tentant de relativiser les choses. Je lui ai fait remarquer que mon téléphone portable avait été écouté. Ce qui ne l’a pas fait réagir outre mesure. J’en ai alors parlé à Michèle Alliot-Marie qui était la garde des Sceaux, sans plus de résultat.

Comment réagissez-vous à l’interview de Michel Gaudin, le préfet de police de Paris, dans Le Monde qui apporte son soutien à l’IGS ?

Je n’ai pas compris qu’il n’ait pas un mot de regret, d’excuse pour les victimes. En continuant à soutenir l’IGS, il accentue le désespoir des victimes. Mettez-vous à la place du citoyen qui constate que l’on a passé volontairement des policiers à la moulinette. Quelle image de la police peuvent-ils avoir après de tels manquements ?

En tant que parlementaire et ancien ministre de l’Intérieur, que comptez-vous faire ?

L’IGS est aujourd’hui entachée. Elle n’a plus lieu d’être, il faut la supprimer. Ce corps d’inspection « maison » ne représente plus les garanties nécessaires d’indépendance et de transparence. Il faut que la police nationale – la préfecture de police comprise – se dote d’un nouveau corps d’inspection. La police qui enquête sur la police, ce n’est plus possible. Parfois, les fonctionnaires ont été amenés à travailler ensemble. Des animosités peuvent resurgir. Beaucoup de policiers partagent mon sentiment. Je pense qu’il y a eu dans la police nationale d’autres victimes des turpitudes de l’IGS. On ne le saura jamais.

Pourquoi ne pas avoir supprimé l’IGS quand vous étiez ministre de l’Intérieur ?

Trouvez-moi une affaire mettant en cause l’IGS au cours de mes 22 mois Place Beauvau. Elle ne se serait pas permis de faire n’importe quoi. À l’époque, personne ne m’a alerté sur un problème avec l’IGS. Il y a un problème de management dans ce corps, on y met aujourd’hui n’importe qui, alors qu’on devrait y placer les hommes les plus compétents. La police doit être irréprochable. Et a fortiori la police des polices. Celle-ci n’est pas là pour monter des chantiers contre les fonctionnaires.

Pensez-vous que la police soit aujourd’hui instrumentalisée à des fins politiques ?

La police doit être un instrument du pouvoir, mais au service du citoyen. Depuis dix ans, il y a une volonté de la part du pouvoir d’instrumentaliser la police à des fins politiques. Un jour ou l’autre, il y a un retour de bâton, comme on dit. À l’époque, lorsque j’étais ministre de l’Intérieur, certains de mes collaborateurs me communiquaient parfois ce qu’on appelait des notes blanches (ces notes de police non signées à caractère confidentiel), je refusais de les lire. Pour les affaires de terrorisme, de drogue, de grande criminalité, j’étais toujours disponible. Mais jamais pour les ragots. Je n’aurais jamais été raconté dans la presse, comme le ministre de l’Intérieur actuel, qu’un opposant politique s’est retrouvé en posture délicate dans le bois de Boulogne. Si le pouvoir disposait de ces informations, pourquoi avoir proposé Dominique Strauss-Kahn au Fonds monétaire international. J’estime en tout cas que Claude Guéant a commis une faute en en parlant.

Le Bourget : un réseau de trafiquants de drogue démantelé

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ARCHIVES.
Les enquêteurs de la brigade des stupéfiants de la Préfecture de police de Paris travaillaient depuis plusieurs mois sur un réseau de trafiquants de drogue, implanté au Bourget (Seine-Saint-Denis). En fin de semaine dernière, les policiers anti-stups ont interpellé plusieurs suspects avant de procéder à diverses perquisitions.

Les fonctionnairesont saisi 700 grammes de cocaïne, 4 kilos d’herbe de cannabis, 3,7 kg de pollen de cannabis, ainsi qu’un pistolet-mitrailleur Uzi, équipé d’un silencieux.

Les policiers ont également mis la main sur plusieurs chargeurs, un gilet pare-balles et près de 11 000 € en argent liquide.

 

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