Témoignage – Belfort Des contrôles de CRS qui fâchent

le 08/03/2012 à 05:00 par Pascal Lainé

 

Photo Christian GauchetPhoto Christian Gauchet

Depuis le 21 février, des CRS interviennent en renfort de la police locale à Belfort. Un renfort obtenu à la suite d’une série de braquages qui se traduit surtout par une multiplication des contrôles d’identité. Sans contester le bien-fondé de la chose, le Belfortain Claude Paufert, ancien candidat NPA aux cantonales, ancien cheminot bien connu pour son engagement syndical, dénonce des manières de procéder qu’il estime inadmissibles. « Mon fils Loïc a hérité de l’origine espagnole de sa mère un teint très mat, il a donc l’habitude d’être contrôlé, sourit-il. Mais là, les choses sont allées trop loin. Il revenait du centre Leclerc où il était allé chercher du terreau avec un copain, il a été contrôlé dans l’allée privée qui mène à notre pavillon, faubourg de Lyon à Belfort. »

Au-delà même de ce contrôle dans une propriété privée, Claude Paufert déplore que « d’entrée, les CRS l’ont tutoyé. Ils ont menacé de l’embarquer parce qu’il n’avait qu’une carte de bus sur lui alors qu’il était devant chez nous et qu’il proposait d’aller chercher sa carte d’identité dans la maison. » S’il ne dénonce pas de maltraitance physique, l’ancien cheminot rapporte des propos méprisants, voire injurieux qu’auraient tenu les CRS à l’endroit de son fils. « Et des allusions à sa couleur de peau et au fait que s’il achetait du terreau, c’était forcément pour faire pousser du cannabis. »

Estimant que ce type de contrôle n’améliore pas le climat d’insécurité qui pourrait régner en ville, Claude Paufert a déjà alerté des policiers du commissariat de Belfort qu’il connaît bien « du temps des grèves et des manifs ».

Il a aussi tenté de faire passer le message à la hiérarchie des CRS par l’intermédiaire de son autre fils. La famille Paufert n’est en effet pas suspecte de racisme anti-flic : le frère aîné de Loïc, est lui-même policier dans une BAC de la région parisienne…

Directrice de cabinet du préfet du Territoire, Marie-Claude Lambert affirme que, depuis l’arrivée des CRS, elle n’a « vraiment aucune remontée négative de ce type, alors que nous y sommes très attentifs. »

le 08/03/2012 à 05:00 par Pascal Lainé

A 12 ans, il a 7 identités et un CV de cambrioleur aguerri

Par , le 29 février 2012 à 13h25 , mis à jour le 29 février 2012 à 17h16

Parce qu’il avait l’air bien trop jeune pour conduire, les CRS ont contrôlé lundi un automobiliste qui prenait de l’essence sur une aire d’autoroute des Bouches-du-Rhône. Et là, ils sont tombés des nues.

L’air juvénile, au volant d’une grosse voiture, il s’apprêtait à faire le plein d’essence. Cela a turlupiné les CRS patrouillant sur l’autoroute A55 reliant Martigues à Marseille. Au hasard du contrôle de cet étonnant conducteur, ils sont allés de surprise en surprise.

Lundi, vers 11h45, sur l’aire de Gignac-la-Nerthe, dans les Bouches-du-Rhône. Les CRS décident de vérifier l’identité de celui qui paraît bien trop jeune pour conduire. En guise de papiers, le jeune homme, petit et trapu, leur présente une photocopie d’une carte d’identité italienne. D’origine croate, il ne parle pas français mais italien couramment. Les CRS tombent des nues : il a 12 ans et demi et il est recherché dans sept villes différentes du sud. Le tribunal pour enfants de Toulon le recherche pour soustraction à un contrôle judiciaire, ceux de Tarascon et Montpellier pour des vols aggravés et avec effraction…

Interpellé à plusieurs reprises

« Il est impliqué dans 26 affaires, pratiquement à chaque fois des cambriolages, et cela sur une seule identité« , raconte à TF1 News, le commandant César, de la CRS autoroutière de Provence. Une seule identité ? Oui, le garçon est fiché sous sept identités différentes. Il a un seul nom mais sept dates de naissance et sept prénoms. Ce lundi, il dit s’appeler « Busa ».

Il y a deux semaines, la justice d’Aix-en-Provence le soumet à un test osseux pour déterminer son âge. Résultat : il a entre 13 et 15 ans. L’adolescent a été interpellé à plusieurs reprises. Trop jeune pour être écroué dans un centre carcéral pour mineur, il est placé, à chaque fois, en centre éducatif fermé. Il y a fait long feu, s’en échappant à chaque fois au bout de 24 heures. Quand les CRS l’ont contrôlé à la station-service, il n’avait pas un sou en poche. « Il ne comptait pas payer son plein d’essence« , relate le commandant César. Une peccadille pour ce cambrioleur multirécidiviste.

Par Amélie Gautier le 29 février 2012 à 13:25